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AFP - publié le Mardi 9 Juin à 12:37

Pourquoi les droits LGBTI sont-ils une des priorités de la politique étrangère des États-Unis ? Posez la question à Randy Berry.




Le diplomate Randy Berry est investi d’une mission qu’il entreprend avec passion et pragmatisme. Il sait que son message sera chaleureusement accueilli dans certains endroits, beaucoup moins dans d’autres.



Randy Berry, envoyé spécial des États-Unis pour les droits humains des personnes LGBTI, lors d'une allocution au département d'État sous les applaudissements de John Kerry, le secrétaire d'État, à l’arrière-plan. (Département d'État)
Randy Berry, envoyé spécial des États-Unis pour les droits humains des personnes LGBTI, lors d'une allocution au département d'État sous les applaudissements de John Kerry, le secrétaire d'État, à l’arrière-plan. (Département d'État)
Ouvertement gay, marié et père de deux jeunes enfants, Berry a été récemment nommé envoyé spécial des États-Unis pour les droits humains des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes). Il est le premier à occuper ce poste nouvellement créé et qui n’existe qu’au sein du département d’État des États-Unis.

Diplomate de carrière, Berry a pris ses nouvelles fonctions en avril. Il parcourra le monde entier pour relayer haut et fort que le respect des droits des LGBTI fait partie intégrante de la politique étrangère américaine.

«Les droits des LGBTI sont les droits humains, et les droits humains sont les droits des LGBTI » souligne-t-il. Tel est le principe directeur de notre travail. C’est un principe simple et sain ».

C’est également le message qu’a tenu à promouvoir le secrétaire d’État John Kerry dans une déclaration publiée* lors de la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et biphobie , célébrée tous les 17 mai.

Les États-Unis s’opposent fermement à la « vague de violence et de discrimination » contre les personnes LGBTI, a déclaré Kerry, « et nous continuerons d’avancer vers notre objectif de justice et d’égalité pour tous ».

En tant qu’envoyé spécial, Randy Berry dirigera les efforts déployés par le département d’État pour réaliser les objectifs suivants :

• Encourager les gouvernements à abroger les lois qui criminalisent les relations consentantes entre adultes de même sexe dans tous les pays du monde.

• Travailler avec des partenaires dans les autres pays pour renforcer leur capacité à répondre rapidement aux violences infligées aux LGBTI.

• Travailler avec les gouvernements, la société civile et le secteur privé par le biais du Fonds pour l’Égalité dans le monde (Global Equality Fund)* afin de soutenir les programmes de promotion des droits humains des personnes LGBTI dans le monde entier.

• Aider et encourager les gouvernements et autres institutions à prendre les mesures nécessaires pour garantir les droits universels de tous, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

Les relations entre personnes de même sexe sont encore considérées comme un crime dans près de 80 pays, et impliquent des sanctions allant de l’emprisonnement à l’exécution ; les personnes LGBTI sont également victimes de harcèlement, de menaces, d’agressions physiques et de discrimination.

Le vice-président Joe Biden soulignait récemment que la discrimination anti-LGBTI « ne fait qu’empirer » dans beaucoup d’endroits où des gens sont, « en toute impunité, confrontés à la violence, aux mauvais traitements de la police, au refus de soins médicaux, ou à la condamnation religieuse et à l’isolement social ».

Ces pratiques discriminatoires constituent des violations manifestes des droits de l’homme. C’est pourquoi les États-Unis accordent une telle priorité à la défense des droits LGBTI.

Randy Berry, qui parle espagnol et arabe, indique qu’il abordera sa mission différemment en fonction des pays, et il est bien conscient que les changements ne se produiront que lentement dans certaines parties du monde. Mais il rejette l’argument selon lequel le soutien des droits LGBTI serait une forme d’impérialisme culturel ou une façon d’imposer des valeurs occidentales.

« C’est une question fondamentale de droits humains, affirme Berry. Les droits humains fondamentaux ne sont pas définis par les circonstances ; ils ne sont pas définis par la culture ; ils ne sont pas sujets à interprétation ».

« La plupart des pays du monde ont signé la Déclaration universelle des droits de l’homme – ce qui veut bien dire que l’égalité de traitement est un principe qui nous guident tous. Il ne s’agit pas d’une importation occidentale, ni d’une idée imposée par l’Occident. »

« L’idée n’est pas d’avoir une catégorie de droits spécifique aux LGBTI ; c’est simplement qu’ils ont droit aux mêmes droits que tout le monde. »

Aller de l’avant, un pays à la fois

Le secrétaire d’État John Kerry (à gauche) présente Randy Berry, l’envoyé spécial des États-Unis pour les droits humains des personnes LGBTI, lors d’un événement au département d’État. Berry est « un homme de principe et un bâtisseur de consensus avéré »
Le secrétaire d’État John Kerry (à gauche) présente Randy Berry, l’envoyé spécial des États-Unis pour les droits humains des personnes LGBTI, lors d’un événement au département d’État. Berry est « un homme de principe et un bâtisseur de consensus avéré »
En juin, Randy Berry se rendra en Jamaïque, au Chili, en Argentine, au Brésil, en Uruguay et en République Dominicaine en sa qualité officielle d’envoyé spécial des États-Unis. Il y rencontrera des militants, des représentants d’organisations, des responsables gouvernementaux et des représentants du secteur privé pour connaître leurs préoccupations et élaborer des stratégies afin de faire progresser les droits LGBTI dans leurs pays respectifs.

Un des sujets qu’il espère aborder est la protection juridique des LGBTI.

« Pour commencer, nous travaillons avec la société civile et avec des représentants d’organisation dans de nombreux pays à travers le monde pour veiller à ce que les lois anti-discrimination et celles relatives aux crimes de haine soient conformes aux meilleures pratiques internationales et garantissent des protections adéquates – non seulement pour la communauté LGBTI, mais pour toutes les communautés minoritaires victimes de discrimination », explique Randy Berry.

« Nous travaillons également avec des avocats et des cabinets juridiques bénévoles sur le terrain pour assurer aux militants l’accès à des ressources et des conseils juridiques adéquats pour leur permettre de faire avancer les discussions sur ce sujet dans leurs pays ».

« De nombreux pays d’Amérique latine travaillent depuis longtemps sur les questions de l’égalité. (…) Je me réjouis des discussions intenses que j’aurai avec certains amis animés par les mêmes aspirations » à propos des droits humains des LGBTI.

L’Amérique latine est plus ouverte aux droits LGBTI que bien d’autres régions du monde. Mais Randy Berry – qui a été en poste en Nouvelle-Zélande, au Népal, en Égypte, en Ouganda et aux Pays-Bas – rappelle qu’il a également servi dans des endroits « où il peut y avoir une résistance au soutien américain des droits de l’homme pour tous ».

Et partout il va, il répète que les personnes LGBTI ont droit aux « mêmes droits humains et aux mêmes libertés fondamentales que quiconque, partout dans le monde ».

Il invoque sa qualité de père comme puissant facteur de motivation pour relever les défis de son nouveau travail, car il considère que sa fille de 3 ans, son fils de 2 ans et tous les enfants méritent de grandir dans un monde plus égalitaire.

Après tout, ajoute-t-il, « les droits de l’homme appartiennent à tous, indépendamment de la race, de l’ethnie, du sexe, du handicap, de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre ».



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