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MAP - Idriss TEKKI - publié le Mardi 23 Septembre à 19:27

Se passer de sa voiture pour une journée: le citoyen entre les contraintes de la vie quotidienne et le souci écologique




Rabat - Peut-on se passer de sa voiture au Maroc le temps d'une journée? La question paraît si simple mais au moment de franchir le pas, tout devient plus compliqué que l'on puisse imaginer. La question de la qualité, la rapidité et l'efficacité du moyen de transport alternatif se pose à tout utilisateur de voiture particulière qui voudrait troquer son quatre-roues pour un transport en commun laissant à désirer.



Se déplacer au travail, emmener ses enfants à l'école, faire ses courses: ce sont des gestes simples et anodins, mais en l'absence d'un moyen de transport personnel, ils finissent par décourager les candidats les plus téméraires.

En effet, répondre à une telle question peut donner lieu à de grandes préoccupations, notamment au sujet de l'alternative à sa propre voiture, du moyen de transport en commun à utiliser ou encore du degré de sensibilisation du citoyen à la problématique de la pollution.

La décision de se joindre la "Journée sans voiture", une initiative à l'échelle mondiale, met le Marocain entre le marteau des contraintes quotidiennes et l'enclume du souci de préserver l'environnement.

Bien que symbolique, la participation à cette journée peut donner des indicateurs révélateurs sur la prise de conscience du citoyen vis-à-vis de l'environnement et de la nécessité de le préserver le mieux possible.

Bien qu'un nombre réduit de Marocains aient accepté de relever le challenge, faute d'alternatives "décentes", la grande majorité se dit prête à y réfléchir si cette journée est organisée un samedi, un dimanche ou un jour férié.

Pour Khadija, le fait de conduire sa propre voiture demeure un "privilège" pour beaucoup de personnes, mais c'est aussi un "moyen de stress par excellence". Pour cause: le non-respect du code de la route, la mauvaise éducation de certains conducteurs, le délabrement de l'infrastructure routière ou encore un parc automobile vétuste.

A ses yeux, les transports en commun en circulation dans nos villes sont peu confortables, bondés la plupart du temps et ne couvrent pas tous les quartiers. Même constat pour les grands taxis "inhumains" qui ne sont aucunement équipés pour transporter six passagers ou pour le petit taxi qui reste inabordable pour bien des bourses.

Le co-voiturage et le ramassage pourront servir de remède, a-t-elle indiqué à la MAP, déplorant toutefois que ces méthodes, qui intègrent le nouveau concept de "smart mobility", restent encore méconnues pour la majorité des Marocains.

A part quelques initiatives séparées à Mohammedia, Casablanca et Marrakech, le Maroc peine encore à instaurer une "journée nationale sans voiture" à l'instar de plusieurs pays. L'idée tarde à prendre corps, quand bien même la participation à cet effort international est susceptible de favoriser la prise de conscience collective de la nécessité d'agir contre les nuisances générées par la croissance du trafic motorisé et de lutter contre la pollution atmosphérique et sonore.

Pour la ministre déléguée auprès du ministre de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement, chargée de l'Environnement, Hakima El Haite, il s'agit d'une initiative "très positive" qu'il faut encourager davantage pour que les citoyens aient conscience de la nécessité de préserver l'environnement.

Il revient aux autorités locales de chaque ville de veiller à la mise en place d'une telle initiative et de prendre les mesures nécessaires à sa réussite, a-t-elle indiqué en rappelant les différentes initiatives gouvernementales visant à réduire la pollution de l'air, dont la prime instituée par le ministère de l'Intérieur afin d'encourager les transporteurs, notamment les propriétaires de petits et grands taxis, à remplacer leurs véhicules vétustes par de nouvelles voitures modernes et moins polluantes.

Faisant observer que des discussions sont en cours avec plusieurs concessionnaires automobile pour l'introduction sur le marché marocain de véhicules hybrides ou électriques, Mme El Haite a estimé que ce n'est pas le volume du parc automobile qui pose problème au Maroc (3.286.421 unités en 2013 contre 2.036 329 unités en 2005, soit une évolution de plus de 33 pc), mais plutôt l'état des véhicules, leur concentration par ville et la qualité du combustible utilisé.

Les pouvoirs publics sont appelés à innover pour remédier à cette situation, a insisté la ministre, notant que les nouvelles technologies offrent d'énormes possibilités pour, notamment, la réduction jusqu'à 75 pc des émissions émanant des pots d'échappement.

Notant que les transports en commun demeurent la meilleure alternative à la voiture particulière en ville, Mme El Haite a souligné que le gouvernement a effectué d'importants investissements pour améliorer ce mode de transport en vue de mieux répondre aux attentes des citoyens.

Les premières expériences de journées sans voiture datent de l'année 1956, lorsque la crise du canal de Suez avait contraint certains pays à prendre des mesures drastiques pour économiser le carburant. En Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse, ces mesures prennent la forme de dimanches sans voiture entre novembre 1956 et janvier 1957. Ces opérations seront reprises en Suisse et en Belgique en 1973 sous l'effet de la crise pétrolière.

La première manifestation officielle moderne avait eu lieu en juin 1996 à Reykjavik en Islande, où une journée sans voiture avait été organisée pour encourager les populations à opter pour une mobilité plus propre, moins consommatrice d'énergie et moins dangereuse.

L'initiative fut officiellement lancée à l'échelle européenne en 1998, dans le cadre d'une Semaine de la mobilité. Toutefois, l'idée de situer cette journée à une date fixe, en l'occurrence le 22 septembre, semble souvent céder devant la difficulté de l'organiser un jour de travail dans les grandes villes.


Tagué : voiture

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