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Ahmed Hamdaoui - publié le Mercredi 27 Février à 12:17

Problèmes de la circulation au Maroc : le calvaire des piétons






Ahmed Hamdaoui
Ahmed Hamdaoui
A chaque fois qu’on parle des problèmes de la circulation au Maroc, la responsabilité est toujours rejetée sur les citoyens. Quand ces accidents surviennent sur des routes bien goudronnées, avec une bonne signalétique horizontale et verticale, avec un bon éclairage ou une bonne signalisation lumineuse la nuit, alors là oui, on veut bien être d’accord avec nos responsables. Dans presque toutes les statistiques officielles au Maroc, 80 % des accidents de la route et même dans les zones urbaines sont imputés à des erreurs humaines !…Nous venons d’assister à un large débat national sur le drame des accidents de la circulation au Maroc et j'en suis resté un peu sur ma faim.

A travers cette chronique je voudrais rebondir sur certains discours de nos responsables et parler d’un aspect particulier du problème qui me tient beaucoup à cœur : le calvaire des piétons au Maroc et particulièrement dans les agglomérations urbaines. Je vais rentrer droit dans le vif du sujet, si vous venez de Marrakech à Casablanca, en sortant de l’autoroute, vous pouvez déboucher sur un grand boulevard, boulevard Brahim Roudani où vous aurez à traverser un long tunnel et à la sortie du tunnel si vous n’êtes pas averti, vous risquez d’écraser un piéton ou un cycliste traversant le boulevard juste à la sortie du tunnel !... Eh oui parce que vous débouchez dans une zone commerciale et résidentielle très animée et très fréquentée… zone où il est tout à fait normal que les gens aient besoin de traverser la route…

Alors dans ce cas de figure et si un accident survient à la sortie du tunnel, qui est responsable ? (Sachant qu’il n’y a rien de prévu pour que les piétons puissent traverser en toute sécurité et sans déranger les automobilistes qui sortent d’un tunnel à double voie et que le premier feu rouge est loin bien loin de la sortie du tunnel). Des exemples comme celui là vous en trouverez partout ailleurs au Maroc.

Pour fluidifier la circulation et éviter les embouteillages, on commence de plus en plus à voir dans nos villes des feux de signalisation sauter pour laisser place à des ronds-points. Quand ces ronds-points ou carrefours giratoires sont bien conçus et bien signalés, ils peuvent effectivement désengorger certains croisements, mais quand ces carrefours giratoires sont installés en pleines zones d’habitations ou à proximité des écoles ils deviennent un vrai calvaire pour les piétons.

Pourquoi construit-on au Maroc des Ecoles, des Lycées et même des Facultés sur le bord d’axes routiers très fréquentés et sans prévoir les solutions pour que les enfants, les élèves et les étudiants puissent traverser la route en toute sécurité.

A Marrakech, ville où j’habite et je travaille depuis un certain nombre d’années, il devient très difficile de marcher en toute sécurité. Les trottoirs sont souvent utilisés comme extensions de terrasses de cafés ou comme jardins privés de villas ou comme parking… Quand on sait que cette ville est une ville touristique par excellence et que les touristes sont les principaux piétons de la ville, on touche là à un autre impact du problème, un impact économique. En effet, des touristes étrangers, et particulièrement les plus âgés d’entre eux, sont terrorisés quand ils veulent traverser certaines routes et même quand le feu de signalisation pour les voitures est rouge… Ces mêmes touristes, pour fuir la circulation de la ville, cherchent à aller à la place Jamaâ El Fna pensant que là ils auraient la paix… Or pensez-vous?... Là survient un autre problème qui est très énervant et dérangeant : les utilisateurs des véhicules motorisés à deux roues, ces vélomoteurs qui non seulement constituent un risque pour les piétons mais qui rendent l’atmosphère irrespirable dans ces petites ruelles des souks de commerce de l’artisanat. Sans oublier la pollution sonore causée par les klaxons de ces véhicules motorisés.

Voilà donc un problème qui transforme des lieux dont le charme repose principalement sur leur calme et leur sérénité accoutumée jadis et qui devraient être une excellente source de revenus pour les commerçants, voilà donc que ce problème les transforme en calvaire pour la majorité des touristes et visiteurs.

Alors je réitère ma question posée plus haut : qui est responsable de tous ces problèmes ? Et qui doit leur trouver des solutions ?
Serait-ce réellement les citoyens ?...

Ahmed Hamdaoui
Professeur à l’Université
Cadi Ayyad. Marrakech


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