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par Natasha Nassar - CGNEWS - publié le Mardi 12 Octobre à 02:00

"Terrain d’entente"

Une jeune ambassadrice de la communauté arabe américaine parle ...




Groton (Massachusetts) - Je suis une Arabe américaine de 16 ans. Mes parents sont de nationalité libanaise pour l’un et palestinienne pour l’autre. Tous deux habitent au Moyen-Orient, quant à moi, je suis pensionnaire dans un internat aux Etats-Unis. Bien que je n’aie jamais eu de doute sur ma propre identité, l’ironie veut que l’on me considère comme Américaine au Moyen-Orient et Arabe aux Etats-Unis.



Musée national des arabes américains
Musée national des arabes américains
A vrai dire, je crois que je ne suis ni l’un ni l’autre, même si au fond, je sens que j’appartiens aux deux cultures. Grâce à ce mélange de cultures et de traditions arabes et américaines j’ai pu devenir l’ambassadrice de ces deux mondes.

Puisant de l’énergie dans ce rôle, cet été, j’ai passé une semaine en Jordanie, à travailler pour Habitat pour l’Humanité, organisation qui se consacre à la construction d’habitations simples, convenables et abordables, en partenariat avec les personnes dans le besoin. J’ai participé à la construction d’un logement pour une famille jordanienne composée de quatre membres, habitant jusqu’alors dans une une seule pièce qui, à ma grande indignation, était plus petite que ma chambre au pensionnat. Cette pièce leur servait à la fois de salon, de salle à manger, de cuisine et de salle de bain.

Tout en travaillant à la construction des murs et à la pose des fenêtres, dans la chaleur torride du nord de la Jordanie, j’ai appris un certain nombre de choses sur moi-même, sur les autres et sur la simplicité de trouver des points communs entre les gens de différentes cultures.

A mes moments de pause, je profitais de discuter avec les membres de la famille jordanienne, ou avec leurs amis et leurs enfants, leur faisant part des raisons qui m’avaient poussée à travailler pour Habitat pour l’Humanité. Nos conversations ont rapidement porté sur les points communs de nos parcours, de nos cultures, des pays où nous vivons. Une véritable bouffée d’air frais : pour une fois on parlait de ce que les cultures arabe et américaine avaient de commun plutôt que de ce qui les différenciait.

Tous ceux que j’ai rencontrés étaient très généreux et hospitaliers. Ils m’ont invitée chez eux et m’ont fait à manger. Ils discutaient de choses ordinaires, de choses dont toutes les familles au monde parlent : les enfants, les écoles, l’inflation, le chômage, la paix et surtout l’espoir pour l’avenir.

J’ai fait la connaissance de Hoda, une jeune fille de 19 ans, venue rendre visite à sa famille pour l’été. Tout comme moi-même et un grand nombre de nos camarades, Hoda a quitté sa famille qui vit dans le nord de la Jordanie pour pouvoir accéder à de meilleures études. Nous avons parlé ensemble de notre expérience de vie, éloignées que nous sommes de nos familles, et des responsabilités que cela implique.

Hoda est la seule de sa famille qui vit ailleurs que dans sa ville natale. Etant donné ses études et la charge de travail liée à celles-ci, elle ne peut pas se permettre de revenir souvent au pays. Pour parer à son manque d’entourage familial et à l’éloignement de ses proches, elle s’est constitué un réseau d’amis et de mentors qui lui sert de groupe de soutien. Il en va de même pour moi. Je compte énormément sur mes professeurs et mes amis d’école pour me soutenir au quotidien. A mes yeux, Hoda est mon « alter-ego » jordanienne.

Tout comme je suis fière de mon identité, les Jordaniens sont fiers de la leur. La photo du roi Abdallah trônait un peu partout dans le , et le visage des gens s’éclairait lorsqu’ils parlaient de la reine Rania. Ceux que j’ai rencontrés m’ont posé beaucoup de questions à propos de la famille présidentielle américaine, qui ressemble beaucoup à la jeune famille royale jordanienne.

L’enseignement le plus important que j’ai tiré de cette expérience est que pour trouver un terrain d’entente entre nos différentes cultures, on n’a pas besoin d’être bardé de diplômes universitaires ou d’autres qualifications. Tout ce qui compte, c’est d’avoir un cœur prêt à s’ouvrir aux autres. Le cœur peut s’ouvrir lorsqu’on partage des plaisirs simples de la vie : la famille, un bon repas, la musique, l’art et les enfants.

Je suis rentrée aux Etats-Unis plus motivée à encourager les autres à s’engager pour combler les fossés existant avec d’autres cultures. Je me suis inscrite au club de la diversité de mon école. L’été prochain, j’ai l’intention d’aller à Naplouse, en Palestine, pour voir si je peux approfondir mes liens avec les gens de là-bas. J’ai évidemment un parti pris pour le Moyen-Orient et j’aimerais qu’il y ait plus d’interaction entre les Arabes et les Américains, mais de manière générale, j’encourage tous les jeunes à passer plus de temps à rendre hommage à leur communauté, ici ou ailleurs. Un esprit jeune peut énormément contribuer à changer les choses, surtout s’il fait attention aux choses simples de la vie.

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* Natasha Nassar est lycéenne à Groton dans l’Etat du Massachusetts.


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