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Belkouch Hicham - publié le Lundi 29 Juillet à 16:18

Processus de démocratisation au lendemain du Printemps arabe






Processus de démocratisation au lendemain du Printemps arabe
Nul ne peut fermer les yeux sur la crise politique économique et sociale qui s’acharne aujourd’hui sur les pays de la région au lendemain du Printemps arabe, où le peuple commence à perdre toute confiance en les institutions nationales et à remettre en question encore une fois la légitimité des régimes actuels.

Ces différentes expériences, ont bien prouvé que tout processus de démocratisation doit répondre à certaines conditions préalables pour qu’il puisse aller dans le bon sens. Je note en tête de liste, une élite politique capable de répondre aux défis majeurs de ces pays là et de la région en général. Car ce qui risque de désorienter le processus de démocratisation pour lequel le peuple est sorti revendiquer plus de liberté, de dignité et de justice sociale, c’est leur élite politique qui n’a pas su orienter le trajet de changement dans le bon sens et qui n’ont pas su répondre aux revendications des peuples, mais qui sont resté plutôt cadré par leur propre vision des choses et leur intérêt personnel en oubliant l’intérêt général pour lequel le peuple est sorti le premier jour.

Après la chute des régimes autocratiques de certains pays, ces derniers avaient besoin d’une élite qui puisse donner naissance à une plateforme d’entente qui puisse rassembler toutes les catégories sociales quel que soit leurs idéologies (communiste, socialiste, capitaliste, libéral, islamiste, jem’enfoutiste …). Il suffit de revenir à l’expérience égyptienne pour savoir que les islamistes des frères musulmans et le courant laïc ont perdu leur temps à mener de faux combats en jouant un bras de fer idéologique qui, d’un côté n’a pas pu répondre aux revendications populaires, et d’un autre côté, a permis à l’armée égyptienne de revenir en force sur le champ politique et de remettre le compteur de la transition démocratique à zéro.

Il est important de noter que les expériences les plus réussites en matière de transition démocratique sont celles où la classe politique, avec ses différences idéologiques, s’est mise d’accord sur un terrain d’entente et sur un projet de société commun. Nous pouvons très bien revenir à l’expérience de l’Afrique du Sud, où son élite politique, à savoir Nelson Mandela qui représentait la "population noire" et Frederik de Klerk la "population blanche", a su montrer une grande maturité et traiter les questions primordiales afin de gérer le conflit qui régnait sur leur société en se mettant d’accord sur un terrain d’entente qui a pu rassembler toute la population peu importe sa couleur de peau … Et voilà ce qu’en est aujourd’hui l’Afrique du Sud.

Je ne peux nier que je me suis toujours opposé à l’islamisme politique et je le ferai toujours. Mais autant que démocrate et défenseur des droits humains, je ne peux accepter que l’armée tue des citoyens égyptiens pour la simple raison de leur appartenance au Frères musulmans.

D’un côté, il ne faut non plus pas oublier que l’islamisme politique en particulier ou l’extrémisme politique en général, est plus fort dans les régimes où il est opprimé par ce dernier, tandis qu’il chute et s’affaiblit dans les pays qui lui donnent la possibilité d’accéder au pouvoir. Pour la simple raison que lorsque ce courant idéologique prend la responsabilité de diriger un pays, le peuple se rend compte et mesure son incapacité à gérer les problèmes de fond de la société. Tandis que lorsqu’il est opprimé, on lui donne une plus grande valeur que celle qu’il mérite.

D’un autre coté, l’oppression ne peut que conduire à la violence et la haine. Ces gens là ne naissent pas extrémistes, mais on les poussent à le devenir avec de tels actes.

On ne peut commencer à bâtir une démocratie dans n’importe quel pays sans que sa classe politique ne trouve un terrain d’entente rassemblant toutes les tranches sociales du pays. Dans le cas contraire, la démocratie n’est plus un but, mais un outil utilisé par les courants politiques pour s’approprier le pouvoir et imposer la dictature de la majorité.

Ce qui me pousse à me demander si nous sommes en train d’entamer un processus de démocratisation au lendemain du Printemps arabe ? Ou sommes-nous juste en train de redonner naissance à d’autres régimes totalitaristes portants d’autres couleurs politiques et d’autres idéologies ?

La seule façon pour ces pays là de donner naissance à un vrai processus de démocratisation est que la classe politique,de l’extrême gauche à l’extrême droite, sache que, comme avait dit Mahmoud DARWICH, « Nous serons un peuple, quand nous réaliserons que nous ne sommes pas des anges, et que le mal n’est pas forcément le produit d’autrui ».


Tagué : Belkouch Hicham

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