Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Afrique: la diplomatie algérienne multiplie les impairs à cause du... | via @lemagMaroc https://t.co/GvkvQIop7S https://t.co/fhLnSnexyU



ibn-khaldoun.com - Centre d’Etudes Internationales - publié le Lundi 28 Novembre à 15:47

Quels enseignements à tirer du scrutin du 25 novembre 2011 ?




Suite à la tenue d’élections législatives au Maroc et l’annonce des premiers résultats par le ministre de l’Intérieur, Taib Cherkaoui, quelques enseignements peuvent dès à présent être tirés.



Quels enseignements à tirer du scrutin du 25 novembre 2011 ?
Au-delà de ses enjeux purement politiques, le climat qui a entouré le scrutin du 25 novembre 2011 renvoie à la solidité de tout le processus de transition démocratique engagé au Maroc. Dans l’immédiat, ce scrutin est le premier à être organisé dans le sillage du « printemps arabe » et sous la nouvelle ère constitutionnelle après l’adoption d’un nouveau texte en 2011. Sur le long terme, il est la consécration du processus de réformes socio-économiques et politiques opérées depuis plusieurs années, notamment suite à l’accession au Trône du Roi Mohammed VI le 30 juillet 1999 et le lancement par Sa Majesté d’un projet sociétal global.

Le climat de transparence qui a donc entouré la période préélectorale, le comportement responsable des acteurs et l’esprit d’engagement qui a marqué le jour du vote sont toutes les ramifications structurantes de cette nouvelle ère démocratique.

En effet, le processus de transition ayant considérablement mûri, à l’aune notamment de la dernière révision constitutionnelle, les effets positifs des réformes se font progressivement sentir dans tous les domaines dont celui de la gestion de la chose publique. Dans cette perspective, la transparence du scrutin était l’un des principaux enjeux.

Pour ce faire, plusieurs organismes, nationaux et internationaux, déployant plus de 4000 observateurs dont 331 étrangers, ont été accrédités pour superviser le bon déroulement de l’opération de vote. Des délégations internationales ont également signalé leur présence. A ce titre, un député italien, du nom de Matteo Mecacci, membre d’une mission européenne d’observation des élections a déclaré à l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) que « Des éléments de transparence et de pluralité ressortent de ?l’?observation du vote ». Et d’ajouter qu’il n’y a pas « (…) d’indices pour dire qu’il y a eu des fraudes ».

Par ailleurs, un défi majeur qui conditionnait toute l’opération électorale était le taux de participation citoyenne. Les premières statistiques ont dénoté que la participation s’est élevée à 45%. Ce qui constitue incontestablement une évolution par rapport aux dernières législatives de 2007 où le taux n’avait pas dépassé les 37%. Certes, ce chiffre serait considéré dans d’autres conditions moins exceptionnelles comme relativement bas. Or, eu égard au caractère anticipé des élections et qui n’a pas laissé un laps de temps assez suffisant aux différentes formations politiques pour organiser leurs campagnes et pour sensibiliser les électeurs.

Et compte tenu également du lancement depuis plusieurs mois par le Mouvement du 20 février et d’autres intervenants d’une campagne, à grande échelle, appelant au boycott des élections, le résultat s’avère plus que satisfaisant. Les électeurs semblent en effet avoir mesuré l’enjeu réel du scrutin du 25 novembre 2011, qui dépasse la conjoncture politique pour toucher à tout le processus de transition du pays. Les citoyens ont également compris que les présentes élections seront un outil indispensable pour la mise en application concrète des acquis de l’ère démocratique et des apports de la nouvelle Constitution.

S’agissant des résultats, le Parti de la Justice et du Développement (PJD), d’orientation islamiste modérée, est donné pour favori avec plus de 80 sièges parlementaires acquis jusqu’à présent. Cet état des choses est en partie dû aux apports et aux garanties concrétisés par le nouveau texte constitutionnel puisqu’on se retrouve avec une formation politique qui n’avait jamais pu auparavant prendre part à la coalition gouvernementale même avec des scores élevés enregistrés lors d’échéances précédentes.

De même, de la sorte, le Maroc s’est profondément inscrit dans la dynamique du « printemps arabe » dont la première finalité était d’apporter des changements démocratiques. Aussi, la tradition pacifiste du Royaume a été encore une fois consacrée à l’instar d’une première expérience d’alternance politique, dès la moitié des années 1990, marquée par le pacifisme, d’une succession au Trône intervenue dans le calme et d’un « printemps marocain » sans ramifications négatives.

Ces résultats sont purement et simplement l’émanation de la volonté populaire qui sera respectée et témoignent du caractère démocratique des nouvelles élections. Dans cette vision des choses, le Maroc confirme sa posture de modèle démocratique régional et d’exemple à suivre pour l’ensemble du monde arabe. C’est notamment ce qu’a précisé le quotidien britannique Financial Times, sur ses colonnes du 25 novembre 2011, en indiquant que « (…) les développements politiques intervenus au Maroc pourraient offrir un modèle pour la région ». Et d’ajouter que « Le Maroc a pu, à la faveur de ces réformes, éviter les problèmes qui ont affecté certains pays [arabes]».

Suite à l’annonce des premiers résultats, le Secrétaire général du PJD, Abdelillah Benkirane, s’est dit, dans une déclaration relatée par l’Agence France Presse (AFP) « (…) prêt à un gouvernement de coalition pour défendre démocratie et bonne gouvernance » et a promis aux Marocains un travail plus « sérieux et plus rationnel ».

De l’autre côté, Salaheddine Mezouar, Secrétaire général du Rassemblement National des Indépendants, parti s’étant présenté dans le cadre de l’Alliance pour la démocratie et qui était l’un des principaux concurrents au PJD, a considéré que les élections du 25 novembre 2011 constituent une victoire pour la démocratie et n’a pas manqué de féliciter le parti islamiste pour sa victoire.

L’actuel ministre de l’économie et des finances a précisé que « (…) la nouvelle constitution offre également une position privilégiée et distinguée pour l’opposition et c’est autant de victoire pour la démocratie marocaine ».



               Partager Partager


Nouveau commentaire :
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook, Twitter ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.

Les internautes peuvent signaler des messages qu’ils estiment non conformes à ces Charte de modération en cliquant sur le bouton « Alerter ».