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Ahmed Addou - publié le Mardi 18 Mars à 09:31

Quelques réflexions personnelles sur la Mort






Le thème de la mort , sous ses multiples aspects et ses diverses modalités, a toujours hanté et hante encore un grand nombre d’écrivains, de poètes, d’artistes, de savants et de philosophes.

La mort est une réalité incontournable à laquelle chacun est confronté, qu’il s’agisse de la mort de ses proches ou de sa propre mort.
En effet, il est impossible d’ignorer la mort. Chaque jour, les journaux font état de plusieurs décès ; on croise fréquemment sur son chemin des cortèges funèbres ; on passe devant les cimetières ; on perd des membres de la famille, des amis et des voisins. Tout cela nous rappelle la mort et nous contraint à penser à notre propre mort.

Du fait que nous sommes vivants, nous sommes voués à mourir tôt ou tard. Nous devons accepter et intégrer la mort comme une dimension fondamentale de notre existence.

La mort est la seule vérité que même les mécréants et les athées ne peuvent contester ni réfuter. La mort est la seule certitude absolue que nous ayons sur notre devenir.

Ainsi, nous allons tous mourir un jour. Notre mort constitue la fin de notre passage dans ce monde précaire. La vie est donc cette courte période de notre existence durant laquelle nous assumons la mission de vicaire de Dieu sur terre (KHALIFE) et durant laquelle nous disposons du libre arbitre qui nous permet de choisir entre le bien et le mal et d’agir en conséquence.
Le jour et l’heure de notre mort sont décrétés par Dieu. L’Ange de la mort se présente alors et sépare notre âme de notre corps. C’est Dieu qui offre la vie à l’homme puis qui la reprend à l’échéance fixée : « Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours imprenables ». (An-Nisa/V.76).

Allah, exalté soit-il, a fait de la mort un intervalle séparant deux vies : la vie d’ici-bas et celle de l’au-delà.

Pour nous les musulmans, la vie d’ici-bas n’est qu’une épreuve préparatoire en vue de l’existence de l’Au-delà. Notre Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) déclare dans l’un de ses Hadiths que l’homme sagace est celui qui demande des comptes à son âme et œuvre en vue de ce qu’il aura à affronter après la mort.

Nous sommes les seuls êtres qui savent qu’ils doivent mourir. La conscience de notre mort et surtout la conscience d’être jugés pour chacun de nos actes doivent agir comme un aiguillon qui incite les croyants à toujours se remettre en question et à faire plus de bien.

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui) nous conseille de nous souvenir fréquemment de la mort et ce, dans son Hadith : « Rappelez-vous constamment du démolisseur des plaisirs et du diviseur des groupes ».(At-Tarmidi/Sahih).

En effet, se rappeler la mort favorise le renoncement à ce bas-monde, détourne le serviteur d’Allah des plaisirs éphémères et le pousse à l’accomplissement de plus de bonnes actions.

Le Prophète (PBSL) nous recommande également dans un autre Hadith de visiter les tombes : « Visitez les tombes car elles rappellent la mort ».

Ainsi, il incombe à tout musulman de se rappeler la mort, de ne pas y voir une fin, mais de réaliser qu’elle est le début de la vraie vie : une vie qui sera soit une félicité éternelle, soit un supplice perpétuel.

Tout être humain est censé savoir que la mort est la troisième d’une série de quatre étapes prescrites par Dieu et que l’homme doit traverser au cours de sa vie.

1-La première étape est la vie fœtale pendant laquelle le fœtus est dans le monde utérin.
2-La seconde étape est la vie terrestre dans laquelle nous évoluons aujourd’hui.
3-La troisième étape est la vie d’outre-tombe (HAYAT AL BARZAKH) avec laquelle nous avons tous rendez-vous, après la mort.
4-La quatrième et dernière étape est la vie dans l’Au-delà.

Cette énumération montre s’il en était besoin que la mort n’est pas synonyme d’anéantissement, de néant. La mort n’est nullement une fin, mais un moyen d’accéder à une existence encore plus consistante, plus étendue et plus effective que la vie que nous menons aujourd’hui.

Reconnaître sa mortalité, ce n’est pas renoncer à vivre parce que l’on doit mourir. C’est vivre le plus intensément possible parce que la vie aura une fin et que tout un chacun est responsable de ce qu’il aura fait ou non de son existence. Il faut s’engager de multiples manières dans la vie, construire ce que l’on peut, là où l’on est, apporter sa pierre à l’édifice, s’inscrire dans une lignée et dans une tradition.

La mort ne survient pas par hasard, mais par décret divin. Tout comme la date de naissance des êtres humains est prédéterminée, leur date de mort l’est aussi. Dieu le Tout-Puissant nous rappelle cette loi divine dans ce verset : « Personne ne peut mourir que par la permission de Dieu et au moment prédéterminé ». (Al-Imran/V.145).

Autrement dit, la vie de l’homme s’achève par la volonté du Créateur : « Dieu reçoit les âmes au moment de leur mort ainsi que celles qui ne meurent pas au cours de leur sommeil. Il retient celles à qui il a décrété la mort tandis qu’il renvoie les autres jusqu’à un terme fixé ». (Az-Zumar/V.42).

Ainsi, pour la mort, il existe un instant donné et un terme prédéfini qui ne devance pas et ne diffère jamais : « Quand leur terme vient, ils ne peuvent le retarder d’une heure et ils ne peuvent le hâter non plus ». (Al-Araf/V.34).

En outre, ce qui est certain, c’est qu’après la mort, nous n’avons que deux destinations…soit l’Enfer, soit le Paradis. Il n’y a pas d’autre destination. Allah le très Haut, en citant les deux catégories de gens après la mort, dit : « Une partie d’entre eux au Paradis et une autre partie en Enfer ». (Ach-Choura/V.7).

Si nous faisons partie des justes, les Anges placeront dans notre main droite le livre contenant le verdict et nous pourrons alors entrer au Paradis où nous attendent toutes les formes de félicité spirituelle et matérielle.

Si par contre, nous faisons partie des damnés, le même livre sera placé dans notre main gauche et nous serons alors condamnés aux tourments de l’Enfer.
Par ailleurs, parler de la mort, c’est parler aussi de la peur de la mort, ou plus précisément de la peur de mourir. Il y a d’abord la douleur physique du mourant qui souffre malgré tout le travail médical maintenant fait sur la douleur, mais qui reste insuffisant. Il y a également la souffrance morale de se voir arraché au monde des vivants.

La mort nous ronge inconsciemment. Comment parvenir à dépasser cette peur souvent muette de la mort ? En l’ignorant consciemment ? En l’affrontant héroïquement ? Ou en l’apprivoisant patiemment et en se réconciliant avec elle ?
Certains estiment qu’il est tout à fait normal et légitime d’avoir peur de mourir, parce que mourir, c’est aussi souffrir et s’aventurer dans l’inconnu.
D’autres pensent au contraire qu’il ne sert à rien de craindre autant ce à quoi nous sommes tous prédestinés.
Selon moi, le plus important, ce n’est pas d’avoir peur ou non de la mort. Ce qui importe le plus à mon sens, c’est de pouvoir mourir en paix avec soi-même et avec les autres.
Personnellement, ce n’est pas la mort qui m’effraie, mais c’est ce qui m’attend après. Pour moi, la question fondamentale n’est pas de savoir quand, où et comment je vais mourir.
« Après ma mort, qu’adviendra-t-il de moi, mon Dieu ? ».Telle doit être la question essentielle que tout vrai croyant doit se poser tout au long de son existence.
Au fil des jours et des années que j’ai vécus, j’ai vu mourir autour de moi des êtres aimés, entre autres mon défunt père. J’ai assisté à ses derniers instants ; j’aurais voulu le secourir, mettre fin à son agonie et à ses souffrances et pouvoir le sauver de la mort.
Malheureusement, je ne pouvais rien faire d’autre que pleurer, tout en récitant des versets du Coran et en priant pour le repos de son âme.
L’être humain ne prend vraiment conscience de ses limites et ne se rend compte de son impuissance que lorsqu’il est confronté à la mort des êtres qui lui sont chers ou à sa propre mort. Une mort à laquelle nous sommes tous condamnés et à laquelle personne ne peut échapper, comme le stipule ce verset coranique : « Toute âme goûtera la mort » (Al-Imran/V.185).
Une mort impitoyable et inéluctable. Une mort qui nous attend tous au tournant, qui nous prend au dépourvu et qui ne nous demande guère notre avis ni notre consentement.
Au moment où mon défunt père agonisait et s’apprêtait à rendre l’âme, moi, j’invoquais Allah l’Omniprésent, l’Omniscient et l’Omnipotent pour qu’un miracle se produise, pour que Dieu prolonge la vie de mon père, pour qu’il lui accorde encore quelques années, quelques mois, quelques semaines, quelques jours, quelques heures, quelques secondes encore.
J’espérais un miracle et j’attendais un signe de Dieu pour qu’il ordonne à l’Ange de la mort d’arrêter la mise à mort, pour qu’il accorde à mon père, sinon sa grâce, du moins un sursis.
Mais au fond de moi-même, je savais que c’était impossible et qu’il n’y aurait pas de dérogation à la règle. La mort obéit à un processus qui est irréversible.
De tout mon être, je formulais des vœux pour que mon père se réveille, pour qu’il me regarde et me reconnaisse, pour qu’il puisse me parler et m’entendre.
Mais mon père ne pouvait plus bouger, ne pouvait plus me voir, ne pouvait plus me parler, ne pouvait plus m’entendre, ne pouvait plus respirer.
Devant la mort, l’homme s’avère impuissant. Qui que nous soyons, nous subissons la mort. Quoi que nous fassions, nous ne pouvons pas l’éviter.
L’être humain oublie souvent ou feint d’oublier qu’il n’est rien et que rien ne lui appartient vraiment dans ce monde éphémère. Nous appartenons corps et âme à notre Créateur. Même nos biens ne nous appartiennent pas. Nous en sommes seulement les dépositaires.
L’homme n’est rien dans cet immense univers, un néant par rapport à l’infini, un grain de sable.
« Homme, souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ».
Tous les « grands » et « puissants » de ce monde, tous les tyrans, tous les dictateurs, tous les criminels de guerre, tous les terroristes, tous les oppresseurs, tous ceux qui ont fait du mal leur credo, tous ces gens là peuvent être certains que le jour du jugement dernier, ils ne bénéficieront d’aucune immunité ni d’aucune impunité , qu’ils vont tous rendre compte de leurs actes et qu’ils vont payer pour tous leurs péchés, pour tous leurs méfaits et pour tous leurs crimes.
Pour terminer en beauté ces quelques réflexions sur la mort, il n’y a pas mieux que la prière. J’invite tous les lecteurs à se joindre à moi pour invoquer Allah le Clément, le Miséricordieux.
Seigneur, pardonne-moi mes péchés et place-moi à ma mort avec les gens de bien !
Seigneur, purifie mon cœur des péchés comme on purifie un vêtement blanc de toute souillure ! Eloigne-moi de mes péchés comme tu as éloigné le couchant du levant !
Seigneur, préserve-moi des épreuves et du châtiment de la tombe !
Seigneur, je t’implore à genoux de consigner le livre de ton humble serviteur dans le « ILLIYIN ».
Seigneur tout-puissant, fais en sorte que le jour du jugement, je reçoive mon livre dans la main droite et que je retourne réjoui auprès des miens !
Seigneur, fais en sorte que je sois le jour du jugement parmi ceux qui seront conduits par groupes au Paradis, ceux à qui on dira : « ô toi, âme paisible ! Retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée. Entre donc parmi mes serviteurs. Entre dans mon Jardin ».
Ô Maître de l’univers, fais en sorte que ce jour-là, je sois parmi « les visages resplendissants qui contempleront leur Seigneur » ! AMEN !

AHMED ADDOU
Enseignant à Oujda


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