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Abdelkarim Chankou - publié le Samedi 23 Février à 11:29

Pourquoi la France est visée en Afrique francophone




La conviction ou du moins l’opinion de François Hollande, le Président de la République de France, à propos du kidnapping, il y a quatre jours, de sept touristes français au Nord du Cameroun, selon quoi les intérêts de la France étaient menacés avant l’intervention, le sont durant et le resteront probablement après par le terrorisme indiquerait une certaine idée qui prévaudrait à l’Elysée et au Quai d’Orsay ; à savoir que la France est bien la cible privilégiée de groupes armés, qu’ils soient constitués de bandits de grands chemin ou de djihadistes à vocation terroriste.



Pourquoi la France est visée en Afrique francophone
Evidemment ce qui chiffonne pour ne pas dire déroute les analystes attitrés des plateaux de télévision comme de petits fours, et par la même occasion fait couler beaucoup d’encre dans les rédactions parisiennes, c’est pourquoi la France est plus visée que d’autres pays occidentaux comme les Etats-Unis, la Grande Bretagne, l’Allemagne…

Outre le fait que la France apparaisse aux yeux des filières du rapt et du djihad au Sahel comme la capitale occidentale qui est la plus prompte à payer d’éventuelles rançons en échange de la libération de ses ressortissants, il y a d’autres faits qui sont bien là et qui font de Paris une cible toute indiquée du djihad international et de ses sous-traitants que sont les filières du kidnapping. Ces faits sont nombreux et notre propos n’est pas de les égrener tous ici. Ils sont liés à la politique internationale de Paris, mais aussi à sa politique intérieure. C’est-à-dire que la France qui lutte contre les Talibans en Afghanistan et  s’active contre  le régime despote de Bachar Assad s’affiche en même temps bras dessus bras dessous avec d’autres régimes non moins liberticides comme celui du Qatar ! De même, la France légalise le mariage gay en grande pompe comme si elle veut donner plus de piquant à sa décision de pénaliser le port du voile. Enfin les putschs successifs ou les élections présidentielles mouvementées font toujours apparaître la France aux yeux du camp perdant comme, passez moi l'expression, un «fouteur de merde».  Evidemment tous ces faits font que l’Hexagone apparaît aux yeux des fanatiques islamistes ou de nationalistes en perte de vitesse comme un grand Satan qu’il faut combattre.

Pourquoi la France est visée en Afrique francophone
 Néanmoins, une question brûlante demeure entière : pourquoi la guerre des filières djihadistes contre la France semble se concentrer sur le Sahel et certain  pays frontaliers ?

Si l’on examine la « carte vigilance » mise au point par le Quai d’Orsay à l’adresse des voyageurs français,  on constate que seule une partie du Mali, de Mauritanie et du Niger est surlignée en rouge (zones formellement déconseillées), le reste de la Mauritanie (côté ouest) et des deux autres pays (côtés sud) sont colorés en orange (déconseillé sauf raison impérative). Alors que des voisins comme le Burkina (ex Haute Volta) et le Sénégal le sont en jaune (vigilance normale). Et c’est là où réside effectivement l’erreur d’appréciation des services concernés. Le côté pépère du Sénégal ou du Burkina endort en quelque sorte la vigilance de ces services. Qui ne décèlent pas toutes subtilités liées à des changements significatifs qui naissent dans ces pays «débonnaires». Qui aurait cru qu’un jour des slogans de type «France dégage!» allaient être brandis à Tunis ? Une preuve de ce manque de « discernement » de la part de qui de droit est le Cameroun, où sept touristes français ont été kidnappés il y a quatre jours par des filières du rapt qui vont probablement les « fourguer » à des groupes djihadistes situés plus au nord. Le Cameroun n’apparaît même pas sur la carte du ministre des Affaires étrangères ! Idem du Bénin (ex Dahomey), de la Cote d’Ivoire et du Togo. Qui se souvient encore d’une certaine «Organisation commune africaine et malgache» (OCAM), née à Nouakchott le 12 février 1965 ? Elle réunissait douze pays africains francophones : la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, le Togo, le Niger, le Tchad,  le Madagascar, la Haute Volta (actuel Burkina Faso), le Dahomey (actuel Bénin), la République centrafricaine, le Congo Brazzaville ainsi que du Gabon, le Rwanda et le Congo. Or il se trouve que la majorité de ces pays ont été le terrain d’activisme de plusieurs missionnaires durant plus de 25 ans de l’internationale islamiste (et ça continue sous d’autres formes), surtout durant les décennies 1960 et 1970. Tenant une mallette de billets verts d’une main et le coran de l’autre, ces ambassadeurs de la confrérie musulmane ont profondément semé les graines de l’extrémisme et du tribalisme dans ces pays. Retrouvant un climat propice, ces semis sont tout simplement en train de germer !



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