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Batuhan Görgülü - publié le Mardi 23 Juin à 15:03

Promouvoir l’amitié à l’échelle internationale






Istanbul – Il y a quelques années, lorsque j’ai été accepté comme étudiant d’échange dans le cadre d’AFS Intercultural Programs - organisation axée sur le bénévolat et les liens interculturels qui œuvre pour un monde plus juste et plus pacifique à travers les échanges d’étudiants – je m’en suis énormément réjoui. Quitter la Turquie pour vivre une année aux Etats-Unis dans une famille d’accueil était une expérience toute nouvelle pour moi.

Dès mon arrivée en Amérique, je rencontrai mon « frère » de la famille d’accueil, Jeremy. Après avoir passé à peine quelques heures ensemble, nous découvrions à notre grande surprise que, même si nous vivions pratiquement à des points opposés de la planète, nous apprécions le même genre d’émissions de télévision, que nous faisions dans l’ensemble les mêmes activités et que nous écoutions souvent la même musique.

Nous avions été élevés dans des villes différentes, aux cultures différentes, par des parents différents, mais tout ce qui comptait alors pour nous était de savoir qui nous étions en tant que personnes et d’apprendre à se connaître.

Avant d’arriver aux Etats-Unis, j’avais prévenu ma famille d’accueil que je jeûnerai pendant le Ramadan et qu’il s’agissait là d’un des cinq piliers de l’islam. Faisant preuve de solidarité et de prévenance à mon égard, les membres de la famille m’avaient répondu qu’ils attendraient et dîneraient à l’heure où je romprais le jeûne.

Le respect que j’ai ressenti de la part de mes amis et de la famille d’accueil aux Etats-Unis m’incita à faire preuve du même respect à leur égard et de prendre part à leurs fêtes de Thanksgiving et de Noël. A Noël, justement, j’avais assisté à une messe à laquelle j’avais eu le sentiment d’avoir été le bienvenu. Nous avions ensuite écouté des chants de Noël, partagé un repas ensemble et échangé des cadeaux – tout ce qui rapproche la famille, comme pendant la période de l’Aïd.

Quand je suis reparti en Turquie, Jeremy et moi sommes restés en contact, puis il est venu me voir l’été dernier. Par hasard, les deux dernières semaines où il était ici coïncidaient avec le début du Ramadan, ce qui m’a permis de lui expliquer cette tradition avec plus de précision, tout en lui faisant savoir que cela ne poserait aucun problème s’il ne se joignait pas à nous pour l’iftar, repas du soir pendant lequel on rompt le jeûne.

En dépit de son scepticisme à l’égard des religions organisées, Jeremy s’est montré intéressé et en aucun cas critique. Pour essayer de comprendre ma religion et ma foi, il a décidé de faire l’expérience du jeûne par lui-même. Il se réveillait avec le reste de la famille pour manger avant la prière du matin et n’avalait plus rien jusqu’au crépuscule.

Même si au début, il trouvait l’expérience difficile, il a avoué qu’une fois le jeûne rompu, il avait eu l’impression de manger le meilleur repas de sa vie et que l’aspect le plus positif de cette expérience était de voir tout le monde se parler pendant le repas.

Jeremy a continué son jeûne jusqu’à son départ. Depuis notre première rencontre jusqu’à ce jour - notre relation n’a fait que s’approfondir.

Lorsque nous sommes confrontés à un problème, nous le résolvons en tenant compte des deux points de vue, en nous mettant à la place de l’autre et en étant fidèles aux principes d’empathie et de respect - même si nous ne sommes pas d’accord. Le modeste exemple de notre amitié, qui a tenu dans le temps, montre comment l’ouverture d’esprit aboutit à une compréhension mutuelle.

Dans toutes les discussions de ces dernières années portant sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, il a surtout été question de savoir si les valeurs de ce pays sont ou non compatibles avec l’identité dite judéo-chrétienne de l’Europe. Or affirmer qu’une culture différente pourrait provoquer une instabilité au sein de l’Union européenne reflète tout simplement la peur de l’inconnu.

Comme le montre ma relation avec Jeremy, les gens pourraient comprendre et comprennent en réalité ceux qui sont différents d’eux. Ce qui est possible à une toute petite échelle entre des individus est aussi possible à plus grande échelle, entre les communautés et les nations.

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* Batuhan Görgülü, étudiant en première année d’économie à l’Université de Koç, s’intéresse aux relations internationales. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground, 16 juin 2009,
www. Commongroundnews.org
Reproduction autorisée.


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