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MAP - publié le Vendredi 9 Octobre à 12:54

Prix Nobel: Quant le Quartet évitait à la Tunisie le spectre de la guerre civile



Tunis - En se voyant décerner le Prix Nobel de la paix, le Quartet du dialogue national est récompensé pour ses efforts historiques ayant évité à la Tunisie le spectre de la guerre civile, qui menaçait le pays suite à une gravissime crise de gouvernance ayant résulté des assassinats politiques de 2013.



En effet, le Quartet s'est imposé, à un moment critique et à une époque charnière de l'histoire nationale, comme la planche de salut d'un pays divisé sur tout et gagné de la peur de connaître le même sort tragique qui se réalisait dans d'autres pays de la région ayant connu des changements de régime.

Le 6 février 2013, Chokri Belaïd, l'un des leaders emblématiques de la gauche tunisienne, est assassiné devant son domicile, après avoir longtemps fait l'objet de menaces de mort de la part de groupes extrémistes. Le 25 juillet de la même année, Mohamed Brahmi, membre de l'Assemblée constituante et figure de l'opposition, sera abattu de la même manière et apparemment avec la même arme.

Conjugués aux trébuchements patents du processus de transition démocratique enclenché à la suite de la Révolution de 2010-2011 et à une crise économique étouffante, ces deux assassinats étaient à même de plonger la Tunisie dans le précipice, si ce n'est le travail de premier plan mené par le Quartet pour faire entendre la voix de la raison et ramener tous les protagonistes à la table des négociations.

La force de cette structure est de rassembler des parties jouissant, à la fois, d'une légitimité militante historique et d'une représentativité indéniable au sein des différentes couches sociales.

Ayant réussi en 2012 à mener à bien des négociations sociales sans précédent, l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt) et l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica, patronat) seront rejointes, au courant 2013, par la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) et l'Ordre des avocats au pic de la crise politique.

Ensemble, ils ont constitué un front de choc avec la mission d'apaiser les tensions, rapprocher les vues et surtout rassurer les citoyens, terrifiés par l'escalade de violence et la montée de la menace terroriste.

En ce moment, l'opposition et la société civile laïque continuaient de contester la légitimité des institutions intérimaires, menées par le mouvement islamiste Ennahda auquel on attribuait une volonté hégémonique au sein de la Troïka au pouvoir et le désir de mettre la main sur les leviers de l'appareil d'Etat.

Alors, l'objectif prioritaire du Quartet était d'amener islamistes et modernistes à entrer dans un dialogue national devant aboutir à de nouvelles règles claires et acceptées de tous au sujet de la transition.

Au terme d'âpres négociations, 21 partis politiques, dont Ennahdha, ont fini par signer une Feuille de route fixant un échéancier bien défini sur les prochaines étapes.

Ce qui fut fait. Une nouvelle Constitution sera adoptée le 26 janvier 2014. Les élections législatives auront lieu entre octobre et décembre de la même année.

L'attribution du Prix Nobel au Quartet intervient à un moment où la Tunisie est confrontée à nouveau à des divisions politiques bien marquées et à une crise politique qui se profile à l'horizon. Le Nobel saura-t-il ramener tout le monde à la raison?

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