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MAP - Bouchra BENYOUSSEF - publié le Mercredi 13 Août à 14:33

Sahara : Le Maroc réitère son "ferme attachement" au processus qui passe par la "neutralité" du Secrétariat de l'ONU




New York (Nations unies) - L'ambassadeur du Maroc à l'ONU, Omar Hilale, a réitéré, mardi à New York, le "ferme attachement" du Maroc au processus politique qui "passe impérativement" par la "neutralité" du Secrétariat des Nations Unies, mettant en garde contre toute tentative de "dépassement" du mandat de la MINURSO, à même de mettre "en danger la présence même" de cette mission.



Omar Hilale
Omar Hilale
"Je voudrais réitérer notre ferme attachement au processus politique qui passe impérativement par la neutralité du Secrétariat des Nations Unies, l'impartialité de la Minurso, la prévisibilité dans le processus de négociations et la transparence dans la facilitation, afin que le discours qui est délivré à Rabat, Alger, Tindouf ou New York soit identique, et éviter, ainsi, le double langage, générateur de tension, et d'érosion de la confiance", a affirmé M. Hilale dans une interview accordée à la MAP à New York. 
 
M. Hilale a évoqué notamment sur les "rumeurs faisant état de la démission de l'Envoyé personnel du SG de l'ONU pour le Sahara, Christopher Ross", et qui ont fait l'objet de questions récurrentes cette semaine, lors du point de presse du porte-parole de l'ONU. 
 
Le Maroc ne "réagit pas aux rumeurs surtout quand elles font l'objet de questions et réponses qui sont préparées dans certains étages du Secrétariat de l'ONU avec l'objectif de faire pression" sur le Maroc, a-t-il souligné. 
 
"Nous déplorons que certains services de l'ONU se laissent instrumentaliser à cet effet!", a-t-il dit. 
 
"Le plus important dans une négociation politique ce n'est pas l'homme, mais le process lui-même", a ajouté M. Hilale, citant l'ancien Secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger. 
 
Le Maroc, pour sa part, reste "engagé dans le processus de négociation politique onusien sous les auspices du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, et le Conseil de Sécurité", a-t-il ajouté, précisant que le Royaume "reste résolument déterminé à tout mettre en œuvre afin de parvenir à une solution politique, consensuelle et définitive" au différend régional sur le Sahara, sur la base de "sa proposition d'autonomie du Sahara" présentée en 2007 et qualifiée depuis, par toutes les résolutions du Conseil de Sécurité, de sérieuse et crédible . 
 
"Si ça ne tient qu'au Maroc, nous souhaitons le règlement de ce problème aujourd'hui avant demain, car les régions sahélo-saharienne, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient traversent les moments les plus tourmentés de leurs histoires. La conjonction des nébuleuses terroristes d'Al Qaeda et ses filiales, les courants de l'extrémisme, l'Etat islamique de Daech, les groupes séparatistes au Sahel, ainsi que les trafiquants de drogues, d'armes et des êtres humains représentent un danger sans précédent, non seulement pour la stabilité et la sécurité de ces régions, mais surtout pour l'existence même de certains de leurs Etats".
 
Leur danger et menace, a-t-il poursuivi, "sont plus graves que le différend sur la question du Sahara, d'où l'impératif de mettre de côté les divergences, de s'unir et de coopérer en vue de leur faire face". 
 
S'agissant de sources au sein de l'ONU qui parlent de "l'opposition" du Maroc à la visite que M. Ross souhaite effectuer dans la région, M. Hilale a opposé un "démenti formel" à ces affirmations.
 
"Je démens formellement. Le Maroc n'a pas habitude d'empêcher les responsables onusiens à s'y rendre", a-t-il insisté.
 
Cependant le Maroc estime que les "visites ne sont pas une fin en soi, mais une opportunité pour faire avancer le processus de négociations. d'où l'importance de les préparer minutieusement", a-t-il préconisé. 
 
C'est "fort de cette conviction que le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, M. Salaheddine Mezouar, a dépêché à New York, le 18 juin dernier, une délégation de haut niveau, présidée par le Secrétaire Général du ministère pour rencontrer et discuter avec M. Ross des objectifs de sa visite et des voies et moyens pour garantir sa réussite", a révélé l'ambassadeur, précisant que les "entretiens avec M. Ross ont été francs et constructifs". 
 
Ils ont "permis d'aborder, a-t-il dit, tous les aspects du processus de négociations, y compris les dérapages du derniers rapport du Secrétaire Général, ainsi que la nécessité d'imprimer de la clarté dans sa mission, de la transparence dans ses entretiens et dans l'élaboration des rapports, et surtout une plus grande prévisibilité pour l'avenir". 
 
Dans cette perspective, le Maroc "lui a remis un questionnaire sur ces différents aspects. Une réponse de sa part nous a été promise dans la semaine. Nous attendons depuis presque deux mois", a-t-il encore révélé. 
 
A une question sur un supposé retard de la nouvelle représentante spécial du Secrétaire Général de l'ONU, Kim Bolduc, à regagner son poste, après le départ de son prédécesseur au terme de sa mission en juillet dernier, l'ambassadeur a expliqué qu'il "n'y a pas retard", car Mme Bolduc "ne commence sa mission que le 1er septembre 2014". 
 
Et si, il y a retard, il "n'incombe pas au Maroc mais plutôt au Secrétariat des Nations Unies et ce, pour deux raisons", selon M. Hilale, à savoir, d'abord "tout en reconnaissant que sa désignation est du ressort du Secrétaire Général de l'ONU, Ban Ki-moon, la "procédure de sa nomination n'a pas été respectée". En effet, a-t-il précisé, le Maroc "n'a pas été consulté ni avant, ni pendant, ni après, comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs", soulignant que le Royaume a "été informé par écrit 3 semaines avant la nomination de l'Anglais Julian Harston. La nomination de l'Egyptien Hany Abdel-Aziz a fait l'objet de plusieurs entretiens téléphoniques entre le DPKO (Département du maintien de la paix de l'ONU) et l'ambassadeur Représentant du Maroc. La nomination du dernier représentant permanent, l'Allemand Weisbrod-Weber Wolfgang, a été notifiée 4 jours avant". 
 
C'est pourquoi "nous nous interrogeons légitimement sur le non-respect de ces pratiques pour la nomination de Mme Bolduc, d'autant plus, a-t-il dit, que "cette attitude du Secrétariat survient au lendemain de dérapages inacceptables du dernier rapport (sur le Sahara) du Secrétaire Général de l'ONU", en avril dernier. 
 
Le Maroc, a-t-il poursuivi, "ne s'est jamais opposé dans le passé à aucune nomination des représentants personnels" du Secrétaire Général. Cependant, sa "seule requête est le respect de la pratique consacrée", a-t-il martelé. 
 
La deuxième raison avancée par l'ambassadeur est que le Maroc a relevé "des manoeuvres tentant l'élargissement de facto du Mandat de la Minurso avant l'arrivée de Mme Bolduc afin de consacrer un fait accompli". 
 
Un fait que "le Maroc ne permettra jamais car certains au sein du Secrétariat de l'ONU, qui ont des positions politiques ou idéologiques, veulent imposer de facto ce qu'ils n'ont pu réaliser dans les différentes résolutions du Conseil de Sécurité (de l'ONU) au sujet de l'élargissement de la Minurso", a-t-il dit. 
 
Et de rappeler le "mandat de la Minurso qui se décline en trois points : surveiller le cessez-le-feu, réduire les risques d'explosion de mines et autres restes explosifs de guerre, soutenir les mesures de confiance avec l'appui du HCR en particulier dans le cadre des visites familiales (CBM)". 
 
C'est pourquoi, a-t-il averti, "tout dépassement de ce mandat sera inacceptable. Car les manœuvres actuelles visent manifestement de faire de la Minurso un centre des Nations Unies au Sahara, au pire un lieu de rencontre des séparatistes avec les visiteurs étrangers dans nos provinces du Sud".
 
"Le Maroc le dit haut et fort: ces manoeuvres mettront en danger la présence même de la Minusro. Le Maroc ne demande ni plus ni moins que le respect stricte et intégral du mandat de la Minurso", a-t-il insisté. 
 
La "conjoncture régionale est tellement trouble et périlleuse qu'elle appelle de la part des pays de la région, et plus particulièrement de l'Algérie, un sursaut de responsabilité, de réalisme, et de courage politique afin de garantir un avenir meilleur aux générations futures", a-t-il souligné.

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