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Ahmed Naji - publié le Samedi 6 Avril à 11:32

Promouvoir la coopération tripartite Maroc- France-Afrique subsaharienne face à la déferlante chinoise




La visite du président français, François Hollande, au Maroc est intervenue juste après la tournée de Sa Majesté le roi Mohammed VI en Afrique sub-saharienne, où il a visité le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Gabon, pays qui ont également d’excellentes relations avec la France. Une coïncidence qui met en exergue le rôle pivot que joue le royaume entre la France et l’Afrique sub-saharienne, et ce, aux niveaux, géographique, politique, économique et sécuritaire.



Promouvoir la coopération tripartite Maroc- France-Afrique subsaharienne face à la déferlante chinoise
Les temps ne sont pourtant plus aux discours grandiloquents sur la profonde amitié entre les pays francophones, ni même aux thèses complotistes sur une certaine « Françafrique », la redistribution des cartes géoéconomiques en cours à l’échelle mondiale ayant changé les paradigmes. Même le concept classique de division du monde en un « Nord » riche et industrialisé et un « Sud » pauvre et sous-développé perd de sa pertinence. Depuis l’année 2009, c’est la Chine qui occupe le rang de premier partenaire commercial du continent africain. La Chine a également planifié d’importants investissements en direction des pays africains pour la période allant des années 2013 à 2015. Avec quelques 2.000 entreprises chinoises qui brassent plusieurs milliards de dollars de chiffres d’affaires en Afrique, c’est de « Chinafrique » qu’il est de plus en plus question dans la presse africaine.

Le cas de la Chine demeure particulier, puisque ce pays, outre son appétit pour les matières premières destinées à alimenter son expansion industrielle et des débouchés pour ses produits manufacturés bon marchés, est le seul à exporter des milliers de travailleurs qui vont dans les pays d’Afrique pour ériger des infrastructures au rapport qualité prix inégalé. Pour un salaire plus élevé à celui qu’ils perçoivent en Chine, ou le salaire minimum varie entre 100 et 180 euros, un nombre croissant de travailleurs chinois arrivent en Afrique sub-saharienne. Selon des sources officielles chinoises, il y aurait 1 million de travailleurs chinois en Afrique. M. Zhong Jianhua envoyé spécial de la Chine en Afrique, avait même déclaré à l’agence Reuters : « Nous avons fait savoir aux entreprises chinoises qu’elles ne pouvaient pas employer uniquement des travailleurs chinois (NDLR : dans les chantiers en Afrique) et je pense que la plupart ont saisi le message ». De toute les manières, le sort des employés africains des entreprises chinoises actives en Afrique sub-saharienne est loin d’être enviable, à en croire leurs déclarations aux médias, au cours de manifestations de protestations, de plus en plus nombreuses, contre les conditions de travail et la faiblesse des salaires, moins de 100 euros par mois, versés par les employeurs chinois.   

Cette autre tendance lourde qu’est la démographie a, pour sa part, d’ores et déjà tracé sa propre esquisse de ce que sera le monde du XXIème siècle, mais avec un impact socio-économique différencié selon les régions. Si la France enregistre un indice de fécondité de 2,01 enfants par femme et le Maroc, 2,19, il est de plus de cinq enfants par femmes dans les pays d’Afrique sub-saharienne, ou se situent les deux tiers des pays les moins avancés de la planète. La coopération tripartite Maroc- France- Pays d’Afrique subsaharienne a l’avantage de répondre au mieux de chacun, dans un véritable partenariat gagnant- gagnant.

La France a plus de chance de sauvegarder et d’accroître ses parts de marchés dans une Afrique sub-saharienne devenue un espace ouvert à la compétition commerciale mondiale, en s’appuyant sur le Maroc, qui dispose d’une main d’œuvre qualifiée et francophone pour un coût salarial compétitif. Le royaume quant à lui affiche son ambition de se positionner en une plate-forme logistique régionale. Le Maroc a en effet plus de chance de développer rapidement son appareil industriel grâce à un transfert du savoir-faire français, à travers l’implantation d’unités de production et de filiales d’entreprises françaises de grand renom. Cela lui permettrait notamment de renforcer et de diversifier ses exportations à destination des pays d’Afrique sub-saharienne avec lesquels il entretient des relations commerciales soutenues. Les pays d’Afrique sub-saharienne augmentent leurs chances de se dépêtrer du sous-développement en renforçant leurs liens de coopération sud-sud avec le Maroc, pays africain émergent avec lequel ils entretiennent des relations qui ne sont pas seulement économiques, mais également politiques et culturelles.

Maintenant que la prise de conscience des enjeux de la nouvelle compétition mondiale pour la conquête des parts des marchés mondialisés est largement partagée des deux côtés de la Méditerranée, un partenariat tripartite stratégique, entre le Maroc, la France et les pays d’Afrique sub-saharienne relève plus de la nécessité que du simple discours politique.

Ahmed Naji
Journaliste


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