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Ali AHAITOUF - publié le Dimanche 9 Février à 16:09

Sommes nous heureux chez nous ?






Aujourd’hui en France, le débat sur le mariage homosexuel à l’assemblée nationale française se termine et il est acté que les personnes de même sexe pourront s’unir par les liens si sacrés du mariage ! Ceci pourrait ne pas nous concerner nous, marocains, mais ce qui m’a interpellé, c’est qu’ au lendemain des élections présidentielles du mois de mai 2012, j’ai vu à la télévision française un représentant d’une association d’homosexuels qui s’exprimait en
disant, qu’une des promesses du président nouvellement élu (François, HOLLANDE), serait de proposer à l’ONU, de faire valoir le droit à l’homosexualité dans chaque pays, autrement dit de faire en sorte que l’homosexualité ne soit plus considérée comme un délit, ni même une déviation, ni même condamnée pour aucune raison que ce soit. Ce projet m’a conduit à une réflexion quant à nos libertés individuelles au vu des droits de l’homme, universellement reconnus et les chartes internationales, que la Maroc a ratifié.
Je me suis dis tout de suite dis qu’en serait–il au Maroc si jamais ? Je me suis alors revu avec les nombreuses hésitations qui étaient les nôtres au moment de la propagation de l’épidémie du SIDA et les informations qu’on devait alors apporter aux populations à
risques et les préventions à apprendre aux gens. Certains d’entre nous se voilaient un peu la
face en se plaçant derrière le rideau ou le mur de la religion en disant surtout qu’en suivant
les vertus de notre religion, on ne contractera jamais le SIDA, oubliant par la même que le Maroc est un pays ouvert sur son environnement, que c’est un pays de tourisme et ainsi le
mélange des gens est inévitable, etc...
Comment alors positionner le Maroc par rapport à ces "avancées" de nos pays voisins ?
Force est de constater que dans notre pays, nous n’en sommes pas à ces considérations et pourtant le mariage et plus spécifiquement, le mariage des jeunes est un sujet qui devrait
préoccuper le Maroc, en tout cas, voilà un thème qui m’interpelle.
Je me dis, suivre la religion, oui mais sans oublier que la religion doit aussi assurer la cohésion de la société et le bonheur individuel. Autrement dit la religion doit–elle faire en sorte que nos problèmes y trouvent des solutions et non des aggravations ? Par cette
question, loin de moi l’idée de contester la religion mais je me pose la question suivante :
Au nom de la religion, sommes nous, ou au moins certains d’entre nous, nés pour attendre la mort, en priant tous les jours que Dieu fasse que le bonheur et la joie viennent amener de la lumière dans notre vie ? Tel est le souhait de chacun de nous...mais la situation qui me préoccupe aujourd’hui et à laquelle je ne trouve pas d’explication est Le mariage des jeunes.
Si les pays occidentaux s’intéressent aujourd’hui, au "mariage" des personnes de même sexe, c’est parce qu’ils sont arrivés à considérer le mariage comme un lien qui unit des
Date: 11 mai 2013.
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personnes qui s’aiment, qui décident de vivre ensemble et de partager leur quotidien, qui
mettent au monde des enfants et qui se chargent de subvenir à leurs besoins et de les
accompagner jusqu’à leur indépendance. Cette notion basée sur le sérieux des gens et leurs
engagements ne nécessitent pas forcément ce lien sacré (acte de mariage) mais le simple fait
de le vivre ensembe, au plein jour, fusse en union libre, est un acte moral qui les engage.
Ce genre de lien existe et a existé dans nos sociétés, ce sont les témoins qui le valident.
Combien de familles chez nous sont seulement entrain de régulariser leur situation, même si
leurs enfants sont grands et à leur tour ils ont enfanté ! C’est dire que ce lien n’a pas besoin
forcément d’être écrit sur papier : sa connaissance par tous et aux yeux de tous fait loi. Et
ceci constitue un engagement solennel duquel on ne peut de désengager et se dérober, et
constitue par ailleurs une publicité et une annonce, toutes deux religieusement souhaitées
et reconnues. C’est ainsi que se conçoit le cheminement normal d’une vie : travailler, se
marier, fonder une famille pour être heureux et lorsqu’on est heureux on l’est aussi dans
son travail et avec son entourage. C’est là, donc une des clés du bonheur et de la réussite.
Que dire alors de ceux qui veulent se marier et qui ne le peuvent pas ?
Il est admis dans nos sociétés que c’est l’homme qui prend l’initiative de chercher une
épouse et on pourrait facilement se dire que si un jeune ne se marie pas, c’est son choix ;
même si d’autres facteurs que la seule volonté rentrent en jeu et on pourra y revenir après.
Parlons alors de ces filles qui n’ont pas eu la chance d’être choisies, élues, pour faire partie
d’un couple.
– Que peut–on leur dire ?
– Que pourrions nous leur répondre ?
– Que leur doit la société ? etc..
– Sont–elles là pour attendre le jour où la mort passe par là et les rendra à la terre ?
– N’ont elles pas le droit de disposer de leur vie pour la transformer en vie heureuse et
par conséquent être des membres heureux de la société ?
Une des clés de la réussite des sociétés modernes aujourd’hui est l’épanouissement de leurs
individus. Ceci commence par la liberté de chacun de faire de sa vie ce qu’il veut et si on
ose imposer un certain mode de vie à quelqu’un, on doit être en mesure de lui proposer de
quoi le satisfaire.
– Dire à quelqu’un que sortir pour faire des rencontres fait partie des interdits, et nous
sommes élevés ainsi, c’est lui dire qu’à un moment donné on te garantira une liaison
heureuse.
– Dire à quelqu’un qu’il est interdit de faire telle ou telle chose alors qu’on sait tous
que ces choses se font en cachette, c’est le rendre vulnérable et une proie facile pour
les prédateurs, qui n’attendent que la première occasion pour abuser des faiblesses de
certains et pour en faire leur force ! ! ! !
Un exemple : le Maroc se dit pays musulman où la prostitution est interdite, alors qu’elle
existe partout dans les villes de petite, moyenne et grande taille. le Maroc est un pays où
le tourisme sexuel fleuri et où les relations condamnées par la religion existent bel et
bien. Le Maroc est un pays où les garçons d’une part et les filles d’autre part peuvent être
colocataires et donc ipsofacto l’homosexualité peut être pratiquée sans inquiétude et à
l’abri des regards. Quelle contradiction ! Quelle hypocrisie !
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Je ne crois pas qu’on a le droit d’imposer à quelqu’un de naître et d’attendre la mort
sans lui permettre de s’épanouir dans sa vie et participer activement et avec vivacité au
développement de la société. Nous avons tous autour de nous, une soeur, une collègue, une
cousine qui ne s’est pas mariée et nous savons tous comment leurs familles, leurs collègues et
d’une manière générale la société les regarde et les traite...alors que ces personnes souffrent
de la lourdeur du poids que la société elle mêmes leur impose, ne pas disposer d’elle
même car le regard de la société l’interdit ! ! mais que leur garantie la société ?
Si on regarde autour de nous, les pays développés, les gens ont leur liberté et on ne
voit pas plus de prostitution comme le sous–entend nous préconiseurs, on n’y voit pas non
plus de vieux Messieurs dans les voitures de luxe roder autour des filles de toute âge et les
accoster dans toutes les rues en toute impunité et sans nul de gêne ! ! ! Ceux là même qui
interdisent à leurs filles d’aller dans la rue, de discuter avec les garçons, et qui se permettent
d’humilier au regard de tous une femme qui ose sortir pour faire une course, visiter ou se
balader etc..
Dans ces pays, les femmes et les hommes vivent leur vie sans complexe et choisissent leur
mode de vie en totale liberté, leurs relations vécues au grand jour prennent la société à
témoin pour leurs engagements. Dans nos sociétés, ce lien existait alors qu’en est il advenu ?
A qui profite ce nouvel état de fait ? A ceux qui veulent en profiter... Les hommes ! !.
Un autre problème auquel se trouvent soumises les femmes marocaines est le suivant :
chacun de nous a autour de lui des jeunes filles ou femmes qui travaillent, gagnent bien
et même très bien leur vie et pour lesquelles la chance du mariage n’a pas souri. Celles
là, lorsque l’âge de la quarantaine approche, se voient approchées par des hommes sans
scrupules, qui promettent le bonheur, en assurant un statut social mais profitent de leur
situation financière et disposent de leur faiblesse psychologique pour leur faire vivre les
calvaires les plus insoutenables...
– Si ces femmes là pouvaient, vivre heureuses sans ce passage obligé aux yeux de la
société, qui est le mariage, elles se passeraient toutes de ces mésaventures,
– Si ces femmes pouvaient avoir un enfant, en toute liberté soit par une liaison voulue,
soit par assistance médicale, soit... elles ne feraient pas l’appât de ces malfrats qui
rodent autour de nous et détruisent l’étique de notre sociétés
– Si ces femmes n’étaient pas heurtées à ces regards critiques et insultants de la société,
pour cause de célibat, de divorce, la société les récupéreraient heureuses et épanouies
dans leur travail et dans la vie qu’elles ont choisie.
La femme marocaine est donc soumise à la pression familiale et religieuse, au regard de la
société et des hommes qui se sentent si supérieurs. Soumise, humiliée voire bafouée. Même
le droit marocain, inspiré de la religion, ne garantie pas la juste protection de la femme en
tant que membre de la société, notamment en terme de divorce. Par exemple le serment
devant Dieu. On sait tous que la religion permet d’user du serment pour départager des
gens, vrais musulmans qui savent ce qu’est le serment et ses valeurs morales et juridiques.
On se souvient tous de ce qui risquer ce président américain qui a menti sur sa relation
avec une des secrétaires. Oui, mais comment dans un pays comme le nôtre, où jurer est
plus facile que de cracher par terre, on se permet de demander aux gens de prêter serment ?
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alors même qu’on sait que ces gens mentent. C’est simplement horrible !
Rappelons quand même que les tribunaux de Maroc utilisent encore ce moyen pour trancher
ces affaires entre ces femmes et leurs malfrats et évidemment celui qui n’a pas froid aux
yeux, jure et ainsi tue son adversaire en le laissant pleurer les jours de la confiance.
Si ce serment fait toujours loi de nos jours, pourquoi ne pas couperions les mains des
voleurs, ne pas fouetter les infidèles ou tuer les assassins (même si au passage je suis contre
la peine de mort), etc...
Nous n’appliquons pas ces sanctions car la société a évolué et a changé, et nous savons
tous que Omar Ibn Al Khattab a levé la sanction d’amputation lorsque la famine sévissait.
je ne prétends pas avoir une solution, car je suis comme la plupart d’entre nous, élevé
dans les us et coutumes de notre société, parfois attribuées à tort à l’islam, mais je soulève
la question suivante : Si c’est vraiment l’islam, que propose l’islam pour ces cas ?
et Que fait la société pour nous protéger et nous rendre heureux chez nous car
sans être heureux, c’est la société qui est en échec. J’ai parlé du cas des femmes, mais
ceci s’applique aussi aux hommes, qui à trente ans ne peuvent toujours pas disposer de
leur liberté, faute de moyens financiers et parfois ne peuvent même pas se loger dans des
quartiers sous prétexte qu’ils sont célibataires.
Arrêtons de faire croire qu’on croit à des choses dont nous ne sommes même pas convaincus.
La technologie nous a envahi et est entrain de nous imposer, sinon nous ramener
d’autres points de vue et d’autres modes de vie. Il vaut mieux être dans le train que d’essayer
de lui courir derrière sans être sur de l’atteindre mais en même temps en le critiquant
de loin.
Avant donc de lancer le débat sur l’homosexualité, Il est juste temps de se pencher sur nos
libertés individuelles et sur le droit qui gèrent notre coexistence. Il me semble très simple
de faciliter les liaisons entre nos jeunes en les encourageant, dans un cadre légal, et moins
contraignant à sortir de la clandestinité car les relations entre garçons et filles existent, en
cachette et aboutissent des fois à des drames, ou ce que certains osent appeler la honte dans
certaines familles si ce n’est plus grave encore. N’est ce pas le premier devoir de la société
que de protéger ses individus ? Dans les années 1970, beaucoup d’élèves étaient mariés en
étant chez leurs parents et la société était plus conservatrice que maintenant ! Les savants,
les oulémas et les psychologues ont des idées, il faut regarder ce qui se faisait du temps
de nos ancêtres et nos anciens et oser s’attaquer à ce droit civil archaïque, qui régit notre
société et fait souffrir nos jeunes.


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