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Réhabilitation de la Médina de Fès Le patrimoine, une réelle richesse


Abdelhak Najib - publié le Mercredi 6 Mars 2013 à 10:19


Les chiffres officiels ne souffrent aucune ombre. 31 médinas et 740.000 ménages sont menacés par l’effondrement au Maroc. Fès, plusieurs fois touchée par des drames dus à la vétusté des habitations, au manque d’entretien et à des travaux de restauration sommaires qui touchent souvent les façades sans aller à la base du problème, voit enfin le bout du tunnel. Classée en 1981 patrimoine mondial de l’humanité par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education la Science et la Culture (UNESCO), ses monuments historiques, ses médersas, ses mosquées, ses murailles, ses ruelles, ses trésors cachés sont innombrables. Il était temps de voir la capitale spirituelle du Maroc, retrouver son lustre d’antan grâce à la réhabilitation de sa médina plusieurs fois centenaire.


Réhabilitation de la Médina de Fès  Le patrimoine, une réelle richesse
Le coup d’envoi de ce large chantier, qui touche aussi bien les monuments historiques que les habitations menaçant ruine, a été donné par le roi Mohammed VI, le 4 mars 2013 avec la signature de deux conventions. 27 monuments historiques sont concernés. Ils sont intégrés dans les domaines, touristique, artisanal, économique et culturel, pour un investissement de l’ordre de 285,5 millions de dirhams. 1729 bâtisses vont donc bénéficier d’une contribution de l’Etat, au profit des habitants concernés. En même temps, 1937 bâtiments sont d’ores et déjà placés sous la loupe d’observateurs pour que ceux-ci puissent mesurer le danger qu’ils présentent pour les habitants.  Une enveloppe de près de 330 millions de dirhams a été mobilisée dans le cadre de cette convention et qui couvre une période de 5 ans à compter de 2013.

Authenticité historique

Ce qu’il faut très vite rappeler c’est que le chantier de réhabilitation de la médina de Fès est complexe.  Il requiert la conjugaison des efforts de tous les partenaires pour vaincre toutes les contraintes d’ordre, technique, juridique et socio-économique qui pèsent sur la préservation de ce riche patrimoine historique. La médina de Fès, qui s’étend sur 280 hectares et compte plus de 200.000 habitants, reflète en effet toute la grandeur de l’histoire du Maroc. Elle est aussi un exemple de l’authenticité d’un savoir-faire inégalé dans les domaines, culturel, architectural et urbanistique.

Mais les exigences de la modernisation et l’expansion de la ville liée à l’augmentation de la population, ont fragilisé le tissu urbanistique de Fès. Plusieurs menaces liées aussi bien à la pression démographique, à la gestion urbaine qu'à la dégradation de l'environnement de la médina ont été diagnostiquées depuis plusieurs décennies.

Nouveau souffle

Plusieurs projets de réhabilitation  ont été lancés depuis les années 2000. Avec plus  ou moins de succès.  On peut citer le projet de préservation de la médina, mené par L’Agence pour le Développement et la Réhabilitation de la Ville de Fès (ADER-Fès) et financé par les pouvoirs publics et les partenaires internationaux. Il avait pour objectif de « (…) transformer un patrimoine d’une situation statique à une situation dynamique sans toucher à sa dimension et à sa valeur historique ». Les objectifs étaient clairs : la conservation et la réhabilitation de la médina, particulièrement son habitat historique et son environnement urbain, à travers un ensemble d’actions très diversifiées et liées les unes aux autres. L’opération portait sur les murailles, les sites et monuments historiques, les infrastructures de base et les circuits touristiques. Ce sont là des programmes d’urgence qui ont vu le jour grâce à l’action publique, en réponse à une actualité, voire une catastrophe, comme cela a été le cas en 2004. En effet, après l’effondrement d’une maison faisant plusieurs victimes, un programme d’urgence a été lancé, avec pour objectif principal de garantir la sécurité des personnes et des familles qui occupent ces espaces, qui risquent l’effondrement à tout moment. Cela a permis  le relogement de plus de 476 ménages, l’intervention d’urgence au profit de 1592 bâtisses, le confortement de 283 autres, et l’évacuation de 13 ruines, pour un coût estimé à 498,25 millions de dirhams.

Il est clair que toutes ces initiatives visaient à améliorer les conditions de vie de la population, au moyen de la consolidation du cadre bâti, de la préservation des monuments et du renforcement de l’infrastructure routière et des espaces publics. Malgré toutes les bonnes volontés, le nerf de la guerre manquait. Les moyens mis en œuvre ne pouvaient pas venir à bout des menaces  qui planent sur la ville et sur sa médina. Plusieurs facteurs ont paralysé ce projet de grande envergure, comme le manque de moyens, la pression démographique et les difficultés d’ordre technique.

Nouveau plan

Déjà en 2004, plus de 1.700 logements à risque ont été recensés dans la médina de Fès, dont la restauration et la réhabilitation nécessitent un investissement de l’ordre de 450 millions de dirhams. L’on notera également que la médina a fait l’objet de nombreuses spéculations immobilières. Les habitants n’étant pas dans la capacité de restaurer leurs demeures, ils ont été amenés à les vendre. Le tissu urbain s’est donc quelque peu étendu vers d’autres quartiers périphériques, créant un autre problème urbanistique. Ce phénomène montre clairement que ces logements constituent non seulement un abri pour des milliers de personnes, mais surtout une réalité socio-économique qui mérite que l’on y réponde au moyen d’approches innovantes permettant de la cerner dans ses multiples aspects.

Métamorphose

Aujourd’hui avec ces deux conventions, il est question d’une approche plus rationnelle. Outre la réhabilitation, il faut intégrer ces habitations dans le tissu économique et leur rendre leur attrait d’antan pour encourager les gens à continuer à vivre dans cet espace convivial, et éviter d’en faire un musée à des fins purement touristiques.

De plus, depuis cinq ans, la ville de Fès a connu une réelle métamorphose à la fois urbaine et culturelle. Entre valorisation du patrimoine architectural et perspectives d’avenir, les conventions signées le 4 mars 2013 à Fès sous la présidence du Roi Mohammed VI vont imprimer un nouvel élan au programme de restauration de l’habitat et des monuments historiques menaçant ruine dans la médina de Fès.

C’est donc un projet concret qui a désigné les points les plus urgents sur lesquels il faut intervenir rapidement. Il s’agit en l’occurrence du traitement de 3.666 bâtisses menaçant ruine en médina intramuros, plus précisément à « Fès Médina » et « Mechouar Fès Jdid », pour un coût de 330 millions de dirhams, ainsi que l’intervention en faveur de 5 médersas, 4 borjs, 3 foundouks, 3 tanneries, 2 murailles et 2 ponts, pour une enveloppe budgétaire de 285,5 millions de dirhams, prise en charge par plusieurs partenaires.

Abdelhak Najib
Journaliste


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