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Abdelkarim Chankou - publié le Vendredi 10 Août à 14:14

Printemps arabe ou quand la nature a horreur du bide




Après le putsch blanc qui a pris « accidentellement » la forme d’une révolution populaire (si presque tout le monde ignore ce fait c’est surtout parce que la France n’a rien vu venir), la fièvre des coups d’état militaires, déguisés en révolutions des peuples, a gagné peu-à-peu l’Egypte et la Libye où les deux potentats locaux ont connu la déchéance. Seuls des « démocraties populaires » comme le Yémen, l’Irak, l’Algérie et la Syrie résistent encore.



Printemps arabe ou quand la nature a horreur du bide
Le Yémen grâce à l’Arabie saoudite qui ne veut pas que son voisin « chéri » sombre dans le chaos. L’Irak grâce aux Etats Unis qui veulent que la perte de leurs 6000 soldats  dans ce pays serve au moins à quelque chose. Et à l’Iran qui s’accroche au Premier ministre chiite Nouri Al Maliki. L’Algérie dont la junte se maintient encore en place grâce  au soutien de Paris et aussi grâce au voisin marocain présenté au vulgum pecus algérien comme l’épouvantail  par excellence. Enfin la Syrie. Là c’est un peu plus compliqué, on le verra plus loin. Le pays du Cham est en fait le théâtre de luttes intestines entre les grandes puissances qui tiennent les cordons du Conseil de sécurité onusien.

Bref, vous l’aurez peut-être remarqué, ces révolutions arabes sont bizarres. Elles le sont d’autant plus que leurs sponsors par conviction ou par procuration sont des monarchies arabes ! Pour les adeptes de Marx ou de Voltaire, c’est le monde à l’envers. Et comment ! Après des décennies de vaines tentatives de renversement de la monarchie marocaine par la Jamahiriya libyenne et la démocratie populaire algérienne, après des décennies de tentatives infructueuses de renversement de la monarchie saoudienne par les républiques arabe d’Egypte nassérienne (et post-nassérienne) et syrienne, maintenant ce sont ces monarchies mêmes qui soutiennent  les révolutions dans ces « démocraties populaires » ! Une erreur du temps ? Non ! En réalité un simple retour aux sources. Un retour à la normale comme dirait un petit préposé à la météo dans une chaîne de télévision. Quèsaco ? Pas besoin d’être spécialiste de l’histoire ancienne, pour savoir que toutes ces démocraties populaires arabes étaient à l'origine des monarchies. Et pas seulement après les chutes de ces dernières après la colonisation ottomane. Elles étaient  également des monarchies du temps des conquêtes alexandrines. Lesquelles conquêtes des diadoques macédoniens ont érigé ces royautés en véritables institutions à la place de petites tribus-royaumes éparses et rivaux. Plus tard, la colonisation ottomane qui est d’extraction hellénistique a occulté le pouvoir de ces rois arabes dominés et mis sous tutelle des pachas mais n’a pas tué la royauté si bien que le « sentiment monarchique », légué par les rois hellénistiques, est resté très fort. Après la deuxième guerre mondiale, le climat d’émancipation générale, généré par l’intervention américaine contre le nazisme en Europe a profité à ces monarchies* délivrées du joug ottoman ; certaines retrouveront plus ou moins leurs souverainetés sous un régime monarchique libéré, d’autres deviendront des démocraties populaires comme l’Algérie, la Syrie, le Yémen (septentrional), la Tunisie, la Libye et à une moindre mesure l’Egypte. Autrement dit des républiques de pacotille.

Mais passée l’«euphorie républicaine» qui en réalité n’a été que le suppléant historique de l’Etat-providence coloniale (contrairement aux pays latins issus de l'Empire d'Occident qui ont connu l’occupation romaine et l’ont intégrée, la république n’a aucun sens concret dans la culture arabe), le temps est venu pour un retour aux sources pour ces « démocraties populaires » maintenant que le dernier garde-fou qui les parait contre le changement a sauté. En effet, après le lâchage du premier verrou soviétique en 1989 puis du dernier, en 2001, quand les peuples arabes ont subitement découvert que leur véritable ennemi commun était Al Qaeda et non Israël comme leurs régimes le leur laissé croire depuis des lustres, rien ne peut plus se placer devant la volonté inexorable et farouche de ces peuples de retrouver leurs sources pour vivre en étant ce qu’ils sont, dans le cadre de régimes qui trouvent un écho positif et rassurant dans leurs subconscients collectifs, autrement dits des monarchies constitutionnelles et démocratiques. Le processus est enclenché. N'oublions pas qu'en Espagne il a fallu plusieurs années de guerre entre révolutionnaires et contre-révolutionnaires  pour un retrour à la royauté en 1975.

 
Moralité : la nature a horreur du bide !

 (*) Excepté une présence plutôt socioculturelle dans partie orientale, le Maroc n’a pas connu de d’occupation ottomane. Ce qui explique beaucoup de choses.



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