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AFP - Romain RAYNALDY - publié le Vendredi 3 Janvier à 15:41

"The Spectacular Now", film "élégant et réaliste" sur l'amour adolescent



Los Aangeles - "The Spectacular Now" prend le contrepied d'Hollywood et de sa description idéalisée et asexuée des adolescents, pour présenter l'histoire d'amour "élégante, réaliste et sincère" de deux improbables tourtereaux dans une Amérique sans âge.



Le film, qui sort mercredi, avait été présenté en janvier 2013 au Festival du cinéma indépendant de Sundance, où il avait remporté, pour ses deux acteurs principaux, le Prix spécial du jury.
 
Signé James Ponsoldt, "The Spectacular Now" met en scène l'histoire apparemment simple et universelle de deux adolescents, Sutter (Miles Teller) et Aimee (Shailene Woodley) vivant leur première histoire d'amour sérieuse. Une relation improbable entre un charmeur porté sur la bouteille et une jeune fille introvertie et peu sociable.
 
Dans un paysage cinématographique américain où prime la vision hollywoodienne et "grand public" de l'adolescence, débarrassée de ses écarts de langage et expurgée de toute sexualité, le film offre une vision réaliste et singulièrement honnête de l'âge ingrat et de l'insoutenable douleur des premiers chagrins d'amour.
 
Ironie de l'histoire: lors de sa sortie aux Etats-Unis en septembre, le film a été interdit aux mineurs non accompagnés d'un adulte, pour ses scènes -- pourtant sages -- de sexe, l'usage répété de jurons et l'alcoolisme du personnage principal.
 
"Notre système de classification est très puritain", explique à l'AFP James Ponsoldt. "Les adolescents sont probablement ceux qui ont inventé le sexe, mais on a toujours cette crainte de montrer leur sexualité à l'écran. Je pense que lorsqu'on fait un film, on doit respecter ses personnages, ne pas les juger, et être sincère".
 
Le cinéaste -- qui devrait réaliser cette année "Rodham", sur la jeunesse d'Hillary Clinton -- assure que ses influences pour "The Spectacular Now" sont venues du cinéma européen en asiatique.
 
"J'ai pensé à +Kes+ de Ken Loach (1969) ou +Bonjour+ de Yasujiro Ozu (1959), et d'autres films étrangers incroyablement ambitieux où les jeunes font preuve de dignité dans les épreuves qu'ils traversent", dit-il. "En Amérique, du moins dans les studios, les films donnent une image des adolescents extrêmement réductrice".
 
Le film bénéficie des interprétations de ses deux jeunes acteurs, repérés dans d'excellents films indépendants: Miles Teller interprétait le jeune meurtrier involontaire du fils de Nicole Kidman dans "Rabbit Hole" (2010), et Shailene Woodley était la fille de George Clooney dans "The Descendants" (2011). Cette année, elle sera également à l'affiche de "Divergent", une saga adolescente et futuriste très attendue, dans la lignée de "Hunger Games".
 
Selon le cinéaste, la justesse de leur jeu a été nourrie par de longues discussions en amont du tournage. "Quand nous avons établi qui étaient vraiment les personnages, nous avons abordé les scènes spécifiquement. Ainsi, quand nous avons commencé à tourner, nous étions d'accord sur tout, nous savions exactement ce dont les personnages avaient besoin et ce qu'ils ressentaient dans chaque scène".
 
Avec l'objectif de faire un film "élégant" et "intemporel", le cinéaste a volontairement exclu du film les références à la culture populaire dans laquelle évoluent les adolescents d'aujourd'hui -- notamment les réseaux sociaux ou l'usage incessant du téléphone portable.
 
"Les portables, Twitter, Youtube, ça fait banal", dit-il. "Je voulais presque travailler contre tout ça et faire un film sans époque. J'ai enlevé les éléments les plus significatifs de la pop culture et le film pourrait s'être déroulé il y a 10 ou 20 ans".
 
"Je voulais aussi filmer en 35 mm, en pensant au grand écran", ajoute-t-il. "Je voulais que les personnages existent dans l'espace, et non dans la proximité que peut créer un format de télévision, je voulais qu'ils se sentent perdus dans leur environnement, car je pense que c'est ce que l'on ressent quand on est adolescent".
 
"Vous n'avez pas l'expérience de la vie, vous n'êtes pas passé par trois ou quatre relations sérieuses", poursuit-il. "Et quand votre coeur se brise, vous pensez que vous allez en mourir. Le monde semble alors tellement grand...".

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