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Fatima Alfami - publié le Vendredi 1 Novembre à 20:50

Parcours vécu par une parturiente pour bénéficier d’un accouchement en milieu surveillé




L'article traite du parcours d'une femme enceinte à risques pour bénéficier d'un accouchement en milieu surveillé dans le cadre de la réduction de la mortalité maternelle et néonatale que défend le département national de la santé.



Nul ne peut nier tous les discours et efforts déployés pour réduire le fléau de la mortalité maternelle et néonatale que connaissent les pays en voie de développement en général et le Maroc en particulier.

Dans ce contexte, la région Marrakech Tensift Al Haouz a bénéficié de l’intervention de plusieurs organismes internationaux et particulièrement le FNUAP depuis les années 90. J’ai eu particulièrement l’occasion de travailler dans le cadre du programme en tant qu’infirmière au niveau opérationnel (maternité) et administratif (animation/gestion du programme, Ce que j’ai vécu avec cette femme m’a choquée tant au niveau de la fluidité que de l’accessibilité au service offert.

L’expérience a commencé par l’envoi de la femme le 22/10/2013 à une maison d’accouchement urbaine de grande renommée après demande d’un avis de professionnel de la part de mon neveu. Il s’agit d’une jeune femme de 25 ans, primipare, suivie par un médecin généraliste qui s’est trompée sur la date présumée d’accouchement et n’a pas demandé d’examens de sang prénataux à l’intéressée. Par conséquent, le jeune couple est assuré du bon déroulement de la grossesse, l’accouchement est prévu au mois de novembre et les douleurs dont souffre la femme ne sont que des spasmes abdominaux suite à l’ingestion de viande de mouton (période de l’aïd Al Adha).

A la maison d’accouchement du secteur, la femme est renvoyée à l’hôpital régional vu qu’il s’agit d’une primipare que la structure ne prend pas en charge. Toutefois, une liste d’examens de sang lui ont été prescrits.

Une fois les examens faits et les résultats obtenus, le couple s’est dirigé avec le bilan qui montre que la femme a une anémie sévère à l’hôpital régional. A ce niveau, l’examen physique a évoqué le début des contractions de l’accouchement. Seulement, la femme est appelé à rester dehors jusqu’à ce que l’avancement dans le processus de dilatation. J’ai été surprise par cette nouvelle qui annule toutes mes anciennes connaissances et procédures administratives connues et vécues. Je me rends immédiatement auprès du couple.

Une fois sur les lieux, mon choc fût plus grand devant une foule de femmes en travail qui se baladent dans le couloir et le jardin avoisinant du service de la maternité et où l’une d’entre elles a accouché du premier jumeau décédé à la naissance et attend le moment de la venue du deuxième jumeau sur un chaise. Ne croyant pas mes yeux, je me rends directement chez la responsable qui m’a reconnue et m’a envoyé voir avec le service d’accueil. Au niveau de ce dernier, la responsable des admissions m’a confirmé l’absence de lits pour les expectantes : ce service s’effectue en dehors du service de la maternité. Selon cette personne, on peut aller voir avec l’administration.

Comme cela m’a paru bizarre vu tous les risques encourus par les parturientes, je me suis rendue aux bureaux administratifs qui étaient tous fermés (il était aux environs de 14 heures). Après la rencontre avec une collègue et discussion, j’ai pris de l’existence d’une autre maternité urbaine qui faisait partie de mes activités administratives antérieures. Il est à noter que jusqu’à ce moment, je n’avais pris connaissance des résultats du bilan sanguin tellement les prises de décision des deux services vus m’ont mise dans un choc difficile à vivre.

Après cette prise de contact, on a pris un taxi pour se rendre à la troisième structure. A ce niveau, l’unique sage-femme de garde a pratiqué l’examen gynécologique et a regardé le bilan. Elle a pris la décision de nous donner un billet de référence pour retourner à la maternité de l’hôpital régional vu que c’est leur structure de référence et que la femme est anémique.

De retour, on a été confronté au même scénario et on devait attendre dehors l’arrivée du médecin de garde qui n’était pas sur place. La scène n’est pas belle à voir et l’attente est difficile. Un autre contact m’a révélé que même après attente du médecin de garde, l’anémie est une référence au CHU. J’ai décidé sur le champ de les accompagner au CHU vu que je connais des gens et que peut être le diagnostic et l’intervention pourront donner une suite favorable au déluge vécu.

On a pris un taxi et on s’est rendu au CHU qui se trouve à l’autre bout de la ville. Un fois sur place et après logue attente, une résidente a regardé le dossier (bilan sanguin, fiche de référence) et m’annonce froidement après avoir pris connaissance du lieu de résidence de ramener la femme à l’hôpital régional. Ma réaction fût de lui expliquer le parcours dont elle n’a rien voulu entendre. Le miracle fût qu’elle allait juste demander au chef de service.

Après leur discussion, le déluge est élucidé et la femme fût prise en charge. Je ne veux pas rentrer dans les détails de toute la prise en charge qui rentre dans ce niveau de structure. Toutefois, il est à signaler que la qualité des services offerts laisse à désirer ainsi que l’absence de l’application de la gratuité des prestations de l’accouchement dans le cadre de la réduction de la mortalité maternelle et néonatale.

En termes de conclusion, j’ai voulu attirer l’attention sur le parcours obligé pour les parturientes à risques et surtout pour mettre en relief la réalité vécue et pouvant être vue par la visite des structures que j’ai approché le 22/10/2013. En effet, ce parcours est tâché par plusieurs activités sanitaires tel que :
• L’insuffisance de la sensibilisation des femmes enceintes sur le volet préventif ;
• L’accessibilité dans ses trois volets (financier, culturel et physique) vu le prix payé pour ce couple en temps, argent (taxis, prestations) et énergie ;
• La qualité des prestations reçues suite à plusieurs efforts déployés ;


Tagué : Fatima Alfami

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