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MAP - Lemag - publié le Lundi 17 Février à 10:23

Suisse : Les députés autorisent l'expulsion des "délinquants étrangers"



Berne - Le parlement suisse a autorisé l'expulsion des délinquants étrangers, une mesure votée en 2010 mais jugée contraire au droit international.



Le parlement helvétique
Le parlement helvétique
C'est le premier effet concret de l'approbation référendaire dimanche dernier de "l'initiative contre l'immigration de masse", lancée par l'influent parti populiste de l'Union démocratique du centre (UDC).

Connue pour ses positions contre les immigrés, la droite populiste a multiplié ces dernières années les démarches dirigées à l'encontre des travailleurs étrangers, tantôt au nom de la lutte contre l'insécurité et tantôt en invoquant le respect du "principe de la préférence nationale"

Le texte voté à une majorité de 52,9 pc le 28 novembre 2010 suggère le renvoi systématique de "tous les étrangers condamnés pour meurtre, viol, brigandage, traite d'êtres humains et trafic de drogue".

Pis encore, sont mis en cause "ceux qui perçoivent abusivement des prestations d'assurances sociales ou d'aide sociale" même s'ils sont nés en Suisse et y ont toujours vécu.

Dans l'embarras, le conseil fédéral (gouvernement, ndlr) et le parlement avaient alors décidé de gagner du temps, en constatant que la procédure d'expulsion des délinquants étrangers pour des fautes vénielles viole clairement le droit international.

A l'échelle européenne, le vote anti-immigration du 9 février a suscité une vague d'inquiétude et de réactions indignées, dont la plus forte a sans surprise émané de l'Union européenne, qui demeure de loin le principal partenaire de la Confédération helvétique.

La commission européenne a ainsi mis en garde contre "les conséquences potentiellement graves" du vote contre la libre-circulation avec l'Europe sur l'économie suisse.

"L'accès des entreprises suisses au marché commun est en danger. Les conséquences seront potentiellement graves pour la Suisse", a prévenu l'ambassadeur de l'UE à Berne, Richard Jones.

Sans tarder, Bruxelles a mis ses menaces à exécution en suspendant la participation suisse aux programmes de recherche "Horizon 2020" et d'échange académique "Erasmus".

Déjà au lendemain du référendum, la commission avait annoncé le gel des discussions sur un accord dans le secteur de l'électricité et suspendu le programme de coopération bilatérale dans le domaine de la formation.

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