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Mohammed el haddad - publié le Mercredi 5 Mars à 22:50

Plaidoyer pour sauver une ville






Une rare violence, celle qui s’est emparée de la ville de Larache ces dernières décennies. Je ne fais pas allusion à la violence des petits malfaiteurs, des laissés-pour-compte, des voleurs qui font leurs larcins pour s’acheter un petit remontant ou leur boulette de haschich, ou même encore, ces vermines qui ont élu domicile dans cette ville qui glisse inexorablement dans l’insécurité et la peur. Non, je ne fais pas référence à cette violence-là, mais à l’autre, celle plus sournoise, qui se drape dans des habits élégants, affiche les grimaces de circonstance et manie le discours de la charité et de la solidarité. Une violence presque institutionnelle dont les acteurs se fondent dans le paysage, des caméléons, des groupes à l’instinct carnassier, disséminés dans la société larachoise, à l’affût des opportunités. Une caste polychrome, peuplade qui s’est retrouvée aux affaires, aux postes de responsabilité et tissée, partout, des relations labyrinthiques, aussi bien dans la sphère publique que privée, là, où « ça sent l’affaire », où l’argent a plus d’une odeur. Bref, une nébuleuse aux visages multiples qui s’est attelée, au vu et au su de tous, dans un silence douteux, à dévisager et appauvrir cette ville martyre.

Les trente ‘décadentes’ de Larache ont laissé une ville éventrée, exsangue. Et ceci, à tous les niveaux: politique, socio-économique, culturel, environnemental et sportif. Tout y est passé. Rien n’a échappé au rouleau compresseur. Ni les monuments historiques, ni les édifices culturels, ni les terrains de sport, ni surtout le patrimoine foncier, … même les jardins et les arbres y sont passés par cette machine à détruire et à produire de la laideur. Invraisemblable, à peu près, en trente ans, la ville a emprunté le chemin inverse du progrès, on dirait qu’elle est passée de la civilisation à la décadence, des lumières à l’obscurité et de l’espérance aux déboires. Même du temps du protectorat, la ville a connu une dynamique plus vertueuse, dont les traces restent visibles. Cela va de l’urbanisme jusqu’à l’éducation, en passant par la santé, l’industrie, la culture, etc. Les gens ne sont pas sans mémoire, on peut toujours les interroger sur leur vie au temps du protectorat comparée à celle qu’ils mènent aujourd’hui sous l’indépendance, chèrement acquise. Ils ne diront pas qu’ils sont passés de l’enfer au paradis, absolument pas. L’élément comparatif qu’ils ont entre les mains est incroyablement révolutionnaire. Ils ont vécu une descente aux enfers et ils en ont une conscience limpide.



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