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Larbi Amine - Lemag - publié le Mardi 25 Mars à 09:37

Omar Hillale : Le pouvoir algérien un triste modèle mondial du violeur des droits de l'Homme



Genève - Omar Hilale est l'ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l'ONU à Genève, il a déclaré que les autorités algériennes représentent un triste modèle des violations des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, soulignant que son sombre registre est parmi les plus décriés à l'échelle internationale, rapporte lundi, l'agence MAP.



Omar Hillale - Capture vidéo
Omar Hillale - Capture vidéo
La critique de l'ambassadeur marocain à l'encontre des autorités algériennes en matière de violation des droits de l'homme, a été faite lors d'un débat du Conseil sur le suivi de la déclaration et du programme d'action de Vienne (DPAV).

L'ambassadeur Hillale y a déclaré que "les autorités algériennes auraient mieux fait de se préoccuper du non-respect dans leur pays des dispositions pertinentes de la Déclaration et du Plan d'action de Vienne, car elles détiennent le record des violations de ces deux documents".

Violations des droits fondamentaux

Omar Hillale a rappelé que l'article premier de la Déclaration de Vienne réaffirme l'obligation de la protection de l'ensemble des droits de l'Homme et des libertés fondamentales pour tous : "Or en Algérie, les libertés d'opinion, d'expression, de manifestation et de rassemblement pacifiques sont réprimées en permanence, comme l'atteste le rapport de HRW de janvier 2013".

Ce rapport, a-t-il précisé, souligne que "les autorités algériennes invoquent des lois et réglementations répressives pour étouffer les voix dissidentes et juguler les activités relatives aux droits de l'Homme".

Persécution des minorités ethniques et religieuses et des réfugiés étrangers

Hillale s'est également référé à l'article 19 de la Déclaration de Vienne selon lequel "les personnes appartenant à des minorités ont le droit de jouir de leur propre culture, de professer et de pratiquer leur propre religion et d'utiliser leur propre langue". Or en Algérie, a-t-il relevé, "les manifestations des minorités kabyles et mozabites sont violemment réprimées et toute manifestation est expressément interdite comme l'atteste le rapport du réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme".

Il a en outre rappelé que l'article 23 de la Déclaration de Vienne réaffirme que chaque réfugié a le droit de retourner dans son pays d'origine. A cet égard, il a fait observer que "les camps de Tindouf en Algérie, où sont retenues les populations sahraouis, sont décrits par le parlement européen comme une zone militaire à l'accès restreint".

HRW a pour sa part appelé l'Algérie dans son rapport à "garantir les droits des populations des camps à la liberté d'association, de rassemblement, d'expression et de circulation, y compris pour retourner au Maroc s'ils le désirent".

Pratique de la torture, des exécutions sommaires, des disparitions forcées et des détentions arbitraires

Omar Hillale a évoqué l'article 30 de la Déclaration de Vienne consacré aux "violations flagrantes et systématiques", y compris la torture, les exécutions sommaires et arbitraires, les disparitions et les détentions arbitraires. "Or en Algérie, ces pratiques sont monnaie courante comme en témoigne les ONG Algeria Watch et Amnesty International qui affirment dans leurs rapports que la torture est une pratique institutionnalisée en Algérie", a relevé le diplomate.

Il a également fait référence au rapport de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) qui dénonce "les exécutions extrajudiciaires et les centres de détentions ou de torture clandestins".

S'agissant des disparitions forcées, Hillale a rappelé qu'Amnesty International a déploré dans son rapport que "l'Algérie n'ait pas mené des enquêtes sur le sort des milliers de personnes victimes de disparitions forcées". En effet, les chiffres du rapport du groupe de travail sur les disparitions forcées involontaires montrent qu'à peine 0,45% des cas dont il est saisi ont été élucidés.

Droits civiles bafoués

Il a également indiqué que la Déclaration de Vienne (Art. 38) souligne que les ONG et leurs membres devraient "jouir des droits et des libertés reconnus dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et de la protection de la loi nationale". "Or les rapports de HRW, Amnesty International, FIDH, l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme déplorent le refus systématique de l'Algérie pendant de longues années de délivrer des visas d'entrée à des ONG des droits de l'Homme", a fait remarquer Hilale.

Ces organisations, a-t-il précisé, révèlent que "l'Algérie est le seul pays de la sous-région à restreindre de manière générale l'accès à son territoire aux organisations de défense des droits de l'Homme", concluant que ce pays "qui siège désormais au CDH doit mettre fin à cette mascarade".

Il a aussi fait savoir que la FIDH et l'OMCT ont dénoncé, dans une déclaration conjointe devant la Commission africaine des droits de l'Homme, "le harcèlement judiciaire sur la base d'accusations fallacieuses, accompagnées d'arrestations et de détention arbitraires, qui reste la technique de harcèlement la plus courante en Algérie", en qualifiant le harcèlement en Algérie de "systématique".

L'article 95 du Plan d'Action de Vienne souligne l'importance de permettre aux Procédures spéciales de "remplir leurs mandats dans tous les pays du monde" et appelle à "l'entière coopération de tous les Etats à cet égard", a noté l'ambassadeur.

"Or, comme l'atteste le Comité de l'ONU contre la torture, l'Algérie continue de refuser depuis 1997 les visites des Rapporteurs spéciaux sur la torture et sur les exécutions sommaires et extrajudiciaires, ainsi que les Groupes de travail sur les disparitions forcées ou involontaires et la détention arbitraires", a rappelé Hilale.

L'ambassadeur algérien insulte Omar Hillale

Selon l'agence MAP, Irrité et perdant son contrôle, l'ambassadeur algérien a interrompu son homologue marocain à coup d'invectives et d'insultes personnelles,  poussant par son comportement le président du Conseil à rappeler au diplomate algérien la nécessité de vouer un minimum de respect à l'institution du Conseil et à la fonction d'ambassadeur, affirmant qu'"il s'agit d'un débat entre ambassadeurs et non entre militaires".

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