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Essahal Mohammed - publié le Jeudi 17 Décembre à 21:34

Régionales 2015 en France: Une mécanique électorale avec des enjeux nationaux






Au premier tour des régionales, le FN arrive en tête avec 29,5 % des voix au niveau national, devant les Républicains à 27 % puis le PS et ses alliés à 23 %, ce qui démontre que la percée croissante du FN a parfaitement eu lieu, il arrive en tête dans six régions, un choc pour la droite, comme la gauche mais aussi l'opinion publique, avec un sentiment d’exaspération et de la colère, de ce fait, il y’a un souffle important sur la France,.

Analyse des résultats du premier tour : le FN en force
Cette terrible insurrection froide se traduit par un niveau d’abstention de 50,05% : un Français sur deux n’a pas voté, les abstentionnistes sont formés par les jeunes, les ouvriers, les employés et enfin, les électeurs du gauche.

Dans ce contexte, l’avantage va aux frontistes qui se mobilisent le mieux, par conséquent, la société se détourne de ses représentants politiques traditionnels et des institutions.
Avec 29,5% des suffrages, le FN fait mieux qu'aux élections européennes de 2014 (24,9 %), aux élections départementales de mars (25,2 %), en six ans, l’extrême droite a presque triplé son score électoral puisque ses listes avaient récolté 11,4 % aux régionales de 2010.
Mais à qui profite la montée du FN ? Alors que la gauche comme la droite voient leurs espoirs de victoire vigoureusement en baisse en l’absence d’un front républicain, car la triangulaire PS- LR-FN est devenue une réalité.

Le FN bat encore son propre record sur une série d’idées qualifiées de « fantasmes », comme le remplacement de la société française par les musulmans, la sortie de l’Europe, l’arrêt du flux migratoire, le terrorisme, la radicalisation sur interne et en prisons, les mauvais chiffres du chômage, la peur de la perte d’identité des racines chrétiennes, ce qui crée des fractures, et repositionne le FN sur l’échiquier politique et devient le premier parti des jeunes, ce qui explique en partiellement, qu’une bonne partie des français adhère au diagnostic fait par le Pen, et sur cela qu’elle construit sa crédibilité.

La stratégie du FN c’est attrape-tout, d’une élection à l’autre, le FN ajoute entre 500 000 et 600 000 voix dans l’immobilisation du front républicain pour sauvegarder les valeurs républicaines à travers des réformes profondes.

Le FN a réalisé un grand pas de 10 points à partir de 2012, c'est-à-dire le FN explose quand la gauche n’est pas rassemblée et la droite en pouvoir.

le PS et LR : deux stratégies antinomiques:
Si le PS a préféré de se retirer de la compagne électorale et d’appeler ses militants à voter LR dans les trois régions en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence- Alpes- Côte-d’Azur, et la région de grand EST, par principe de responsabilité et de dignité ou plus encore « les valeurs sont plus importantes » alors que dans le reste il a osé faire des fusions.
Au contraire, les républicains ont décidé de maintenir leurs listes, cette stratégie du NI-NI décidée par le bureau politique en l’absence d’un font républicain, en niant tout accord et combine avec le PS car pour leur leader sont les seuls à rassembler face au FN en avançant que «les français sont exaspérés par la politique socialiste » et en refusant l’arrangement « derrière le dos des électeurs ».
Pour les républicains, c’est la voie de la raison, cela n’empêche pas certains ténors du LR d’afficher leur désaccord comme J-P Raffarin dans la recherche « d’une république puissante, efficace » il est apte pour faire des alliances, alors que cette unité n’est que de façade dans la foulée vers les primaires.
L’appel de M. Valls pour voter les républicains dans les trois régions (Paca, le grand Est, en pas de calais ) ne s’explique –t-il pas, par la sortie de celui-ci de son silence, pour se lancer lui aussi dans la course pour les présidentielles de 2017, alors qu’il est admis par le FN comme des « déserteurs en abandonnant leurs électeurs ».
Une alliance entre le PS et LR ne parait-elle pas comme un cadeau pour le FN car le PS bas son record dégressif dans les sondages, alors que le ni- ni permettra le rassemblement s’elle arrive à faire barrage au FN, et va faire gonfler la voie à le Pen pour les présidentielles, car pour l’extrême droite : « Nous avons des élus dans toute la France, ce qui est inédit ».
Le maintien des listes est une autre raison qui peut expliquer que le PS a aidé le FN à conquérir de nouvelles régions, car c’est facile de dire qu’on se maintient, mais derrière, certains militants, ne peuvent se maintenir, ce qui aurait été une victoire du FN.
Une possible victoire du FN estime qu’elle vaut plus de chômage, moins de sécurité, mais il faut juger sur les actes et non pas sur les paroles, de ce fait, les républicains ont besoin de crédibiliser, d’apporter des réponses nationales s’ils voulaient être le rempart devant le FN.
Le leader des républicains dans son discours après les résultats du premier tour, ne vise pas évidement les régionales, mais un projet à monter pour faire une alternance en temps et en or, car il y’a une réelle différence entre les républicains et le FN, de temps plus, il va au-delà vers les primaires pour se positionner comme leader incontestable pour les présidentielles de 2017.
Mais est-ce que la ligne présentée par celui-ci permettra d’éviter le désordre ? Ou il parait comme un sacré boulé au pied des républicains ?
élections régionales qui- est le grand perdant ?
Le désistement du PS en faveur des LR pour battre les ténors du FN, surtout dans le grand Est symbole du parlement européen crée un sentiment amère chez les électeurs du PS, alors que dans le Nord, comme le sud, le « silence effroyable» des patrons face au FN qui prône la fermeture des frontières alors que l’économie régionale est précipitée dans le monde, avec « un salarié sur quatre qui travaille dans une entreprise aux capitaux étrangers».
Les résultats montrent que la scène politique n’est plus dans la bipolarisation car le FN ramène les gens aux urnes, alors que les ruraux, les cadres, et la classe moyenne n’en croit plus au PS, et les républicains recherchent leur crédibilité pour rassembler.
Mais leader du FN qui se dit souverainiste, tente de fermer les frontières et faire replier la France sur elle-même, guidé par l’idée de sortir de l’Europe,
Du temps de l’UMPS, il n’y avait pas de grands projets, comme le contrôle des frontières, la maitrise, juridique, budgétaire et monétaire, le transport, la formation professionnelle, ces thèmes sont aujourd’hui récupérés par le FN.
Cependant, une région gouvernée par l’extrême droite offrira-t-elle plus de logements, plus d’emplois au français ? Ce qui ouvre le débat sur la sur présidentialisation et la sur bipolarisation dans la cinquième république, un débat qui se plonge au fond de la réforme des institutions.
Le FN présente-il une offre cohérente quand il dit non à la mondialisation, non à l’Europe, non à la tolérance qui met en danger la culture française, subséquemment il y’a une fragilité de la société française dans laquelle elle germe la peur, l’angoisse, l’incapacité de renouvellement des institutions.
De l’autre coté, le ni-ni divise les républicains et conteste leur président comme leader légitime de la droite, dans un conteste d’insécurité qui est une exigence de liberté, une exigence au service de l’économie.

Retrait des listes : un choix à haut risque
Le FN prendra le risque de déséquilibrer tout un fonctionnement économique et social, de ce fait, sont plusieurs électeurs du gauche qui sont prêts à voter la droite mais en écoutant le discours de son leader ils sont pris dans la dramatisation, alors que le premier ministre n’a pas fait une compagne électorale intense pour faire dissuader les électeurs à voter le FN.
Depuis 2002, sauf en 2007 le FN n’a cessé de progresser de 18% à 28% en 2015, de l’autre côté, il y’a un embourgeoisement d’un clan du PS qui se désintéresse de la classe populaire ce qui va le faire couper de ses racines.
Ce n’est pas avec le vote utile pour faire face au FN, mais avec pack de stabilité et de fédérer toutes les options qui permettent la sortie de la France de l’impasse, de la fracture sociale, en apportant des réponses concrètes particulièrement au chômage, le pouvoir d’achat, la sécurité.
Il y’a une dynamique frontiste, des réflexes gauche/droite ce qui se traduit par un rejet de la droite et de la gauche, un rejet personnalisé par conséquent un blocage dans la vie politique et une situation économique non améliorée.
Enfourcher tous les thèmes nationaux pour les traduire en compagne électorale, le résultat de dimanche 2015 a été un message d’exaspération en direction des deux partis PS- LR qui ont gouverné alternativement depuis 25 ans.
Le FN n’importe pas de solutions crédibles aux français, il faut un examen de conscience, pour analyser les résultats en 2ème tour où déjà les sondages donnent les le Pen battues, qualifiés par M. le Pen de manipulation de la démocratie par le front républicain, mais rien n’est joué sauf des grands discours de mobilisation dans les régions sensibles du nord et du sud afin de mobiliser un réservoir électoral important.
Il convient de dire que les candidats menant des compagnes sarkozistes se sont effondré au contraire des candidats qui ont menés des compagnes centristes, mais la question qui se pose pourquoi les électeurs des deux partis PS et LR se portent sur les candidats adverses pour battre le FN ?
Un second tour sous le signe de la dramatisation :
Ce sont 46 listes en lice composées de : 2 duels, 10 triangulaires, 1 quadrangulaire, le taux de participation en hausse, (19,59% contre 16,27% à midi) sauf pour la région de l’ile de France 13,60% qui se prononce lointaine et mal comprise donc c’est une raison historique.
Le rapport de force dans ce climat de dramatisation a bien fonctionné, et la tendance vers le tripartisme est devenue une réalité dans le débat de la politique européenne, l’éducation, l’affirmation de l’identité, la crise économique, le chômage en masse...ce qui demande des réponses à la hauteur des enjeux et un Etat « non frileux et apeuré ».
Abstention en baisse, un sursaut de participation avec la mobilisation des électeurs des cités à cause des résultats très serrés du premier tour où la gauche est en difficulté et tout se joue sur le différentiel des interprétations au niveau national après un mois des attentats les meurtriers qui ont frappé Paris.
Un second tour à suspens, puisque les états-majors des partis politiques appellent leurs militants à voter pour faire barrage au FN, alors que celui-ci appelle les abstentionnistes à conforter ses résultats du premier tour.
Si en 2010, le FN a obtenu 9,15 % de conseillers,, en 2015, il passé à 30% sur le chemin de se défaire du clivage gauche- droite qui a structuré la vie politique française, malgré que la presse pour lui n’a pas été équitable, et juste.
Le thème de la sécurité est mis au premier plan dans un nouveau découpage régional avec de nouvelles compétences, particulièrement celle de la Bourgogne- franche comté où la triangulaire représentera le paysage politique français pendant les années à venir.
Si le retour de leader des LP est guidé par les principes de l’union et l’unité de la famille politique, en refus de toute compromission pour faire rempart au FN, et de se présenter pour les présidentielles de 2017 n’a pas pu faire revenir les électeurs passé du côté du FN.
Lecture des résultats du deuxième tour:
La gauche 5 régions, la droite 7 régions, les régionalistes, 1 région de corse et la défaite du FN. On peut dire qu’il y’a une résistance de la gauche, car le PS a évité le pire, ce qui exige de réfléchir sur le calendrier de l’année 2016, après les compromissions faites et le recul de l’Etat de droit où il fallait mettre les moyens là où l’Etat est régalien.
Une contre-performance de la droite, ce qui demande du rassemblement, en plus actuellement la droite n’a pas de solution miracle contre le FN.
Une défaite victorieuse du FN, en accumulant 800000 voix de plus, il est fortement influent, mais extrêmement minoritaire, il se trouve en difficulté au second tour, en l’absence d’un réservoir de voix face à la mobilisation du front UMPS.
Par conséquent, ce n’est pas la victoire des partis politiques, mais la victoire des gens, car il y’a un soulagement et de la gravité, ce qui exige d’appliquer les réformes et de faire changer la vie des gens, c'est-à-dire gouverner différemment : d’agir contre la précarité, lutter contre les inégalités, retrouver le chemin de la justice sociale et territoriale, bref de l’innovation démocratique pour lutter contre le FN qui prescrit une stigmatisation des musulmans, la guerre des civilisations, la sortie de l’Europe, et bien sur, être l’alternative d’un « système entièrement coalisé ».

Quels enseignements à tirer
La paysage politique français se redessine par un rapport de force en trois blocs, désormais il fallait prendre en compte les avertissements lancées par les régionales, et de mettre de l’ordre dans le clan politique, la réduction des inégalités car les électeurs ne veulent pas du FN malgré l’argumentation de l’extrême droite que les français sont devant une oligarchie, un parti unique du système.
L’évaporation de l’électorat de la gauche, par la perte de son attractivité, car il n’y a pas suffisamment d’efforts en matière économique et dans tous les domaines, donc il faut continuer à réformer,
C’est un scrutin est une prise de conscience pour s’adresser à l’électorat du FN comme les abstentionnistes, il va changer la façon de faire la politique, et exige un devoir de lucidité,
Les partis politiques sont au pied du mur, ce qui exige de dépasser les clivages gauche- droite pour rénover les politiques publiques notamment en matière d’emploi,
Un constat qu’il n’y a pas de démocratie, ni de débat quand l’abstention est forte face au repositionnement du FN qui envoie un message d’une opposition constructive et exigeante, et lance le dilemme mondialiste qui veut faire diluer la France, contre les compatriotes qui veulent construire l’espace national.
Les sondages des présidentielles de 2017 donnent favoris le FN pour le second tour, comment va-t-il fonctionner le front républicain sachant pertinemment qu’en lendemain des régionales, les polémiques ont repris dans l’hémicycle.
S’il y’a une leçon pour l’Europe à retenir, c’est de réduire, la radicalité et les partis qui en profitent.



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