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Dr Ben Kirat - publié le Dimanche 27 Mai à 17:22

Régionalisation dans le Cadre du CCR ne doit faire l’Objet des élections prochaines






Dr. Ben Kirat
Dr. Ben Kirat
Régionalisation-Décentralisation-Autonomie face au déséquilibre des Régions au Maroc: le cas de la Région 8 ou 2 dans le nouveau découpage?
Régionalisation dans le Cadre du CCR ne doit faire l’Objet des élections prochaines – Latest Article

Toute régionalisation sérieuse au Maroc ne peut se faire sans d'abord résoudre les paramètres de l'autonomie du Sahara. C’est à partir de cette initiative que le reste du Maroc doit suivre dans une transparence réelle qui doit déterminer le rôle que doit jouer chacune de ces instances régionales, non seulement au niveau politique mais aussi économique et social. Ce qui est d’une part, déjà prévu, mais limité dans l’ensemble.

Il faut que la régionalisation soit traitée en dehors du contexte actuel faisant rapport aux élections locales qui doivent se dérouler comme prévu dans l’esprit des anciennes divisions électorales. La résolution totale du contexte régional doit être déterminée dans le cadre du statut d’autonomie du Sud marocain et pourquoi ne pas y inclure l’autonomie du Rif et des Béni Snassen en même temps, comme élément d’une stratégie de décentralisation compréhensible, transparente et efficace. Le Nord est le Sud formeront une entité unique, l’avant-garde de l’autonomie des régions au Maroc, comme il a été prévu de suivre l’exemple des Länder en Allemagne, ou des Cantons Suisses, des régions Belges ou encore Espagnoles avec les cas concrets des Catalans, des Pays Basques ou encore, à un moindre degré, de la Galice ou de l’Andalousie...

Cette idée d’autonomie est partie intégrante de la politique marocaine d’union nationale et non comme certains la prévoit, source de divisions, car la division véritable est celle du système actuelle qui bénéficie une partie au profit de l’autre; toutes manipulées par le gouvernement central.

Bien que la région autonome soit le leitmotiv du développement, mais c’est la commune qui reste la base de cette participation locale qui se conjugue par les besoins de tous. C’est ce lien entre la communauté et le peuple marocain qui va les réunir ensemble par le renforcement de la région dans son instance de représentation la plus parfaite qu’est le tiers que représente la commune.

N’est-ce pas ce que l’article 135 essaye de remédier? «L'article 135 de la nouvelle Constitution adoptée le 1er juillet 2011 qui fait partie du titre consacré aux "régions et collectivités territoriales" précise surtout que ces collectivités, notamment la région, constituent des personnes morales de droit public et gèrent démocratiquement leurs affaires". «Gérer démocratiquement leurs affaires» se traduit par une autonomie régionale et non la dépendance sur le gouvernement central et de son incapacité d’être partout présenté équitablement au Maroc, comme il a été vécu depuis 1956.

Cette décentralisation avancée ou autonomie régionale est renforcée par le désir du roi de voir cette instance prendre la relève dans chacune des nouvelles régions d’un Maroc nouveau avec des orientations ambitieuses et plus démocratiques et à tous et à chacun de chaque région de jouer son rôle et de prendre son destin en main et ne jamais plus chercher des bouts émissaires ailleurs. Il faut les trouver chez-soi d’ailleurs et ensuite chercher au delà, et non comme la coutume le veuille; ‘c’est toujours l’autre lointain et sans visage qui est, en réalité, responsable’ pour le scepticisme et l’obscurantisme d’antan. Ceci doit se passer comme prévu «[D]dans le discours prononcé le 9 mars 2011, [où] le roi du Maroc Mohammed VI avait souligné que la régionalisation avancée devait également conférer aux présidents des conseils régionaux le pouvoir d'exécution des délibérations desdits conseils, en lieu et place des gouverneurs et des walis.»

C’est pour cette raison qu’entrer dans une course allant du rapport à l’exécution du projet est prématuré et ne peut mener qu’aux dérives des uns comme des autres pour étouffer tous débats concernant les élections des conseils régionaux et la représentation au Sénat; à moins qu’en se rue vers la nouvelle région pour mieux conserver encore une fois l’obédience et le clientélisme politiques de jadis.

Le dynamisme de cette nouvelle ère de changement doit dégager bien de préjudices du passé. Depuis longtemps les Béni Snassen et le Rif ont demeuré ‘la sœur déshéritée du cadre juridique de la Shari’a’, qui va au-delà du ‘parent pauvre’, du royaume et dont l’investissement de l’état n’a commencé à y avoir le jour que dernièrement. Cela a été confirmé récemment par Ali Belhaj: «Notre région est en retard sur beaucoup de choses certes, elle a été longtemps isolée et a souffert de plusieurs insuffisances dans le passé. Aujourd’hui, elle se rattrape et énormément de choses s’y produisent. De ce fait, j’appelle non seulement les jeunes de la région mais tous les acteurs à s’y intéresser. Ce n’est pas de l’euphémisme, je suis très optimiste quant à l’avenir de l’Oriental. Il est plus que prometteur.»

Certes, il est du devoir de tous et à chacun de se prononcer sur le sort de la région et de ses habitants. Les régions du Rif et des Béni Snassen ont toujours étaient victimes d’un préjudice reconnu à l’échelle marocaine, et ce peut-être parce que le Rif, à travers Abdelkrim, s’est déclaré indépendant en 1920, et les Béni Snassen, à travers Si M’barek Bekkai Lahbil, a revendiqué le retour de Mohammed V et l’indépendance totale du Maroc, au lieu d’une régence et une indépendance interne.

Cette initiative a été évoquée au cours de la controverse d’Aix-les-Bains du 22 août 1955, où étaient invités tout groupement confondu: partis politiques du Maroc, «les notables modérés», les nationalistes, les Français libéraux du Maroc et l’extrême droite «Présence française» parmi d’autres’, lorsque les Français proposaient la déposition de Ben Arafa, la désignation d’un conseil de tutelle et la formation d’un gouvernement d’unité nationale au sein d’une autonomie interne du model actuellement proposé et en discussion sérieuse pour le Sahara Marocain.

Ce qui est étonnant, mais bien veillant, c’est que le Rif (Riafa/Zenâta) et les Béni Snassen (Snassen/Zenata) se réunissent en une région autonome distincte, mais pourquoi le faire au détriment de la Province des Zenata/Sanhaja de Figuig/Ifyyey, qui représente pour les Béni Snassen une région pleine de prospect dans l’avenir et de l’énergie solaire, pétrole et autres minerais importants dans la région, sans dire plus de sa richesse humaine (on ne peut oublier facilement Prof. Mohammed Abed El Jabri), en plus de sa diversité que favorise son climat de type semi aride méditerranéen, à aride et qui contribue à ses dattes, que l’oasis et son système d’irrigation unique de Lakbawat alimente. Cette province ne peut que complémenter les richesses de la Région des Béni Snassen et du Rif dans une instance autonome dans un Maroc moderne et nouveau. Figuig devrait rester partie intégrante de cette région et continuer à être le trait d’union entre les Zenata, les Sanhaja et les Béni Hilal en disparition, ou encore le nord et le sud que l’histoire a lié depuis des siècles.

La province de Figuig est bien dans l’axe de cette région et conforme aux critères de base de la commission dont les trois principes fondamentaux qui guident ce changement et forment la base de débat au Parlement: «Le projet proposé se base sur le regroupement d'ensembles pertinents à base provinciale, se conformant ainsi à la triple exigence de la continuité, de la contiguïté et de l'intégrité des entités administratives.»

Peut-être serait-il nécessaire d’organiser un referendum régional sur ce nouveau découpage afin de donner le choix à ses habitants et non être condamnés à l’arbitraire du préjudice des uns et des autres.

Comme elle est préjudiciable cette appellation ‘Oriental’ au lieu de Région des Béni Snassen et du Rif, ou région d’Oujda-Hoceima, car l’est du Maroc est une partie plus large qu’Oujda et Berkane, et plus encore. L’appellation ‘Oriental’ n’a pas de sens, elle éloigne davantage les Béni Snassen de toute identité géographique liée au Maroc.

L’Oriental appartient à l’Orient, cette entité du Moyen Orient qui est dotée d’une culture ‘dite’ Orientale et qui se transforme en ‘Orientalisme’ que les Européens s’exaltent dans cette expression et y trouvent tout ce qui est négatif des arabes d’Orient, avant l’intervention, du feu Edward Saïd ou du modernisme du disparu el Jabri.

On est fier de dire région de Fez-Meknès, Souss-Massa, mais pas Béni Snassen et Rif ou Oujda-Berkane-Nador-Hoceima. Pourquoi Oriental et Rif? Seule la région 2 a ce qualificatif ‘Oriental’; ni Occidental, ni Méridional, ni Septentrional ne figurent sur cette liste, mais «Oriental», ce réductionnisme volontaire, de persona non grata, est à la fois colonial et à la fois hérité et utilisé, non par accident, par le gouvernement central. Cette défiguration des Oujdi et des Béni Snassen, qu’on arrive mal à digérer, en dit beaucoup plus sur la totalité de ses habitants et cela on le sent assez dans la région.

Il a fallu 50 ans pour proposer une rocade, pour remplacer la route maudite et misérable d’el Wahda, initiée par Ben Barka, et convaincre l’EU, pour des raisons de sécurité, du trafic de haschisch, du marché noir, de l’immigration clandestine et le sort des pateras, pour donner son aval. Cette ‘rocade’, qui ne l’est pas, a été finalement adoptée en 1997, mais une partie importante n’est ni plus ni moins qu’une route nationale, voire Saïdia-Nador, en l’occurrence. Malgré une aide modeste de l’UE, elle ne verra le jour qu’en été prochain (2012), bien que le projet a été annoncé en 1997, il a été repoussé et retardé à plusieurs reprises, culminant un coût exorbitant d’environ six milliards de dirhams et que l’ex-ministre Ghalab qui, par son éloquence et expertise linguistique, nous bafouille des raisons de ses délais confondus en ‘déblais et remblais’, qui vont durer une quinzaine d’années, voilà ce qui est le péjoratif «Oriental» ou pour utiliser l’expression de Ali Belhaj ‘l’euphémisme’ qui règne sur la région.

Mais on peut dire davantage sur le sort de la rocade Ahfir-Berkane-Nador qui a pris énormément de retard et ce depuis la liaison Oujda-Ahfir-Saïdia. Faut-il ajouter les ponts à double-voies prévus pour Berkane-centre ou la gare routière et tous les projets de mise à niveau qui trainent depuis des décennies et qui demeurent lettre morte ou restent à se concrétiser. Les intérêts de certains sont plus pressants que ceux des autres.

Il y avait une fois une lueur de progrès dans la province de Nador où se dessinait vers la fin des années 1970 un projet d’un laminoir à deux fils de la SONASID, qui se concrétisa avec les essais à vide en 1984. Pour beaucoup, ceci ne représentait que le début d’une industrie métallurgique dans la région, mais hélas, le rêve s’arrête là et bientôt la SONASID disparaitra de la région dans une restructuration, non seulement possible, mais probable.

Cette usine a vue le jour après l’échec du projet Maroc-Algérie d’une industrie métallurgique maghrébine, et Nador faisait déjà partie de cette initiative avec le développement des minerais situés dans la région marocaine de Tindouf, cédée aux frères ennemis sans contrepartie aucune.

Les uns pensaient que Nador bénéficierait de l’expérience acquise dans la petite usine de production de fonte se trouvant dans la région, et les autres se fiaient aux charbons, mais le coke nécessaire pour les grands fourneaux ne pouvait être fourni par la production de Jerrada.

Pire encore, au lieu de développer une industrie métallurgique à Nador, elle se voit transférée vers une zone assez riche et influente pour se concentrer sur Khouribga et Casablanca. On se demande où sont ces zones d’équilibre du royaume et pourquoi cette politique préférentielle pour ces deux régions qui sont déjà saturées, surpeuplées et bien servies en investissement? Que font les parlementaires de la région?

Beaucoup d’espoir et changement radical des pratiques anciennes seront sollicités des nouveaux venus de la tutelle du ministère de l’Intérieur et vont, certainement, peser lourd sur les décisions futures de MM. Mohammed Mhidia, le nouveau Wali de la région des Béni Snassen et du Rif et gouverneur de la préfecture d’Oujda-Angad; Abdelhak Haoudi, gouverneur de la province de Berkane-Saïdia-Ahfir; Mostapha Attar, gouverneur de la province de Nador et Driss Sebbar, gouverneur de la province de Figuig, sans oublier l’effort de la nouvelle venue au Patronat marocain (CGEM), Mme Meriem Bensalah, dont la famille a toujours servi non seulement Berkane et Saïdia, mais tout le Maroc et ce depuis la signature du Manifeste de l’Indépendance de 1948, par son père, le feu Abdelkader Bensalah.

Pour rester dans l’esprit de régionalisation autonome déjà prévu dans le plan du Feu Hassan II, il s’avère une raison de plus pour précipiter l’exemple de l’autonomie régionale des Béni Snassen et du Rif, conjointe à celle du Sud Marocain, afin de servir en pole d’équilibre digne de sa capacité d’innovation avec un esprit d’entreprendre au-delà de l’agriculture, et faire face aux autres régions du royaume et ensemble renforcer le rôle commercial du Maroc à travers le monde, allant du défi national au défi que pose la globalisation.

Le problème ne s’arrête pas là. Une partie importante du port West de Nador est en suspens, car certains avancent le risque séismique de la région, ce qui n’a pas empêché ni la construction de l’usine de laminage de la SONSID ni le port maritime de Béni Nsar. Les études séismiques ont été effectuées durant la conception de l’usine SONASID et du projet du port-West, et les normes séismique qui doivent être suivies et respectées ont été prescrites pour toute construction dans toutes les régions du Maroc, car aucune n’échappe à ce risque.

D’ailleurs le risque séismique au Maroc est moins grave que celui du Japon ou de la voisine Italie, et que ces deux grands pays industriels jouissent de toutes les technologies hasardeuses allant des produits chimiques, des ports de stockage de carburant et de gaz, du nucléaire au Japon et à l’industrie métallurgique de Naples.

Donc le port-West de Nador ne représenterait aucun danger séismique si les règles de construction sont respectées et appliquées, et si l’intérêt de développer les autres régions d’influence du Maroc n’aura pas priorité sur le Rif et les Béni Snassen.

La bavure du projet de la liaison ferroviaire Nador-Taourirt est un gaspillage inutile, car la ligne Oujda, Ahfir et Berkane aurait été une meilleure solution. Elle aurait desservi une grande population et c’est une ligne naturelle et directe qui devrait lier Nador-Zaio-Berkane-Ahfir-Oujda-Fès-Tanger ou Casablanca-Marrakech et Nador-Berkane-Ahfir-Oujda-Algérie et Maghreb.

Or faut-il encore citer le cafouillage et la perte de temps et le gaspillage d’argent, à deux reprises, pour créer un aéroport digne d’un bourg plutôt d’une région, démuni d’un espace de shopping et de repos, capable d’accueillir les voyageurs dans un climat favorable et exemplaire pour les marocains et les touristes qui vont se diriger vers Saïdia et le reste de la région, ou de faire leur dernier shopping au retour, dans des magasins convenables et aux normes internationales et pouvoir acheter le dernier souvenir de leur séjour dans les Béni Snassen et le Rif. Mais…, peut-être faut-il attendre un troisième plan d’aménagement de l’aéroport ou devenir un conseiller averti et privilégié pour aboutir.

Voilà le défi des Béni Snassen et des Riafa! Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, le débat est ouvert.
Oxford, Dr Ben Kirat


Dr. Ben Kirat is a freelance journalist/author and writes frequently on current Affairs

Dr. Ben Kirat

Dr. Ben Kirat was educated at Oxford and Nottingham Universities and holds a Post Graduate Certificate in Education from Westminster College Oxford, an M.A in French Studies and a PhD in International Relations from Nottingham University. He worked as a SONASID Project Co-ordinator for Davy Mackee (Sheffield UK) and has been working as an International Consultant for over 20 years, specializing in European-US affairs, North Africa and the Middle East. He was an adviser to ‘Le Quotidien de l’Economie’ (R.P.C.) Brussels Bureau. He worked previously as a Senior Lecturer at Northumbria University and M.A Supervisor in French Studies and held other post as Head of Department, Director of Studies and Marketing Manager in Colleges in Oxford and Europe. He was Examiner, Regional Co-ordinator and Examinations’ Consultant for the Institute of Linguists. He is bilingual English/French, fluent in Spanish, Amazigh and Arabic with intermediate level in Italian.
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