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Mourad Alami - publié le Lundi 8 Avril à 13:33

Sbihi : Fossoyeur de la diversité linguistique et culturelle!






Pr. Mourad Alami
Pr. Mourad Alami
En effet, il s’est acquitté dans un temps record de son communisme au caviar, pour devenir un adepte et toxicomane du lait maternel de l’islamo-orthodoxie. Cette fois-ci, Mr. Sbihi n’est plus récupérable, car il a perdu tout contrôle, à tel point qu’il manque de visibilité, malgré les lunettes de grand luxe, signées évidemment, du fait qu’il vient encore une fois de puiser dans la politique de la discrimination systématique et de l’exclusion préméditée de la langue de toutes les Marocaines et les Marocains, le marocain ; bien que la nouvelle constitution est claire et qu’il faudrait « développer et promouvoir toutes les langues de culture marocaine », article 5.
 
Je n’ai rien contre Mr. Sbihi personnellement, au contraire j’ai beaucoup d’estime et de respect pour la personne « Sbihi », mais pas pour ses virtuosités défaillantes et compétences farfelues relatives à ce secteur vital ; car il n’a aucune relation, ni de près ni de loin, ni avec la politique linguistique et culturelle marocaine, ni avec la création et la pensée. Cela est inadmissible !
 
Il n’a programmé aucune table ronde autour de la création en langue marocaine, bien qu’elle représente un pan considérable de notre identité plurielle et qu’elle accuse une forte présence dans les œuvres théâtrales, les contes, les nouvelles, la chanson, le roman, les proverbes, les blagues etc. On peut bien parler dans ce cas là du « parrain de la haine et du chauvinisme linguistique » ; ce sont bien des révérences honteuses et révoltantes en faveur des zélotes islamistes et de l’orthodoxie religieuse, autoritaire. De plus, il œuvre en dehors de la nouvelle constitution et de l’histoire. Les obscurantistes n’ont pas réussi à nous imposer leurs orientations, vision du monde simpliste, radicaliste et unilatéraliste par le biais des « cahiers de charge » relatifs à la télévision marocaine, maintenant ils essaient grâce à leur docile cheval de Troie, Son Excellence Sbihi, d’implanter leur « califat culturel, primitif» ; en effet Mr. Sbihi est redevable aux islamo-orthodoxes d’avoir pu accéder à ce poste, vu les compétences inexistantes, voire même défectueuses. J’ai assisté personnellement le 31 mars 2013 à sa communication relative « aux politiques culturelles marocaines » lors de ce salon du livre ; c’était une tragédie, tout en ayant comme sujet et finalité, le tyran comme matière première, responsable de tout. Son Excellence le Ministre de la Culture n’a même pas su quel était l’équivalent de « conservatoire » en langue arabe.
 
Désolé, il faut le dire haut et fort, c’est la médiocratie qui s’est emparée du règne de la Culture, pourtant la Culture n’est point un simple accessoire ou quelque chose de superflu, plutôt d’essentiel. Etant donné que tout se lie dans ce cadre, se coordonne d’une manière miraculeuse et merveilleuse tout en se transformant en œuvre, oeuvre artistique, échantillon de notre existence. C’est elle qui met en notre disposition tous les instruments nécessaires afin de stimuler notre intelligence et créativité afin d’instruire, de former l’être humain et la personnalité marocaine. Celui qui crée, qui se baigne dans les eaux parfumées de la culture, il rafraîchit par coercition l’esprit, aussi bien le sien que celui des autres.
 
Certes, Mr. Sbihi a fourni beaucoup d’efforts afin de communiquer en arabe, toutefois il a toujours été obligé de basculer dans la langue marocaine ; une aubaine pour l’audience, on a enfin réussi à le comprendre. Pourtant à 2 reprises, en 2012 et 2013, il a exclu la langue marocaine du prix du Ministère de la Culture et des tables rondes du salon du livre. Est-ce que cela ne représenterait pas un complexe d’infériorité maladif, un profond sentiment de sous estime de soi et une cruauté envers le peuple marocain tout entier?
 
L’entêtement  est le seul qui ne veut ou ne peut pas accepter la preuve. La langue marocaine se porte très bien, elle est vive, vivante et vivifiante ;  c’est elle qui nous unit toutes et tous, c’est notre « logiciel commun», si on ne l’avait pas, il fallait la créer. C’est la langue de la création et le symbole de l’unité dans la réelle diversité ; nous trouvons de l’amazigh, du français, de l’arabe, du turc, de l’espagnol, l’italien, l’espagnol etc., même du latin : « hoc ».
 
Il faut certainement partir du fait que c’est le parti majoritaire, PJD, qui dicte les orientations linguistiques conservatrices et rétrogrades, du fait que Mr. « Sbihi » s’est transformé en « Mr. Ettessbihhi »/ »Mr. Rosairier». Nous connaissons toutes et tous les positions du parti conservateur relatives à la langue marocaine ; nourri d’un sentiment de profonde antipathie, d’une haine ardente et aveugle, ainsi que d’une jalousie « mahbouliste » contre tout ce qui ne porte pas le qualificatif ou référentiel : « islamique ». Bien que la langue marocaine est la langue de la dignité, « alkarama », la langue du peuple, la langue de monsieur tout le monde, la langue de la réelle démocratie, la langue de la liberté et la langue de l’émancipation. D’après la conception réductrice du monde et « L’Internationale Islamiste » du « Parti de Qouraich », il n’y a que la langue arabe qui a le droit à l’écriture; ni la langue marocaine, ni la langue amazigh ou la langue hassani n’ont le droit à une existence, promotion ou sauvegarde ; d’après les « chouyoukhs » des lobbies intégristes la « langue arabe » est la « langue d’Allah », comme s’ils le fréquentaient chaque jour, jouaient avec lui aux cartes, de préférence « errondha », et connaissaient sa langue. C’est de la théologie d’enfants, de l’idolâtrie pubertaire, voire même de l’hérésie.
 
La langue arabe n’est qu’une langue parmi d’autres ; elle a même existé avant la révélation coranique ; et toute autre thèse n’est qu’une opération parasitaire d’usurpation à l’égard de la sécurité spirituelle de toutes les Marocaines et Marocains ; étant donné que la religion est une affaire personnelle et que nous avons déjà le garant de cette composante en la personne de « Amir Almouminine ». Quiconque emploie, abuse de la religion dans un discours politique, il ne fait que la polluer, l’abaisser tout en amoindrissant sa force morale et en la réduisant à une « marchandise» qui a bel et bien une date limite d’utilisation, bien que toute religion est en premier lieu porteuse d’un message identitaire éternel, humanitaire, universel qui dépasserait de loin les horizons d’un parti d’obédience islamiste, menacé à tout temps de disparaître pour une raison ou pour une autre. Si on violente la religion dans le cadre des grandes questions de politiques purement sociétales, on tue la spiritualité.
 
Le déguisement de notre compatriote Mr. Sbihi, le communisme de la gauche caviar et champagne, ne peut guère lui venir en aide ; vu qu’il ne fait qu’exécuter les orientations linguistiques et culturelles qui ne peuvent être que du goût des islamistes intolérants et totalitaires. Le refus sera toujours catégorique et ferme ; car c’est nous toutes et tous qui payons les impôts qui se transforment par la suite en tant que salaire ministériel et budget du Ministère de la culture, en d’autres termes : « katakoul ghelletna ou tqoul lina : bahh ! »
 
La preuve est que vous avez entre-temps adopté le langage de « l’islam politique », lorsque vous avez évitez dernièrement même de faire allusion à la langue marocaine ; comme si elle était orpheline de père et de mère, n’avait pas des poumons pour respirer cet air que nous partageons toutes et tous, plus de 35 millions d’habitants. Vous n’avez même pas omis de répéter les propos déplacés et grossiers des zélotes islamistes, tout en parlant de « chaos linguistique » dans le domaine de la publicité marocaine. Après « l’art propre » selon le goût des « moullahs talibanesques», maintenant la « langue propre ». Ce sont des propos graves qu’on entend d’un responsable gouvernemental. Nous n’avons pas oublié encore le terme « art dégénéré » (Entartete Kunst), l’équivalent de « l’art propre », des nazis allemands, destiné à vilipender « l’art moderne » et tout ce qui se rapporte à la modernité, au progrès et à la prospérité. Au lieu de préconiser le droit de la raison, les salafistes, modérés ou non, préfèrent se donner une cure de rajeunissement et d’infantilisme à outrance, tout en puisant dans le droit de l’humeur et du maboulisme (mahboul).
 
D’après ce que j’ai pu constaté, les propos de Mr. Sbihi n’ont qu’un sens : lui et son parti, le PPS, veulent s’acquitter de la dette envers le PJD qui leur a garanti tant de postes ministériels ; bien que c’est un petit parti. C’est pour cela que Mr. Sbihi répète à tort et à travers et avec une docilité douteuse les concepts cancéreux, agressifs et invasifs du PJD ; on pourrait aussi périphraser cette opération gagnant-gagnant (mangeons-mangeons) en langue marocaine : « Lemaattya », ou bien : « eettini, neettik ».
 
Excellence, Monsieur le Professeur des Statistiques (où est la culture ?), la langue marocaine est une langue vivante, la langue de l’avenir, la clé du développement, du progrès, de la création et de l’innovation. Nous avons perdu assez de temps comme ça ; il est indispensable que la langue marocaine devienne une langue officielle du Royaume, car tous les pays qui ont su mettre en valeur toutes les compétences et ressources humaines ont réussi leur pari, sont devenus des pays modernes, des pays innovateurs, producteurs de richesse, tels la Turquie, la Corée du Sud, la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Finlande, la Norvège, la Suisse (4 langues officielles), le Singapour, la Chine etc. A cette fin, il faudrait que la langue marocaine soit enseignée depuis la maternelle jusqu’aux bancs de l’université marocaine ; quant à la graphie, nous avons le choix, ou bien des caractères latins comme la langue turque ou bien des caractères arabes.

Pr. Mourad Alami
Universitaire, écrivain et traducteur


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