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Omar Alaoui, acteur associatif et politique - publié le Mardi 11 Décembre à 15:00

Politiquement femme




Le printemps arabe a remis la question de la dignité des femmes sur la table. Les femmes ont étés en première ligne lors des révolutions et révoltes arabes, aujourd’hui elles sont dans une situation passive, voire même dans une impasse et assistent, impuissantes, à un « hold up » politique.



Politiquement femme
Mon engagement politique est intimement lié à la Femme marocaine. Dans mon enfance, il y a eu Aicha Belarbi Alaoui et le Docteur Najat M’jid qui m’ont toujours inspirée par leur travail de terrain et de proximité. Ma rencontre politique et intellectuelle avec Khadija Rouissi a eu une grande importance dans mon parcours politique. La femme a toujours été inspirante, source de courage, d’audace, d’innovation. Je ne peux imaginer la politique sans elles, elles y apportent un souffle nouveau, une liberté de ton, un dynamisme. L’image de la femme est positive sur la scène politique, elles rassurent les marocains. Oui, la femme doit jouer son rôle pleinement dans la réconciliation des marocains avec la chose publique. Les femmes apportent de la pluralité, elles apportent un point de vue souvent différent et disposent d’une entrée sur le monde originale. La culture de la femme en politique est plus dans le partage, l’échange d’idées et la recherche d’un consensus.

Et pourtant aujourd’hui, la représentation de la femme est mise à mal par l’Islam politique et l’islamisme. L’arrivée aux affaires du PJD est malheureusement synonyme du déclin de la représentativité des femmes, et c’est une source d’indignation pour tous les démocrates. Il existe au Maroc, un « paradoxe de la femme ». D’un côté, la Constitution sacre la parité et les droits de la femme. De l’autre, le gouvernement la méprise, la marginalise, l’exclue de l’action politique et de la vie publique. La femme en politique est une force, une diversité, une richesse. Elles ont réussi à faire émerger au Parlement marocain des sujets jusque-là ignorés. Nouzha Skalli a osé parler de légalisation de l’avortement, Khadija Rouissi d’abolition de la peine de mort ou de réforme du code pénal, sans oublier Raissa Fatima Tabaamrant, la députée du RNI, qui a posé la première question en Amazigh de l’Histoire du Parlement marocain. Les femmes en politique bousculent les lignes rouges, brisent les tabous.

Garantir leur représentation au Parlement, au gouvernement mais également à l’échelle régionale ou communale, c’est permettre l’émancipation de la femme arabe. C’est pour cela que je me prononce en faveur de pénalités financières envers les partis politiques qui ne respectent pas la parité au sein de leurs instances dirigeantes, mais également en ce qui concerne leurs listes électorales. Aussi, le gouvernement peut mettre en place des bonus financiers en faveur des partis qui aident et participent à la promotion de la femme dans le champ politique.

Nous attendons d’Abdelilah Benkirane l’installation immédiate d’un Conseil de la parité, prévu par la nouvelle Constitution. Une loi organique est donc attendue pour sa formation mais aussi pour définir les différents axes de sa mission. Ce Conseil ne doit pas seulement avoir un rôle de sensibilisation auprès de la population, il ne doit pas se muter en un organe consultatif pour le gouvernement et le parlement. Il doit pouvoir disposer d’outils juridiques et d’une volonté politique afin de mettre en œuvre des actions concrètes visant le respect de la parité. Une autre option envisagée serait également la création d’un Ministère ou d’un Secrétariat d’Etat en charge de la parité. Hamid Chabat, le nouveau secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, a ouvert récemment la boîte de Pandore du remaniement ministériel. Ceci pourrait être l’occasion d’offrir aux femmes politiques de nouvelles opportunités au sein du cabinet Benkirane et de rééquilibrer la balance.
Nous avons un héritage à conserver au Maroc concernant l’émancipation de la femme. La Monarchie a toujours accompagnée les droits des femmes, souvenons nous du discours de Tanger de Mohammed V, souvenons nous de Hassan II faisant de sa sœur la princesse Lalla Aicha la première Ambassadeur femme du monde arabe et enfin observons la dynamique lancée par Mohammed VI, notamment à travers la réforme du code de la famille. L’exception marocaine, c’est aussi faire de la femme un acteur incontournable de la démocratisation du Maroc.


Tagué : Omar Alaoui

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