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AFP - publié le Lundi 10 Octobre à 15:54

Sauvée d'un mariage forcé à 14 ans, Radha Rani se bat "pour toutes les filles"





A 14 ans, Radha Rani Sarker a fait semblant de dormir pour pouvoir "s'enfuir par la porte de derrière". Promise à un mariage forcé, cette jeune Bangladaise a réussi à y échapper et depuis elle se bat pour "toutes les filles du monde".
 
"J'étais en 3e et mon père venait de décéder quand on a voulu me marier. Nous étions cinq sœurs, personne ne pouvait subvenir à mes besoins", raconte cette jeune fille aux longs cheveux bruns, yeux noisette, de passage à Paris à l'occasion de la 5e Journée internationale des filles de l'ONU, mardi.

Séquestrée dans la maison de son beau-frère en attendant d'épouser l'un de ses amis âgé de 21 ans, Radha parvient à s'enfuir et trouve refuge chez sa mère, son "ange", elle-même mariée à 12 ans et qui l'a protégée malgré les critiques.

"Mariée, je savais que je perdais tout. Ma liberté, mes études, ma vie", poursuit cette étudiante de 21 ans, devenue porte-parole de la campagne contre les mariages forcés lancée par l'ONG Plan international.

Parrainée par cette ONG depuis son enfance, Radha se familiarise très tôt avec les droits de l'enfant et le risque de mariage forcé.

"Enfermée chez mon beau-frère, je me disais +comment moi qui suis sensibilisée, qui vois la souffrance de mes sœurs, je peux subir ça ?", poursuit la benjamine de la fratrie, dont trois sœurs sur quatre ont été mariées de force.

Dans le monde, 15 millions de filles seront mariées cette année avant leur 18 ans, soit une toutes les deux secondes.

Au Niger, en Centrafrique, en Guinée, au Tchad et au Bangladesh, les cinq pays où le mariage précoce est le plus répandu, 60% des femmes ont été mariées avant leur majorité, souvent pour des raisons financières.

Sans éducation, une fille ne peut aider financièrement sa famille, et plus les conditions de vie sont difficiles, plus la tentation est grande pour les parents de marier leurs filles.

- Se 'débarrasser' des filles -

En conséquence, elles souffrent davantage de déscolarisation, d'isolement, connaissent plus de risques de mortalité infantile ou maternelle, et peuvent subir des violences, souligne Plan international.

"Les parents ne sont pas assez sensibilisés", poursuit Radha, aujourd'hui militante dans une association locale qui défend les droits des femmes et des enfants. "Les filles ont des rêves, des envies, elles sont l'avenir et personne n'y fait attention. Dans mon pays, dès qu'on a une fille, on pense à s'en débarrasser par le biais du mariage".

Au Bangladesh, la loi interdit le mariage avant 18 ans et pourtant 73% des filles sont mariées avant cet âge et plus d'une sur quatre l'est entre 12 et 14 ans.

"La loi n'est pas appliquée", dénonce la militante, rappelant que son pays est dirigé par une femme depuis 2009, Sheikh Hasina. "En plus, la peine est minime, un mois d'emprisonnement et une amende de 1.000 taka (environ 11 euros)", souligne-t-elle.

Selon Yvan Savy, directeur de Plan international France, 144 pays (sur 193) n'ont aucune loi interdisant le mariage des enfants. L'ONG milite pour que tous adoptent un même texte disant qu'"avant 18 ans on ne se marie pas". "Ce qui éviterait également que des filles soient ramenées dans le pays d'origine de leurs parents pour être mariées", précise-t-il.

Pour promouvoir cette campagne et partager son histoire, Radha a quitté son pays pour la première fois. Des étoiles plein les yeux, elle a fait "un beau voyage" pour rejoindre Paris où elle inaugure lundi une exposition devant le Cirque d'hiver.

Mercredi, elle prononcera un discours devant la Commission européenne, à Bruxelles, "une occasion d'être connue dans les pays développés et de demander de l'aide à tous".

Devenue une icône nationale, la jeune femme a eu sept demandes en mariage. Mais elle n'est pas certaine d'accepter un jour: "je suis une femme libre, je peux prendre mes décisions. Mon combat, je le fais pour le monde entier".

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