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Mohamed Laaroussi - publié le Mercredi 3 Octobre à 10:45

Public-privé : mais où va-t-on ?!?




Il y a quelques jours, je suis passé en coup de vent, histoire juste de me marrer un peu, sur cette énorme décision prise par notre sympathique et néanmoins remuant ministre de l’Education Nationale. Il s’agit, rappelez-vous, du rappel sans appel des enseignants du public qui arrondissent leurs fins de mois dans le privé, de regagner illico-presto leur base de travail.



Public-privé : mais où va-t-on ?!?
Comme vous savez, cette pratique très courante, très sonnante et trébuchante, existe depuis des lustres, et semblait arranger tout le monde, à commencer par les instits et les profs eux-mêmes et elles-mêmes, mais aussi, les écoles et instituts privés, les enfants qui y étudient et leurs parents qui les y mettent. Les seuls qui n’en profitent pas, ce sont les pauvres élèves du non moins pauvre enseignement public.  

Si ceux qui ont lu mon petit mot pour rire sur la chose s’en souviennent, j’avais écrit – pardonnez-moi de me citer - « … je ne vois pas pourquoi on priverait des élèves ou des étudiants du privé de compétences qui n’existent que dans le public… Par contre, je pense qu’il est très anormal que des profs payés avec des deniers publics, consacrent l’essentiel de leur temps, de leur énergie et de leur qualification à leurs « clients » du privé, et se contentent de faire acte de présence dans leur lieu d’emploi d’origine… ».

Non, je n’ai pas changé d’avis depuis. En effet, fort de plusieurs témoignages que j’ai glanés ça et là, et de mes propres investigations totalement désintéressés, je suis en mesure de vous confirmer que si l’intention de notre cher ministre est tout ce qu’il y a de plus louable, sa mise en pratique, ici et maintenant, dans le Maroc d’aujourd’hui, est des plus aléatoires.

Je vous donne quelques éléments pour vous éclairer un peu. Alors que la rentrée est largement entamée, beaucoup d’écoles privées vivent dans l’incertitude car plusieurs de leurs collaborateurs qu’ils « importaient » des institutions étatiques, sont assis entre deux chaises : ils veulent bien faire l’école publique buissonnière et se diriger vers l’école privée nourricière, mais ils ont peur de perdre leur place. Du coup, ils sont nulle part : ils ont le corps dans leur classe et la tête – et les poches - ailleurs. Cependant, certains cascadeurs ou je-m’en-foutistes n’hésitent pas à sauter le pas, au risque  de se retrouver carrément… je ne sais où. En fait, connaissant un peu mon pays et ses responsables, anciens ou nouveaux, je ne suis pas sûr que les contrevenants risquent quoi que ce soit. En attendant, ce sont nos enfants, qu’ils soient dans le public ou dans le privé, qui vont continuer de souffrir de ce système de classes ambigu, incohérent, irrationnel et, surtout, hypocrite.

N’ayant pas de solution-miracle à vous proposer, je vais sauter du coq à l’âne, tout en restant dans le même registre : le n’importe quoi. Il y a 2 ou 3 jours, j’ai lu que notre ministre de la santé - pour lequel j’ai également beaucoup de sympathie - vient de prendre une initiative qui constitue l’exact contre-pied de celle de son collègue de l’enseignement : il fait un appel du pied - pour ne pas dire qu’ils les tire par la manche – les médecins du privé pour qu’ils viennent faire des heures sup, pas trop payantes, c’est vrai, mais payantes quant même, dans les hôpitaux publics.

Si je crois avoir pigé les raisons objectives de cette supplication liée au manque de personnel médical, je n’arrive pas à imaginer pourquoi un médecin choyé dans le privé, et qui, dans beaucoup de cas, avait pris son DVD, reviendrait bousiller sa santé dans un hôpital sinistré de l’Etat ?!? A moins qu’il n’ait la nostalgie des fameux certificats médicaux qui ne lui coutaient pas cher et qui lui rapportaient si gros. J’arrête là mes délires, et vous souhaite un très bon week-end fin dans le plus hilarant pays du monde.

(Cette chronique a été publiée dans Aujourd’hui Le Maroc du vendredi 28 septembre 12)



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