Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Quand l’ambassadeur algérien à Bruxelles s’autoproclame porte-parole... | via @lemagMaroc https://t.co/F0hTNSg04E https://t.co/kNECBG2gzr



Lemag - MAP - publié le Lundi 16 Décembre à 12:05

Omar Dahbi : Les Espagnols ayant des "préjugés" sur la question du Sahara se doivent d'en sortir




Las Palmas - Omar Dahbi est le Directeur de la Rédaction de Radio Méditerranée Internationale, il a publié une Tribune libre au journal canarien "La Provincia".



Omar Dahbi
Omar Dahbi
"Il est temps pour les Espagnols ayant des prises de position préétablies sur la question du Sahara de sortir des préjugés et transcender les sentiers battus afin de résoudre ce conflit et d'aller en avant", a relevé Omar Dahbi, notant que "la situation géopolitique dans la région ne permet guère d'espérer voir un jour naître un micro-Etat" qui "ne serait viable ni politiquement ni économiquement ni même sur le plan sécuritaire".

Sous le titre "Sahara: Hablando se entiende la gente (C'est en parlant que les gens peuvent s'entendre)", Omar Dahbi qui a rappelé que le Plan d'autonomie est un pas en avant que le Maroc a effectué et qui est qualifié par La Maison blanche de sérieux, réaliste et crédible, a souligné que le problème du polisario "est qu'il ne propose rien et refuse de parler sur le principe et s'accroche à un statu quo qui ne sert pas les intérêts des peuples de la région maghrébine".
 
"+Il est temps de trouver une solution au conflit du Sahara. Et c'est au Maroc de faire un pas en avant+. C'est en ces termes qu'un ami espagnol résuma le fond de sa pensée sur l'affaire du Sahara lors d'une récente discussion sur la géopolitique au Maghreb. Un énoncé réducteur à mon avis, mais qui ne m'étonne plus, tant de la part d'intellectuels que d'observateurs politiques espagnols puisque je suis devenu, au fil des années, habitué à entendre cette phrase revenir comme un refrain ou un axiome à chaque fois que la question du Sahara est sujet de débat en Espagne", écrit l'auteur de cette Tribune. 
 
"Ce que j'ai envie que mes amis espagnols reconnaissent est que le sujet est beaucoup plus complexe que cela. Pour eux, il suffirait que le Maroc décide d'accepter à nouveau l'organisation d'un référendum et tout est réglé. Ils oublient toutefois que le chemin le plus compliqué et le moins porteur d'espoir pour la résolution de ce conflit reste justement le référendum dans la manière avec laquelle il était envisagé.

L'histoire récente l'a prouvé. Le Maroc avait accepté le principe et s'était engagé sur la voie de son organisation. Mais, au bout de plusieurs années de préparation infructueuse, tout le monde, amis, adversaires et organisations internationales, était arrivé à la même conclusion: impossibilité de se mettre d'accord sur les listes électorales et, donc, impossibilité d'organiser le scrutin.

C'est au terme de ce processus que le Maroc, constatant le blocage et ayant la volonté sincère de résoudre ce problème, et répondant favorablement à la demande expresse de l'ONU et du Groupe des amis du Sahara de donner une nouvelle impulsion au processus, qu'il a mis sur la table le Plan d'autonomie élargie. Un petit rappel s'impose. Jusqu'à 2007, les deux parties avaient des positions diamétralement opposées: le Polisario voulait l'indépendance totale et le Maroc s'attachait à la souveraineté totale.

Le Plan d'autonomie est un pas en avant que le Maroc a effectué et qui est qualifié par La Maison blanche de sérieux, réaliste et crédible. En harmonie avec cet esprit constructif nous sommes tous dans le droit de nous interroger: +Quel est donc ce pas en avant qu'a fait le Polisario depuis sa création ?+", souligne Omar Dahbi. 
 
Et d'ajouter: "Ce que j'ai envie que mes amis espagnols ayant des prises de position préétablies sur la question du Sahara comprennent est qu'il est temps de sortir des préjugés et transcender les sentiers battus afin de résoudre ce conflit et d'aller en avant. Camper sur des positions stériles ne rend aucunement service à la population du Sahara et encore moins à celle qui survit dans des conditions lamentables dans les camps de Tindouf. Voilà 38 ans qu'ils y sont installés.

Le désespoir s'est emparé d'eux pendant que la non-solution sert uniquement les intérêts de ceux qui les dirigent et qui s'éternisent dans le confort d'un pouvoir sans contre-pouvoir. Toute la jeunesse est née dans ces camps et n'entretient plus d'espoir ou d'ambition, ce qui augmente sa vulnérabilité face aux tendances radicales qui envahissent son environnement".
 
Pour le Directeur de la Rédaction de Radio Méditerranée Internationale, "aujourd'hui, pour résoudre le conflit, il est impératif de faire preuve de réalisme et de s'armer de bonne foi".

"Regardons les choses telles qu'elles sont avec une véritable franchise et au-delà des convictions personnelles: la situation géopolitique dans la région ne permet guère d'espérer voir un jour naître un micro-Etat. Il ne serait viable ni politiquement ni économiquement ni même sur le plan sécuritaire.

Du point de vue diplomatique, il est aussi important de constater que toutes les puissances mondiales sont unanimes sur le fait que la seule voie réaliste et passible d'application reste l'autonomie élargie proposée par le Maroc dont les efforts sont reconnus année après année par le Conseil de sécurité de l'ONU comme sérieux et crédibles", note-t-il. 
 
"Pourquoi donc ne pas avoir le courage d'aller en avant et de casser les préjugés et de construire ensemble le futur. Notre avenir passe impérativement par un Maghreb uni dans le respect de sa diversité régionale au Maroc et ailleurs.

La nouvelle constitution marocaine l'a prévu, reconnu et institutionnalisé. Qu'il en soit fait de même ailleurs et allons vers cette union qui apportera la paix, la sécurité et le développement pour tous", souligne l'auteur de cette Tribune, rappelant les efforts entrepris par le Maroc en matière des droits de l'Homme et du développement local et de l'institutionnalisation de ces acquis, efforts reconnus par la communauté internationale qui voit dans le royaume un allié, un partenaire stratégique, une source de stabilité et un foyer de prospérité dans la région. 
 
"Faisons donc, ensemble, un bond en avant et entamons notre propre chemin vers la solution. Franchir le pas de la négociation sur la base de l'autonomie élargie n'empêche aucunement la persistance d'une quelconque autre revendication. Nous avons dans l'Espagne un cas exemplaire.

Dans certaines communautés autonomes, le débat ne s'est jamais arrêté. On y retrouve ceux qui militent pour l'indépendance, ceux qui aspirent à élargir les prérogatives autonomes et ceux qui prônent le statu quo. Mais si le débat, lui, ne s'est jamais arrêté, cela n'a jamais empêché la marche de la construction et du développement et de la recherche du bien-être de la population dans le cadre de l'Etat central", écrit Omar Dahbi. 
 
Et de noter: "Récemment, un ami espagnol me disait: et pourquoi ne pas négocier une solution prévoyant l'autonomie durant trente ans avec des garanties et organiser au terme de cette période un référendum qui prévoit toutes les options avec de nouveaux interlocuteurs et un nouveau climat régional et international ce qui promouvrait le développement économique et social du Sahara et de toute la population de la région ?. Qu'est-ce qui empêche d'en parler? Le problème de l'autre partie est qu'elle ne propose rien et refuse de parler sur le principe et s'accroche à un statu quo qui ne sert pas les intérêts des peuples de la région maghrébine. C'est douloureux de voir les dirigeants actuels du Polisario décider unilatéralement de la condamnation de la population des camps de réfugiés à continuer à vivre dans le désert durant encore plusieurs années jusqu'à ce que ces dirigeants cessent d'exister".
 
"Pour aller vers la solution, il faut à la fois du courage et de la bonne foi. Il faut casser le mur de méfiance installé grâce aux interférences étrangères et aussi grâce aux erreurs de part et d'autre. Il faut parler et discuter directement. Faire de l'autocritique. Assumer les sacrifices. Abandonner le victimisme. Regarder vers le futur. Les Espagnols ne disent-ils pas: hablando se entiende la gente ? (C'est en parlant que les gens peuvent s'entendre).

Parlons donc, mais sans intermédiaire ni tuteur. Et le débat est ouvert sur tous les sujets dans le cadre du réalisme et de la volonté de résoudre ce conflit que ne fait que porter préjudice au développement de la région nord-africaine et à l'ensemble de ses populations", conclut l'auteur de cette Tribune libre.

               Partager Partager


Commentaires