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Adil Alifriqui - Lemag - publié le Vendredi 27 Décembre à 17:07

Qatar : Le trépied d’une stratégie d’influence internationale ‘excessiviste’




Lemag : Le Qatar, dont l’émir, le Cheikh Tamim, arrive aujourd’hui à Marrakech, pour une visite officielle au Maroc, sur invitation du Roi Mohammed VI, se bat à tous les champs, pour exister sur la scène internationale.



De droite à gauche, l'Emir du Qatar Cheikh Tamim et son père démissionnaire Cheikh Hamad
De droite à gauche, l'Emir du Qatar Cheikh Tamim et son père démissionnaire Cheikh Hamad
Petit par le volume, géographiquement, démographiquement et humainement, le petit émirat du Qatar, richement doté de ressources gazières conséquentes, sonne fort pour paraitre.

Ayant décliné dans les années 70, l’invitation de Cheikh Zaied de rejoindre la fédération bédouine des Emirats Arabes Unis, le Qatar, hormis son minuscule volume, a toujours était jaloux de son indépendance vis-à-vis de ses grandissimes voisins, la toute imposante Arabie Saoudite, le très agressif Irak et la très ‘dangereuseIran.

Cette indépendance légitime, vire vite à un désir aveuglé de domination, avec l’arrivée au pouvoir du Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani, qui renversa dans les années 90, son propre père.

Une stratégie se dessina dés lors à Doha, pour se confectionner une surbrillance sur la carte de la région et sur la scène internationale, laquelle surbrillance a fini par donner lieu à des écarts inadéquats du Qatar sur différents sujets de l’actualité internationale, le dernier en date, l’embourbement dans le conflit syrien.

Questionné sur le Qatar, vendredi dernier, lors d’une interview sur une chaine télé égyptienne, le journaliste et ex-ministre égyptien, Mohamed Hassanein Heikal, eu cette lucide réponse : ‘‘Nos amis du Qatar doivent comprendre qu’en politique internationale, être riche ne veut nullement dire qu’on est fort’’.

Très justement, Mohamed Hassanein Heikal, pu résumer la stratégie de la force telle que imaginée par le Qatar.

En effet, renfermant l’un des plus gros réservoirs mondial de Gaz naturel, le petit émirat, n’ayant qu’une petite population, qui ne coute pas trop cher à l’entretien, a consacré le gros de ses crédits, au financement de la réalisation d’un rêve, un empire universel du Qatar.

Pour cela, un trépied fut défini, pour asseoir dessus, cette ambition de grandeur, qui prit intermittemment, des allures de délire.

Trois axes font ainsi la stratégie d’existence influente du Qatar dans le monde, en attendant de voir le changement, s’il y en a, qu’opérerait le nouvel Emir Tamim :
 
  - La diplomatie des fonds souverains d’investissement
  - La puissance médiatique via le bouquet Al Jazeera
  - Le sport comme support de visibilité dans le monde

En effet, voulant mettre sous sa pression, les décideurs des plus grandes puissances occidentales, le pouvoir Qatari s’est lancé via ses multiples fonds souverains, alimentés de centaines de milliards de dollars, dans des achats massifs, d’avoirs dans de nombreux grands groupes économiques en occident.

Via sa présence dans les conseils d’administration des plus imposantes entreprises de l’occident, le Qatar voudrait dicter ses volontés aux Etats et par la même, s’acheter leurs silences sur ses manquements.

La même volonté l’anime, lorsqu’il a choisi de créer son très couteux bras médiatique, qui été très influent avant les révoltes arabes, le groupe de télévision Al Jazeera.

La chaîne s’enorgueillit en effet, d’être la créatrice et l’animatrice du printemps arabe, qui a fini par renverser nombreux régimes dans la région MENA.

Le Qatar, emporté par ses victoires imaginées, sur plus gros que lui dans la région, nommément l‘Egypte de Hosni Moubarak, s’est mis à scander sa toute puissance et s’est lancé dans la foulée, dans des campagnes militaires, comme fut le cas en Libye ou de financement de guerre comme c’est le cas en Syrie.

Enfin, le sport ; très justement remarquant que c’est le produit le plus influent de la planète, le Qatar s’est consacré à s’y positionner, d’abord en s’accaparant des droits télé des plus grands événements sportifs du monde, et puis en s’accrochant à des leviers d’image comme le club catalan, FC Barcelone, pour in fine, arriver à remporter douteusement et scandaleusement, l’organisation de la coupe du monde FIFA de football 2022.

Le Qatar, mu à ces débuts, d’une ambition d’indépendance régionale toute légitime, a vite été pris dans un courant d’excessivisme, qui l’a plongé dans une folie des grandeurs, bien couteuse en deniers présents et futurs.

Pour plus de détails sur cette stratégie qatarie d’influence internationale, la Compagnie Méditerranéenne d’Analyse et d’Intelligence Stratégique (CMAIS) de Rabat, a produit une monographie sur les moyens utilisés par l'émirat du Qatar dans sa stratégie d'influence à l'échelle internationale.

Cette monographie est consultable, pour d’amples données, en ligne.



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