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Talal Mohamed Yassine - publié le Vendredi 3 Juillet à 13:16

Peut-on privatiser l’ONDA?






Peut-on privatiser l’ONDA?
Depuis plusieurs jours les salons de rabat ne parlent que de l’opportunité de privatisation de l’office nationale des aéroports, d’ailleurs les choses se sont éclaircies après que les deux ministères à savoir celui des transports et travaux publics « ministère de tutelle » ainsi que celui de l’économie et finances ont engagé des réflexions sur le sujet, tout en sachant qu’on parle d’une institution tellement incontournable et stratégique pour l’état marocain.

Quant on parle de l’ONDA on parle d’un établissement public marocain qui a été créé en vertu du décret n° 2-89-480 du 1er  joumada II 1410 (30 décembre 1989) pris pour l'application de la loi n° 14-89 transformant l'Office aéroports de Casablanca en Office National Des Aéroports. La décision de mettre en place cette institution découlait d’une vision ayant une stratégie de  renforcement des compétences de cette institution pour qu’elle soit en mesure de moderniser et développer le secteur d’aéronautique au Maroc. A travers cette stratégie l’ONDA est devenu une institution incontournable et stratégique pour le royaume, elle reflète en quelque sorte l’image moderne et ouverte du Maroc en matière de développement économique. Hélas cette vision a été confrontée à plusieurs obstacles  liés essentiellement aux problèmes de gouvernance , ce qui a retarder l’effort fait depuis des années en matière d’investissement et de développement des différentes structures d’accueil ,notamment l’élargissement des aéroports.

Avec le nouveau gouvernement Benkirane,  on a senti un changement réel lié à ce secteur, surtout en matière de pérennisation de la gouvernance. Aujourd’hui on pourra dire que cette institution tellement importante pour le Maroc,  a pu se restructurer doucement mais surement, surtout en matière d’investissement. On pourra prendre comme exemple le démarrage du projet d’extension et de rénovation du terminal 1 de l’aéroport Mohamed V , et ce après 4 ans d’arrêt, ce projet qui se constitue comme étant le reflet de cette  nouvelle image que veut donner le Maroc vis-à-vis de l’étranger , dispose d’une architecture représentant l’ouverture de notre nation sur le monde extérieur , le chantier de rénovation devra se terminer en septembre 2016 avec un budget global avoisinant  1.6 milliard de DH HT. d’autres projets sont en cours de réalisation comme le développement de l’aéroport de Nador avec un budget de 315,2 Millions DH HT , ce chantier lancé en juillet 2013 permettra à l’aéroport d’atteindre une capacité d’accueil de 2 millions de passagers , l’ONDA  a pu aussi initier d’autres chantiers, à l’image du développement de l’aéroport de MARRAKECH-MENARA qui devra se terminer en mars 2016 pour le terminal 3 et décembre 2017 pour le terminal 1 , l’enveloppe dédiée aux travaux est de l’ordre de 1.3 milliard de DH HT. L’ONDA a aussi procédé au développement d’autres aéroports comme celui de FES SAISS avec une enveloppe de 479 millions DH HT,  de GUELMIM avec un budget de 219,6 Millions et de L’aérodrome de Zagora à un cout de 119,6 millions DH HT.

Le gouvernement nommé par sa majesté le roi Mohamed VI en 2012 a pu en trois année révolutionner les travaux liés au développement des aéroports d’une manière remarquable, néanmoins l’idée de déléguer la gestion de ces aéroports au secteur privé reste absurde et incompressible, surtout si on sait que cette institution est tellement stratégique pour le pays, on pourra même la considérer comme étant un instrument incontournable pour le développement de l’économie et du tourisme. 

L’ONDA connait aujourd’hui une autonomie financière, on pourra dire même que c’est une institution qui dégage des bénéfices, D’après les états de synthèse comptables arrêtés au 31-12-2014, on pourra remarquer  que cette institution a pu réaliser un bénéfice net comptable de 679 736 650 de DH HT avec un excédent brut d’exploitation   de  1 804 450 350 et une capacité d’autofinancement de 1 442 827 902. A travers ces indicateurs, on pourra déduire  que l’ONDA est une institution rentable et qui pourra mieux donner à moyen terme. 

Dans le cadre du partenariat public-privé que l’état veut mettre en œuvre pour ce secteur, Le fait de décider d’intégrer le privé dans la gestion des aéroports devra se limiter aux nouveaux projets non rentables, tout en gardant la main mise sur les autres grandes structures, notamment l’aéroport de Mohamed V à Casablanca ou Lmnara de Marrakech.

Certes que l’effort d’investissement en la matière est très couteux pour l’état et constitue une dépense énorme aux niveaux du budget, mais ce sont des dépenses structurelles qui restent très rentables à moyen et long terme et pourront même contribuer à la croissance et la stimulation de l’offre globale.

Le gouvernement en cas de décision de délégation de gestion de ces aéroports devra mettre en place des contrats pluriannuels entre l’exploitant et l’État tout en privilégiant les petites structures qui ont des problèmes de gouvernance et de rentabilité. Lors de la mise en place de ces contrats programmes l’état devra imposer un cahier de charges incluant trois éléments essentiels : L’investissement, La qualité de service et Le développement durable.

En matière d’investissement l’état devra imposer des investissements de capacité et de renouvellement en respectant trois axes  à savoir une Grande mobilité et accessibilité, Plus de confort et un service ciblé.

En matière de qualité de service, Il s’agit avant tout de travailler sur tous les leviers d’amélioration de la satisfaction des compagnies et des passagers ainsi que de favoriser l’innovation.
Le lancement de ce processus devra s’accompagner par la mise en place des textes réglementaires en matière de transport et d’aviation civile tout en se basant sur la loi en vigueur relative au partenariat public-privé.

La décision de déléguer la gestion des aéroports est une décision stratégique qui nécessite une sagesse et une longue réflexion, certes que c’est une expérience qui a été réussie dans d’autre pays comme la France à travers la mise en place des Contrats de régulation économique, mais pourra aussi se transformer rapidement en grand échec surtout quand il s’agit d’un partenariat avec du privé représentant les intérêts d’une autre nation.



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