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par Christopher Boucek - publié le Vendredi 18 Septembre à 12:11

Radicalisme et radicaux : ne nous trompons pas de cible






Washington – Plongés depuis huit ans, dans ce qu’on a pu appeler une “guerre planétaire contre le terrorisme”, les responsables politiques occidentaux se rendent de mieux en mieux compte que, pour combattre des extrémistes violents, il leur faut des outils innovants. Dans des conflits de ce type, les solutions militaires peuvent avoir une conséquence inattendue : exacerber la radicalisation au lieu de la contrecarrer. La politique extérieure américaine est fréquemment exprimée comme un grief, mais des conditions locales — sociales, économiques, politiques — jouent également un rôle important. L’amélioration de ces conditions doit être un élément important de tout débat sur le terrorisme.

Pour combattre l’extrémisme, les Etats-Unis se trouvent de plus en plus impliqués dans des programmes innovants, non conventionnels. Parmi ceux-ci, un certain nombre se trouvent dans l’Africa Command (AFRICOM), créé récemment par le Pentagone. C’est que les Africains, tout autant que la communauté internationale, sont confrontés en permanence à des problèmes tels que la multiplication des actes de piraterie, la criminalité transnationale et l’intégrisme. En les aidant à traiter ces problèmes, les Etats-Unis sont amenés à consacrer une attention plus grande à l’aide au développement.

Créé en 2007, et actuellement basé en Allemagne, l’AFRICOM est souvent considéré, à tort, comme un instrument d’expansion de l’influence américaine. Mais il est vrai qu’une des grandes priorités du nouveau commandement est d’aider les pays africains à combattre par leurs propres moyens, sans intervention militaire étrangère, le terrorisme, l’extrémisme et la criminalité transnationale. De fait, son credo est « prévenir la guerre plutôt que la faire ». Dans l’accomplissement de cette mission, l’AFRICOM mène, avec les forces de sécurité locales, des opérations d’entraînement et de renforcement des capacités — en leur procurant équipements, véhicules et soutien logistique — et intensifie la coopération entre pays.

Il s’agit, pour les Etats-Unis, de coupler l’assistance aux organismes de répression nationaux avec des programmes économiques et politiques destinés à améliorer les conditions locales et à couper l’herbe sous le pied à l’extrémisme violent. Dans la corne de l’Afrique, par exemple, les Etats-Unis participent à de nombreux programmes : Djibouti, forage de puits et construction d’écoles ; Ethiopie rurale, assistance médicale gratuite ; Kenya, raccordement des écoles aux réseaux d’eau potable.
Dans ce vaste espace sous-administré qu’est le Sahel, où, agit selon les autorités militaires, Al Qaïda du Maghreb musulman, le gouvernement américain poursuit un partenariat contre-terroriste trans-saharien, en distribuant des postes de radio pour relier les gouvernements aux populations du Mali et du Niger, et en développant dans la région des programmes médicaux et vétérinaires.

Mais les Etats-Unis vont devoir être encore plus innovants s’ils entendent arrêter la violence extrémiste là où elle se déchaîne. Au-delà de l’assistance au développement, il leur faut promouvoir la transparence et l’efficacité dans l’établissement de gouvernements plus sensibles à leurs concitoyens — et donc en principe moins susceptibles de nourrir l’intégrisme.

Les Etats-Unis pourraient mettre en place des programmes pour parrainer des juges, des avocats, des journalistes et des rédacteurs des pays à majorité musulmane, afin qu’ils puissent bénéficier de stages auprès de tribunaux et de salles de rédaction américains. Washington déplore souvent la corruption dans le fonctionnement de la justice et le manque de médias fiables dans le monde musulman. Quel meilleur moyen de renforcer le bon droit, la bonne gouvernance et une information responsable que de mettre en oeuvre des échanges de travail ? À leur retour, les participants rapportent avec eux les expériences et les techniques apprises avec leurs collègues aux Etats-Unis, et les Américains, de leur côté, s’enrichissent d’une meilleure compréhension et de respect à l’égard des cultures musulmanes.

La lutte contre la violence extrémiste va exiger un investissement à long terme, mais cela pourrait aussi rapporter des bénéfices à long terme. Aide, réforme, éducation, voilà les clés à utiliser pour amoindrir l’attrait de la violence politique. C’est dans cet esprit que les Etats-Unis ont, à juste titre, entamé des programmes innovants de contre-terrorisme et de rapprochement stratégique.

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* Christopher Boucek est associé au programme du Carnegie Endowment for International Peace pour le Moyen-Orient. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews). Il fait partie d’une série consacrée à l’analyse des politiques occidentales dans le monde musulman.
Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 11 septembre 2009, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=262...


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