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Farid Lamrini - publié le Lundi 21 Octobre à 21:49

Pour une égalité citoyenne, juste et équitable : Réprobation au sujet d’un accident de route

Témoignage en faveur du Professeur Amina Balafrej






Professeur Amina Balafrej
Professeur Amina Balafrej
Je viens de lire une pétition que Mme Sara, fille du docteur Amina Balafrej, a publié sur un site électronique, essayant de rassembler dix milles signataires solidaires, en faveur de sa mère qui a été depuis presque deux mois, victime d’un accident de route foudroyant.

Personnellement*, je connais cette dame vertueuse depuis l’an 2001, en ma qualité de père d’une jeune fille atteinte par le diabète depuis cette date. Ma fille est actuellement élève ingénieur dans une grande école en France, et cela selon mon estimation profonde, grâce au grand mérite de cette dame militante. Pour cette raison, je suis étonné par cette pétition sus-citée. A titre d’information, j’ai trouvé les données pénibles suivantes :

Le 31-8-2013 Mme Amina Balafrej, médecin professeur universitaire au CHU de Rabat a été victime d’un accident de route dans un grand boulevard de la capitale, à l’instant d’un arrêt obligatoire de circulation.C’est en ce moment même qu’elle a été percutée par un jeune homme qui roulait à une grande vitesse, en provenance d’un sens interdit.

Ce qui est étonnant et surprenant est que l’agresseur a bénéficié à l’instant de soins médicaux, et que la victime, par contre, n’a reçu aucune intervention de secours médicale urgente.Elle a été transportée au CHU sous le nom « X » , sans même essayer d’identifier son identité. Et ce qu’il y a de plus ahurissant, c’est cette indifférence et cette négligence des autorités publiques chargées d’intervenir dans ce genre d’accident, du moment où aucune enquête n’a été ouverte sur l’état des lieux. De même, aucun procès verbal n’a été rédigé.

Je dois signaler, à titre d’éclairage, que la pétition est publiée sur le lien suivant.

En effet, le docteur Amina Balafrej est une militante dans le vrai sens du mot. Elle est non seulement un symbole, mais aussi un paradigme du modèle de médecin, fervent de l’amour de sa profession et de son pays. Il s’agit d’un médecin qui a secouru des milliers de nourrissants et d’enfants marocains atteints par le diabète dans un jeune age. Une femme qui a bossé avec dévouement et silence, en résistant à toutes les contraintes et problèmes du secteur de la santé publique. Elle a depuis toujours été solidaire des enfants pauvres et démunis atteints par cette maladie chronique et très coûteuse en tant que militante de l’association -Badil-, tout en fondant le premier service de diabétologie pédiatrique au Maroc, et une équipe médicale d’intervention et de soutien social et psychologique en faveur des diabétiques, surtout les plus démunis d’entre eux.

Par ce travail infatigable, il y a aujourd’hui un grand nombre de ses ex-patients diabétiques qui ont pu, grâce à son aide et son soutient médical et psychosociologique, de tracer une carrière familiale et professionnelle réussie.

Je peut affirmer en témoignage sincère et responsable que le téléphone de Amina Balafrej était toujours à l’écoute de ses patients, ouvert pour offrir de l’aide en cas de besoin urgent. C’est une défenseuse avec acharnement du droit à la santé, elle qui a refusé les sollicitations et attractions du programme gouvernemental de « départ volontaire »en 2005, en décidant de rester au service de la santé publique, malgré l’état dégradant des lieux sanitaires publiques.

Mme Amina a couronné sa carrière professionnelle de militantisme et de libre conscience, par la quasi-réalisation de son grand rêve, c'est-à-dire fonder le centre « Maison du jeune diabétique » au Maroc, et c’est justement le projet auquel le Roi Mohamed VI a posé la première pierre au mois du Ramadan dernier.

C’est dans ce contexte de témoignage personnel, que je dois poser les questions suivantes :

- Monsieur le ministre de la santé, fondateur d’un projet de réforme du secteur de tutelle, est-t-il acceptable que votre collègue Amina Balafrej qui a consacré toute sa carrière professionnelle à la défense du droit à la santé, soit privée de ce droit, et ne soit pas secourue d’urgence ? Qu’en pensez vous Monsieur le ministre ;et qu’en pensent l’ordre des médecins et à travers lui, les autres syndicats professionnels ?

- Monsieur le ministre de la justice, mais aussi en votre qualité d’ex-militant de la société civile, peut-on vous solliciter de nous éclairer sur les causes qui ont privé la famille Balafrej, en l’occurrence, la famille de la victime de trouver un procès verbal officiel de l’accident en question, et par la suite la perte des traces du dossier de délit ou crime présupposés, en se trouvant dans la contrainte de rédiger une pétition sur Internet ?

- Monsieur le ministre de l’équipement et des transports, et à travers vous le comité national de la préventions des accident de la route, que pensez vous d’un accident de la circulation dangereux en plein centre ville de Rabat, sans la trace d’aucune enquête concrète et d’aucun procès verbal ? Est ce qu’on doit admettre que vos plans de sensibilisation, payés par les contributeurs, soient sans aucun effet ou intérêt concret sur le terrain ? les lois et injonctions pénales du code de la route s’appliquent-elles exclusivement, dans le cas des gens d’origine sociale modeste, ou dépourvue de tout recouvrement d’une certaine autorité présupposée..
- Monsieur le ministre de l’intérieur, et à travers vous le directeur général de la sûreté nationale, cela vous paraît-il logique qu’un accident de route en plein centre de Rabat, ait eu le lieu, sans qu’aucun procès verbal ne soit ouvert ? Ne faut-il pas délimiter les responsabilités, et suivre la procédure en cours pour une équité des ayants droit et punir les contrevenants à la loi ?

- Enfin, faut-il encore signaler que justice soit faite, que la loi doit être appliquée et souveraine, dans tout genre d’accident de route, peu importe l’identité de l’accusé et de la victime, sans aucune réserve, indifférence, ou discrimination….

- C’est mon opinion personnelle, et je crois que c’est celle de tous les citoyens, honnêtes et acharnés par l’amour de l’intérêt général de notre cher pays…

*Farid Lamrini
Enseignant Chercheur



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