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IRIS - publié le Vendredi 23 Décembre à 20:19

Pascal Boniface - Maroc : être lucide sur le passé, pour mieux préparer l'avenir




Analyse de Pascal Boniface - Paris (IRIS) - Comment permettre l’enracinement de la démocratie, notamment dans le monde arabe ? Le débat fait rage depuis maintenant 3 ans.



Les Américains ont prôné le modèle du coup de pied dans la fourmilière, y compris par la guerre. Le bilan de celle d’Irak apparaît largement et globalement négatif. Les adversaires de cette politique estiment que l’on peut appuyer de l’extérieur un mouvement démocratique mais que celui-ci doit avant tout être le fruit d’un processus interne.

Ce qui se passe actuellement au Maroc confirme cette approche. Pendant très longtemps, les Occidentaux ont en effet accepté les violations des droits de l’homme dans le pays, le roi Hassan II étant un allié important. Ce silence fut critiqué par les opinions publiques dans les années 90. Le Maroc commença alors une libéralisation du régime. Le roi Mohamed VI a accentué cette ouverture, après qu’il eut succédé à son père. En janvier 2004, il a mis ainsi en place un organisme chargé de faire la lumière sur les violations graves des droits de l’homme survenues au Maroc, de l’indépendance à son avènement.


Une analyse de l'IRIS

La commission intitulée Equité et réconciliation était composée de 17 membres, (avocats, journalistes ou enseignants). Son président avait passé 17 ans en prison pour avoir adhéré à un groupe marxiste-léniniste dans les années 70. Elle vient de rendre son rapport en 6 volumes, après avoir étudié 24 000 demandes de réparations adressées par les victimes ou leurs ayant-droits. 7 000 victimes ont été indemnisées. La commission prône dans le rapport qu'elle vient de remettre la consolidation des garanties constitutionnelles et l’éradication de l’impunité, même si elle a demandé que le nom des personnes mises en cause ne soit pas rendu public.

A ceux qui reprochent à cette commission de n’être qu’une vitrine médiatique à usage international, la lecture du rapport peut apporter quelques assurances. Elle emploie des termes très durs par rapport à la gestion passée en matière de disparitions forcées, de détentions arbitraires, ou de tortures.

Or, le regard lucide sur le passé et la reconnaissance des erreurs commises est le meilleur gage d’un avenir plus rassurant et plus respectueux des droits individuels et collectifs. De nombreux pays ont ainsi, chacun en fonction de leur histoire récente, mis en place des commissions dites « de vérité » ou de « réconciliation », garantie d’une transition politique ou sociétale positive.

Pascal Boniface

Directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), il a dirigé l'ouvrage collectif « L'Année stratégique 2006 » qui vient de paraître chez Dalloz.


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