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Zineb El Kadri - publié le Mardi 27 Mai à 13:11

Paris mon bled de Youssouf Amine Elalamy



Paris mon bled est le dernier-né d'une trilogie consacrée à l'immigration, à ses douleurs, ses dérives et ses tristes réalités. Un roman né d'une étude menée par l'auteur Youssouf Amine Elalamy auprès de jeunes Marocains de la troisième génération.
Après "Un marocain à New York" et "Les Clandestins" Youssef Amine Elalamy récidive avec "Paris mon bled", croquis réaliste mais empreint d'humour et de poésie de la condition sociale des français d'origine maghrébine.



Paris mon bled de Youssouf Amine Elalamy

Paris mon bled entre hérésie,humour et poésie

On retrouve la griffe mordante mais lucide de l'auteur, à chaque détour de paragraphe, le même mélange d'esprit d'analyse, de légèreté et de profondeur.
YAE est épris par ce sentiment d’oscillation entre identité et altérité, cette confrontation des deux civilisations, des deux cultures.
Il annonce dans une interview :
« Je crois qu'au delà de la problématique de l'immigration, je suis fasciné par ce phénomène de "l'entre deux", de la double culture, de l'impossibilité de se placer véritablement dans l'une ou l'autre, du brassage de cultures, de ce mariage mixte plus ou moins réussi, Les jeunes que j'ai observés étaient tous issus de la troisième génération, bien intégrés, avec des emplois stables., pourtant au fil des discussions, nombreux sont ceux qui avouèrent qu'ils avaient eu quelques démêlés avec la justice... »

Ils se sentaient très français et pourtant leur malaise est pressenti quand on leur questionnait à propos de leurs coutumes culturelles ou religieuses.
L'épisode de Moussa agonisant sur le bitume en soupirant le nom de sa mère, de sa ville et de son quartier est très significatif à cet égard.
Par conséquent, On ne remonte jamais aux origines d'un Français dont les grands-parents ont immigré de Pologne. Les gènes de Moussa sont inscrits sur ses traits, sur sa peau, ses yeux. Un millimètre d'épiderme qui rend son intégration ardue. Paris, mon bled c'est aussi l'univers beur, le rap, les fanfaronnades méridionales entre amis, le rebeu courant, la frustration affective, sexuelle, le sentiment de rejet. Pour Abdelkhalek, au physique jugé ingrat, à cause de ses boucles frisées et de sa peau basanée, la seule échappatoire reste le rêve, la mythomanie et la bravache. Il plante la scène dès la première phrase du roman "Paris c'est mon bled", répond-il à ceux qui le renvoient au pays d'origine de ses ancêtres.
Lors d’une interview Youssouf Amine Elalamy, s’explique :
« Je ne l'ai vraiment pas fait exprès , Mon livre tombe à point nommé, c'est vrai mais je pense qu'il faut éviter de grossir le phénomène Lepen. J'estime qu'il s'agissait dimanche 21 avril d'un vote sanction. De plus, le résultat des suffrages, découle directement de l'éparpillement des votes de gauche...Il s'agissait aussi de conséquences conjoncturelles. Depuis le 11 septembre, les Arabes et les Musulmans ont mauvaise presse. L'association arabe-terroriste devient monnaie courante. Derrière chaque Arabe se dessine un Benladen potentiel. La montée de l'insécurité exacerbe le malaise social. Lepen véhicule l'image d'une France forte, unie, ce qui protège et sécurise les anti-Arabes, anti-Euro de tout bord... »
Et à la question suivante : Un livre vrai, actuel. Une part d'autobiographie sans doute ?
Il répond :

« Pas exactement. J’ai toujours vécu au Maroc, sauf pendant les trois ans où j'ai habité à New York, mais je ressens très intensément la problématique de "l'entre deux" de "l'interculturel"... C'est vrai que mes trois romans sont tous écrits à la première personne, mais je pense que la page est tournée. La trilogie est bouclée. J'entame un quatrième roman qui ne concerne en rien le thème qui m'a préoccupé.... Motus et bouche cousue. »

Le roman est composé de six séquences, chaque séquence est subdivisée à son tour de chapitres.
La première séquence dispose de cinq chapitres : Elle est intitulée UN, qui se subdivise en cinq parties : Khalek, Canaille+ , Secouez-moi, S.O.S.Racines, Les copains d’abord.
La Seconde intitulée Deux : En chair, et bientôt en os, La tête dans le four , Questions pour un morpion, Le père n’est pas toujours noël, génération McDO.

La troisième partie intitulée Trois : Les voyageurs à destination de Casablanca, Tante lyasmine, Si ce n’est Laoufi, c’est donc son frère, Restez en ligne, Une voisine qui vous veut du bien, A vous, Rahma.
La quatrième partie : intitulée Quatre : Back to paris, Jusqu’à que la mort nous fasse mourir, no sexe sans latex, j’expire, William de son petit nom.
La cinquième partie : intitulée Cinq : Pas du tout carte postale, Pluie du soir, Les jours abeilles, Peau d’âme.
La sixième partie : intitulée six : on a tiré un coup, Le racisme expliqué à Benjelloun, Du cochon en général et de l’alcool en particulier, La vérité sur mon frère, appelez moi fatna, Du sang et même pas l’Aid, La télé en personne.
Ainsi, Le titre Paris mon Bled connote cette Dichotomie ressentie par les Immigrés: Paris lieu de civilisation de culture, d'Immigration et bled synonyme de pays en Arabe ou Douar ou encore ville: lieu de départ, des origines. Tout le texte révèle ce dilemme, cette déchirure entre Identité et Altérité.

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