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Maria Isabel SANCHEZ - AFP - publié le Dimanche 24 Novembre à 19:13

Pauvre et violent, le Honduras vote pour tourner la page du coup d'Etat




Encadrés par un large déploiement policier et militaire, les Honduriens votent dimanche sous le soleil pour désigner leur nouveau président, les deux principaux candidats étant l'épouse du dirigeant renversé par un coup d'Etat en 2009 et un partisan de ce putsch.



Horacio Cartes, le candidat du Parti Colorado, pendant une réunion électorale à Caaguazu. Crédits photo : HANDOUT/REUTERS
Horacio Cartes, le candidat du Parti Colorado, pendant une réunion électorale à Caaguazu. Crédits photo : HANDOUT/REUTERS
En ouvrant le scrutin, le président du Tribunal électoral (TSE), David Matamoros, a appelé les 5,4 millions d'électeurs inscrits a accomplir leur devoir électoral avec "foi, dignité et civisme".

Ouverts jusqu'à 16H00 locales (22H00 GMT), plus une heure de battement pour résorber les éventuelles files d'attentes, les bureaux de vote sont placés sous la protection de militaires en armes et environ 800 observateurs étrangers ont été déployés pour garantir la transparence du scrutin.

M. Matamoros a également ajouté espérer que cette élection, "moment historique", permettra de "guérir les blessures", en allusion au coup d'Etat de juin 2009 contre le président Manuel Zelaya, époux de Xiomara Castro, l'une des principales candidates en lice dimanche.

L'autre favori de cette élection à un tour est l'homme d'affaires et président du Congrès Juan Orlando Hernandez, 45 ans, membre du Parti National au pouvoir et partisan du coup d'Etat de 2009.

"Je suis content, joyeux, le peuple hondurien est allé voter pacifiquement, tranquillement (...) C'est une fête (...) comme frères, comme enfants de dieu, comme enfants de la même patrie appelée Honduras et tous unis pour faire aller le pays de l'avant", a-t-il déclaré dimanche après avoir voté entouré de dizaines de partisans à Gracias, à 300 kilomètres de la capitale.

Dans le dernier sondage disponible, ces deux candidats faisaient jeu égal, avec 27 à 28% des intentions de vote. Ils sont huit au total à postuler à la succession du président Porfirio Lobo, élu dans la foulée du coup d'Etat au cours d'un scrutin boycotté par les partisans de gauche de M. Zelaya.

Les analystes craignent qu'un résultat serré ne soit porteur de contestations et de violences.

Elu en 2005 sur un programme libéral, Manuel Zelaya avait été renversé par un coup d'Etat militaire soutenu par la droite et le monde des affaires après avoir opéré un virage à gauche en se rapprochant notamment du Vénézuélien Hugo Chavez, décédé depuis.

Omniprésent dans cette campagne présidentielle au côté de son épouse Xiomara Castro, M. Zelaya est candidat à un siège au Congrès, les Honduriens élisant également dimanche leurs 128 députés et leurs 229 maires.

Bipartisme droite-droite historique

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Candidate pour le parti de gauche fondé par son mari, Mme Castro a fait campagne sur le thème de la réconciliation, appelant, dans un entretien avec l'AFP, à "la paix et (à) la tranquillité" pour le Honduras.

Entre putschistes et légalistes, "les blessures ne sont pas refermées. Ma peur est que si les élections ne sont pas transparentes et légitimes, (les plaies) saignent à nouveau", a expliqué cette semaine à l'AFP le sociologue Adan Palacios.

Juan Orlando Hernandez s'est engagé, lui, à lutter d'une main ferme contre l'insécurité, en s'appuyant sur l'armée, un message positivement perçu par une large frange des 8,5 millions d'habitants du pays qui affiche le record mondial d'homicides (85,5 pour 100.000 personnes en 2012 selon les autorités, soit environ 20 meurtres par jour, généralement impunis).

"Le principal problème est la violence, causée par le chômage. Les gens se sont habitué à gagner de l'argent en tuant", a commenté Pedro Garay, un économiste retraité de 72 ans, après avoir déposé son bulletin dans l'urne.

En cas de victoire, Mme Castro serait non seulement la première femme à diriger ce pays d'Amérique centrale parmi les plus pauvres d'Amérique latine, mais incarnerait également la première véritable alternance politique depuis plus d'un siècle que deux partis de droite (Parti Libéral et Parti National) se partagent le pouvoir, avec des régimes militaires.

Dans la rue, l'impatience est palpable. "J'espère que les Honduriens vont prendre conscience et voter pour des gouvernants qui nous sortiront (de cette situation) qui n'est plus tenable", a commenté devant la presse le premier électeur du jour, Randal Godoy, un vendeur d'équipement audiovisuel.


Tagué : Honduras

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