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par Sana Saleem - CGNEWS - publié le Vendredi 16 Juillet à 22:38

Pour une culture démocratique au Pakistan






Karachi - Les événements qui se sont déroulés ces dernières semaines au Pakistan ont vraiment été révélateurs. Qu’il s’agisse de la censure de Facebook ou des attentats de Lahore visant les ahmadis, dans les deux cas, j’ai beaucoup appris sur l’intolérance, à travers les réactions que ces événements ont suscitées.

Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, en écrivant au sujet de la controverse de Facebook – dont le gouvernement pakistanais a interdit l’accès du fait qu’un groupe y incite les gens à dessiner le Prophète Mahomet. A vrai dire, j’ai écrit un sujet à propos de l’intolérance avant cette interdiction du réseau social et, bien entendu, je me suis fortement opposée à la censure sur internet une fois que l’interdiction a été prononcée. Mais je ne me doutais absolument pas qu’à cause de ma prise de position, on allait me traiter d’« impie », d’« apologiste du libéralisme » et (mon préféré) d’« agent [voilé] de la CIA, de la RAW et du MOSSAD».

Encore pire : les gens avec qui j’ai habituellement des échanges sur internet ont pris le train en marche et remis en question ma foi. On en est arrivé à considérer que prendre position contre la censure, c’est comme renier le Prophète.

On m’a demandé plus d’une fois de clarifier si j’étais « pour le Prophète ou pour Facebook ». De telles réactions révèlent les idées extrémistes qui mijotent dans la tête de certains Pakistanais depuis des années - le genre d’idées latentes qui refont surface au moindre petit problème.

Encore plus choquant : les réactions suite au massacre des ahmadis - la dénégation pour la plupart. Le refus d’admettre que cet attentat visait un groupe précis, persécuté, appartenant à la minorité, montre simplement que nous continuons à fermer les yeux sur l’intolérance qui règne dans notre pays.

Depuis quelques années déjà, on parle du besoin d’une tribune où les gens – et surtout les jeunes – puissent s’exprimer, acquérir une meilleure compréhension de l’histoire du pays et en apprendre davantage sur les diverses religions et cultures de sa population. Au fil des années, de nombreux mouvements réformistes ont vu le jour au Pakistan mais pour être ensuite détournés à des fins politiques ou tout simplement disparaître.

Malgré ma réticence, étant donné l’histoire récente de ces mouvements réformistes, j’ai décidé d’assister au lancement d’un mouvement social appelé Khudi, dont le but est de réagir aux idéologies extrémistes et de promouvoir une culture démocratique au Pakistan.

L’homme derrière ce mouvement se nomme Maajid Nawaz, il s’agit d’un ancien membre du Hizb ut-Tahrir, qui prône le rassemblement des musulmans à travers le monde au sein d’un seul et même califat. Malgré l’idéologie extrémiste de ses membres, le Hizb ut-Tahrir n’est toutefois pas un groupe terroriste.

Khudi est d’autant plus intéressant que son fondateur puise l’énergie qu’il met dans ce mouvement dans sa propre expérience passée de l’extrémisme.

C’est son parcours de jeune adolescent qui fait qu’aujourd’hui il est réformiste. Il a dû faire face au racisme en Grande-Bretagne, où il a grandi et connu le Hizb ut-Tahrir dont il était un membre actif. Ce qui plus tard lui vaudra la prison en Egypte, où le groupe est interdit. C’est là qu’il commence à lire des ouvrages sur l’islam pour approfondir ses connaissances et se rend compte à quel point son message d’exclusion est faux. L’expérience personnelle de Maajid Nawaz rend son souhait de contrer l’extrémisme d’autant plus réalisable : après tout, si cet homme qui a traversé toutes ces épreuves est prêt aujourd’hui à faire front à l’extrémisme, les autres peuvent le faire aussi.

Les causes de l’intolérance et des discours de haine qui persistent au Pakistan sont latentes et on évite souvent d’en parler. L’identification de ces causes est très importante. C’est précisément dans ces circonstances que les mouvements sociaux comme Khudi peuvent jouer un rôle vital.

Le mouvement de Maajid Nawaz promet de promouvoir une culture démocratique qui nous inciterait au respect des droits individuels et de la différence d’opinion. Après tout, la démocratie n’est pas limitée au droit de vote, c’est aussi la tolérance et la coexistence, la célébration de nos héros, la solidarité aux victimes – indépendamment de leur croyance – et le fait d’être humain.

Comme le souligne Maajid Nawaz : « la démocratie doit toujours être prisonnière des droits de l’homme. La culture démocratique c’est tout d’abord le respect de ces droits, de la liberté d’expression et du libre arbitre ».

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*Sana Salem est chroniqueuse pour BEE magazine et blogue sur Global Voices, Pro-Pakistan ainsi que sur son blog personnel Mystified Justice.


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