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Rachid Amin - publié le Lundi 23 Février à 22:19

Pour une éducation et un enseignement de qualité




" Certes, la responsabilité est partagée, l’état avec ses politiques, les professeurs et les responsables pédagogiques et l’étudiant qu’est appelé à s’interroger sur ses motivations pour bien décider de ses orientations, et à fournir plus d’efforts en termes de recherches et de lectures pour qu’il puisse suivre le rythme et devenir plus créatif, mais il s’agit aussi d’une base solide qu’il faudra reconstruire car l’école marocaine d’aujourd’hui est loin d’être performante."



« L'homme honorable commence par appliquer ce qu'il veut enseigner ; ensuite il enseigne. » de Confucius Extrait des Entretiens du Maître avec ses disciples

Tout au long de ma vie d’étudiant et d’élève que j’étais, le système éducatif de mon pays ainsi que les politiques d’enseignement et leur efficacité, est un sujet qui m’a toujours interpellé. Je pense que le rôle de l’Etat est d’abord d’instaurer une infrastructure suffisante et en adéquation avec les objectifs fixés, qu’il cherche à atteindre à travers ses politiques et ses stratégies. Comme nous le savons tous, les tendances, le développement mondial, et les changements de l’environnement sont des éléments importants à prendre en considération, ce qui impose une évolution au niveau de l’infrastructure pour être en adéquation avec les changements de l’environnement mondial. Le savoir évolue, les découvertes scientifiques sont de plus en plus nombreuses, et le nombre de recherches scientifiques se multiplient, avec une vitesse importante et qui peut exclure tous les systèmes qui ne sont pas en mesure de suivre le rythme. Aujourd’hui, de nouvelles philosophies et concepts interviennent pour modifier nos vies quotidiennement. Nous vivons essentiellement dans une société de communication et d’information où la connaissance et le savoir sont devenus une source de pouvoir et de valeur. Celui qui détient l’information et sait comment l’utiliser et l’exploiter détient le pouvoir, celui qui n’en a pas continue à agir à partir de son ignorance sans pouvoir comprendre ni à réfléchir au sens et aux problématiques du monde contemporain.

De toute évidence, aucun état qui vise le développement et la croissance n’acceptera que son peuple soit ignorant. Le développement économique est très lié au développement social et éducatif et vice versa. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est que nous n’avons réalisé ni l’un ni l’autre. Nous essayons d’avancer en adoptant des mesures et des réformes conjoncturelles et superficielles sans pouvoir réformer le système dans sa globalité et dans ses profondeurs et apporter des solutions efficaces qui pourront combler les lacunes. Telles que je perçois les choses, je pense que le développement culturel et éducatif s’il est atteint, il pourra permettre la construction d’une société qui pourra réaliser des performances sur d’autres niveaux (économiques, sociales…etc.). Un homme qui n’est pas instruit, qui ne réfléchit pas, qui ne lit pas, et qui se résume à un simple consommateur et un suiveur est un être qui existe sans pouvoir vivre, et je ne vois pas quelle contribution il pourra apporter dans la construction d’une société humaine ouverte et développée.

Le rôle de l’état dans ce sens est de permettre à ce que son peuple puisse accéder à une formation de qualité à travers un système éducatif performant en se basant sur des outils modernes et efficaces au niveau pédagogique. L’objectif est de produire un bon citoyen éduqué et instruit et permettre l’acquisition de la connaissance et du savoir et de pousser à la réflexion qui pourra donner naissance à la production de nouvelles recherches et découvertes, afin de garantir un développement basé sur la culture, la connaissance et le savoir. Dans ce cadre, et en dehors des programmes qui sont mis en place dans les écoles et les universités, je pense que le professeur a un rôle très important à jouer. Je me dis souvent que le rôle du professeur ne se résume pas seulement dans le fait d’assurer un cours pendant quelques heures, mais le but est de transmettre un savoir, de partager des connaissances, des valeurs et des principes. Il s’agit d’une relation de communication qui s’installe entre lui et l’étudiant. S’assurer de l’efficacité de cette communication est à ne pas négliger, car tout simplement ça n’a aucun sens si je communique et que mon message n’est pas compris par le destinataire. Pour le professeur, Il s’agit d’un processus à travers lequel il cherche à transmettre un savoir et partager une information, et pour qu’une communication soit réellement établie, il faut que le message transmis soit compris par le récepteur ce qui nécessite certaines conditions et l’instauration d’un langage qui facilite la compréhension, et des codes faciles à déchiffrer. Une bonne communication orale nécessite un savoir-faire mais aussi un savoir-être puisque nous sommes dans une relation humaine, dans laquelle l’autre a besoin d’être écouté, respecté et valorisé. Le Feed back est un moyen qui permet de s’assurer de l’efficacité de la communication et à ce niveau, le professeur a intérêt à instaurer un débat avec ses étudiants.

Le point le plus important dont je voulais parler, concerne la dimension symbolique dans la relation entre le professeur et l’étudiant. Je pense que pour que la mission du professeur soit réalisée et qu’est sacrée et qui se résume dans la transmission d’un savoir, de valeurs et de principes, et le fait de pousser l’étudiant à réfléchir, à chercher et à étudier, à apprendre et à lui transmettre des idées et des connaissances, cela nécessite une bonne communication, mais la manière et l’aspect pédagogique restent importants dans la réalisation de cette mission. Il faut motiver l’étudiant, il faut lui donner envie d’apprendre et lui transmettre la passion et l’amour de ce qu’il étudie. Autant qu’étudiant, et je ne suis peut être pas le seul qui pourra le dire, j’ai rencontré tout au long de mon parcours scolaire et universitaire des professeurs qui m’ont donné envie de s’intéresser à leurs matières enseignées et d’autres qui ont influencé négativement mon envie et mon attitude à l’égard de certaines matières. Il y a des professeurs rien qu’avec leurs manières de présenter et d’animer le cours, leurs manières de se mettre devant les étudiants, la manière de parler et le charisme qu’ils peuvent dégager, les idées transmises, le vocabulaire utilisé, le débat instauré, et d’autres aspects de leur personnalité que l’étudiant perçoit à travers des aspects externes, influencent l’étudiant en termes d’importance qu’il peut accorder à la matière, le degré de son implication et sa motivation et sa capacité à suivre le cours avec attention, comme il peut carrément s’absenter et ne pas avoir envie d’assister au cours. L’expérience le montre d’ailleurs, puisque on trouve des professeurs qui ne vérifient pas la présence des étudiants (ils ne notent pas l’absence) mais tous les étudiants assistent au cours car ils ont envie d’y assister. Ce que je veux dire, c’est que le rôle du professeur va au-delà de l’animation d’un cours mais ce qui compte c’est sa manière de le faire, sa personnalité, son savoir-faire, son savoir-être, et sa capacité d’influencer l’étudiant dans le bon sens. Ceci pourra constituer une contribution pour permettre à notre système éducatif d’être un système qui pousse l’étudiant à réfléchir et non pas à apprendre par cœur et à tricher pendant les examens pour finalement avoir une note qui n’a aucune signification. Je pense qu’il est temps de se doter de plus d’ouverture de la part des professeurs, et les responsables pédagogiques, et que chacun doit se remettre en question quant à l’efficacité de sa communication et les moyens utilisés pour réaliser sa mission, et de penser aussi à d’autres nouveaux outils d’évaluation loin de ces méthodes classiques basées sur un apprentissage par cœur et qui n’encouragent pas la réflexion chez les étudiants. Certes, la responsabilité est partagée, l’état avec ses politiques, les professeurs et les responsables pédagogiques et l’étudiant qu’est appelé à s’interroger sur ses motivations pour bien décider de ses orientations, et à fournir plus d’efforts en termes de recherches et de lectures pour qu’il puisse suivre le rythme et devenir plus créatif, mais il s’agit aussi d’une base solide qu’il faudra reconstruire car l’école marocaine d’aujourd’hui est loin d’être performante. Il faut réfléchir et se poser les bonnes questions et revoir le système éducatif dans sa globalité. Qu’est ce qui fait qu’un pays comme la Finlande est aujourd’hui reconnu au niveau mondial par la performance de son école fondamentale ? Ce n’est pas du au hasard, mais c’est parce qu’il y avait une volonté derrière, des responsables qu’ont réfléchis et qu’ont pu mettre les bases d’un bon système d’enseignement basé sur des techniques pédagogiques modernes qui permettent d’apprendre aux élèves d’apprendre. Le monde évolue, et notre école est restée toujours la même, une machine à produire des inégalités et des diplômés chômeurs malgré toutes les réformes que le système a subi, et cela montre que nous n’avons pas encore changé ce qu’il faut changer, ajoutons à cela tous les autres problèmes d’infrastructures et de mauvaise gestion, chose qu’on peut facilement constater en jetant un coup d’œil dans nos écoles et les universités, pour voir comment ils sont gérées à tous les niveaux. Il faut viser l’égalité des chances, former des élèves qui aiment apprendre, disposer de professeurs performants, honnêtes et qui peuvent assumer leur mission d’enseigner avec des valeurs humaines et des principes solides, réfléchir et proposer de nouvelles pistes de réflexions et de nouveaux outils et que les élèves doivent être au centre de la réflexion et de l’attention des enseignants, revoir les programmes scolaires, les techniques d’évaluation, les critères de réussite, et les manières de gestion.

Je ne suis pas un spécialiste des affaires pédagogiques, ni un spécialiste des réformes éducatives et de l’enseignement, je ne suis qu’un étudiant universitaire qu’a repris ses études après 9 ans de rupture, j’aurai aimé voir autre chose concernant l’état d’enseignement dans mon pays car je suis convaincu que notre développement dans tous les secteurs ne viendra que d’une bonne éducation et d’une formation de bonne qualité, mais les choses traînent dans mon pays.

Ces mots ont été écrits avec un goût amer de déception et avec un grand espoir au fond pour voir un jour mon pays entrain de changer et d'évoluer en se dotant d'un système éducatif et un enseignement moderne et performant.


Tagué : Rachid Amin

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