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Amine Ait-Chaalal - CGNews - publié le Samedi 27 Septembre à 10:50

Temps d’arrêt dans les négociations entre la Syrie et Israël en attendant le résultat des élections




Amine Ait-Chaalal* : Neuve, Belgique - Avec la clairvoyance et la connaissance de l’histoire qui le caractérisaient, le Général de Gaulle disait qu’ « il ne faut pas insulter l’avenir ». Il indiquait également que vers « l’Orient compliqué », il fallait aller avec des idées simples. Deux évènements importants influeront très prochainement la situation au Moyen-Orient : le changement de Premier ministre en Israël et les élections présidentielles américaines.



Les négociations actuelles entre la Syrie et Israël sont importantes à analyser dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient. Le principe de base de celles-ci est celui de la restitution du plateau du Golan à la Syrie, selon des modalités et un échéancier à définir, en échange de garanties de sécurité. Mais dans cette région où tout est lié, il serait illusoire d’espérer qu’un dossier se débloque en négligeant les autres. Palestine/Israël, Syrie, Liban, Irak, Iran: chaque situation est spécifique mais aussi en partie liée aux autres. Une paix partielle et séparée ne remplacera pas une paix globale, en particulier la dimension israélo-palestinienne.

La relance récente des négociations indirectes entre la Syrie et Israël n’en constitue pas moins une évolution significative. Elle marque le retour d’un processus négocié entre deux Etats qui semblaient en posture de rivalité. Si Tzipi Livni, actuelle Ministre des affaires étrangères et nouvelle leader du parti Kadima au pouvoir en Israël, devient Chef du gouvernement, continuera-t-elle avec volontarisme la démarche de son prédécesseur, tant vis-à-vis de la Syrie que de l’Autorité palestinienne ? Il faut le souhaiter, mais aucune certitude n’est établie.

Un de ses premiers grands défis sera d’abord de tenter de constituer une coalition gouvernementale qui soit engagée à trouver des issues pacifiques aux délicates questions en suspens. Celles-ci sont multiples : tensions frontalières avec le Liban, ressources en eau, situation à Gaza, statut de Jérusalem, tracé du mur en territoire palestinien, colonies de peuplement, réfugiés palestiniens, sans oublier la dimension iranienne. Après des années de stagnation, et parfois même de tragédie, la voie initiée par Ytzhak Rabin et Yasser Arafat de 1993 à 1995 sera-t-elle reprise ?

A cet égard, les négociations actuelles entre la Syrie et Israël doivent être également resituées dans un contexte plus global : celui de l’offre de paix du Sommet arabe de Beyrouth de 2002, réitérée lors du Sommet de Riyad de 2007. Cette offre de l’ensemble des leaders arabes proposait une paix globale à Israël et son insertion sécurisée dans la région en échange d’un règlement honorable de toutes les questions israélo-arabes et israélo-palestiniennes conformément aux dispositions internationales, notamment la résolution 242 du Conseil de sécurité de 1967. Dès lors, cette relance des négociations syro-israéliennes résulte d’un processus qui est peut-être arrivé à maturation.

Le contexte international et américain dans lequel ces négociations se tiennent est sans doute encore plus révélateur. Le changement vient en partie d’Europe avec l’élection d’un nouveau Chef de l’Etat en France en mai 2007 qui a permis la mise en œuvre d’une politique plus pragmatique à l’égard des questions syrienne et libanaise, comme le symbolise le voyage à Damas du Président français au début de ce mois de septembre 2008. Aux Etats-Unis, l’influent rapport Baker-Hamilton plaidait fin 2006 pour une nouvelle stratégie en Iraq et au Moyen-Orient qui intègrerait un dialogue politique substantiel de Washington avec la Syrie et l’Iran. L’administration Bush, bloquée dans sa rhétorique de l’axe du mal, a refusé de prendre en compte ces recommandations.

La nouvelle administration américaine sera-t-elle capable d’ouvrir des pistes plus productives vis-à-vis des questions moyen-orientales? Une action moins unilatérale et plus équilibrée,une meilleure coordination avec l’Union européenne et les Nations Unies (en particulier dans le cadre du Quartet), ainsi qu’une volonté d’entamer un dialogue avec la Syrie pourraient constituer des signaux favorables.

Le style et le contenu de la politique étrangère du Sénateur McCain ou du Sénateur Obama restent encore complexes à prévoir. De plus il serait illusoire de s’attendre à des changements radicaux. Issu du même parti et ayant soutenu la guerre en Irak, le Sénateur McCain paraît s’inscrire dans une forme de continuité avec l’actuelle administration, tout en étant moins idéologue et plus pragmatique que George Bush Le Sénateur Obama, opposé à la guerre en Irak, a semblé indiquer une volonté de mettre en œuvre une politique en partie différente, y compris peut-être vis-à-vis de l’Iran.

L’expérience nous apprend qu’il ne faut pas confondre les discours de campagne électorale avec les dures réalités de l’action au pouvoir. Mais il est raisonnable de penser que les mois prochains réservent des opportunités nouvelles.


*Amine Ait-Chaalal est Directeur du Centre d’études des crises et conflits internationaux (CECRI) de l’Université catholique de Louvain (UCL), Belgique.



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