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MAP - Ali Hassani - publié le Samedi 19 Septembre à 12:10

Rkia Kassem, à la force du poignet dans une commune rurale de Drâa-Tafilalet






Agdz (province de Zagora) - Avec son élection à la tête de la commune rurale d'Afra, cercle d'Agdz (province de Zagora), Rkia Kassem est la première femme à prendre les rênes d'une commune dans la région Drâa-Tafilalet et démontre par là la détermination de la gent féminine à prendre, à la force du poignet, les rênes de la chose locale.
Rkia Kassem, à la force du poignet dans une commune rurale de Drâa-Tafilalet
Elue au nom du Parti de "La Rose" au dépens de son rival du Parti authenticité et modernité (PAM) avec 13 voix sur 17, la jeune Rkia soutient que son sacre n'est pas le fruit du hasard, mais la résultante de son appartenance à un des plus grands partis nationaux, l'USFP.

"Mon adhésion à l'action politique et partisane, particulièrement à l'USFP, s'est faite avec l'encouragement de nombre d'amis, dont certains acteurs associatifs et adhérents de ce parti qui a une longue histoire de militantisme", explique Mme Kassem à la MAP.

Cet engagement, doublé d'une formation académique couronnée par une licence en Droit public de Casablanca, lui a permis de mieux cerner les arcanes de l'action partisane et les principes juridiques et constitutionnels, ainsi que les bases des finances et de la fiscalité.

Pour elle, les études en sciences politiques et l'action partisane ont constamment été en atomes crochus avec des actions de proximité, grâce au suivi de projets pilotés par l'Association Taskalt pour le développement ou encore l'Espace Tamskalt, deux structures dédiées au renforcement des compétences des acteurs et à la promotion du tourisme rural.

Et ce n'est pas tout. "Soucieuse d'affûter mon expérience associative, j'ai pris part à nombre de rencontres au Maroc et à l'étranger, notamment en Tunisie et au Liban". Résultat : un large éventail de connaissances sur l'approche genre, la démarche participative, la gestion des conflits, l'ingénierie des projets, la gestion administrative et financière des associations, les techniques de communication et le leadership féminin.

"J'ambitionne de contribuer au développement territorial durable de la commune rurale d'Afra et de servir les femmes rurales pour leur permettre plus d'autonomie, à travers des projets générateurs de revenu", souligne Mme Kassem qui, outre l'arabe et l'amazigh, maîtrise avec égal bonheur le français et l'anglais.

Auréolée de la confiance de ses électeurs dans une région connue, pourtant, pour son caractère conservateur et ses traditions amazighes ancestrales, elle affiche une confiance à toute épreuve. "La femme rurale est apte à assumer des postes pionniers aux côtés de l'homme si l'occasion lui est offerte", dira-t-elle.

Pour ce faire, poursuit-elle, les partis politiques se doivent de faciliter l'accès des femmes rurales à l'action politique, à travers des rencontres et des sessions de formation dédiées, et de s'ouvrir sur les jeunes compétences prometteuses.

Elle estime que, dans le Sud-Est du Royaume et, a fortiori, dans la région Drâa-Tafilalet, la participation politique de la femme reste faible pour de nombreuses raisons, dont la prédominance de la mentalité masculine propre aux zones oasiennes ou encore l'autodépréciation qui, souvent, caractérise le regard des femmes sur leurs propres compétences.

"Mon élection administre la preuve que la femme marocaine, et rurale en particulier, dispose de tous les atouts lui permettant de gérer la chose locale tout comme l'homme, voire mieux, surtout qu'elle ne manque pas de compétences pour mener sa mission avec brio", reprend-elle.

Autant dire que l'actrice associative, désormais dépositaire de la confiance des électeurs, met les bouchées doubles pour répondre à tant d'attentes et de promesses dans cette commune créée en 1992. A cœur vaillant, rien d'impossible !

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