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CGNews - Emarrakech - publié le Samedi 7 Février à 09:04

Obama devrait se rendre en Turquie




Liam Hardy - Washington – Pendant sa campagne électorale, le président américain Barack Obama a promis qu'il se rendrait dans un pays musulman dans les 100 premiers jours de son mandat pour prouver qu'il est sérieux quand il parle d'atténuer les tensions entre les Etats-Unis et le monde musulman.



S'il décide de mettre sa promesse à exécution, Obama devrait sérieusement envisager de se rendre en Turquie.

Les Etats-Unis et la Turquie ont longtemps collaboré sur la base d'un intérêt mutuel pour contenir le communisme pendant la guerre froide et pour renforcer la sécurité régionale et la démocratie pendant l'après-guerre froide. Néanmoins, les relations entre les Etats-Unis et la Turquie se sont récemment tendues, menaçant la collaboration entre les deux pays à plusieurs niveaux.

Phil Gordon et Omer Taspinar, deux spécialistes de la Brookings Institution, ont décrit dans une récente publication comment les principales divergences politiques au sujet de l'Irak, de l'Arménie, de Chypre et d'Israël ont créé de sérieux obstacles aux relations américano-turques.

Ces divergences ont attisé la méfiance de la Turquie à l'égard des Etats-Unis qui se sont classés, ces dernières années, au plus bas des sondages d'opinion comme le Pew Global Attitudes Project qui mesure le soutien populaire de chaque pays pour les Etats-Unis et sa politique.

Elles ont également contribué à exacerber le nationalisme et l'isolationnisme ainsi que le scepticisme des institutions perçues comme proches des Etats-Unis, ce qui indirectement influe négativement sur le soutien populaire du processus de réforme et d'adhésion à l'UE de la Turquie.

Les pressions qui résultent de la guerre en Irak ont été d'une importance capitale. En particulier, le point de vue du public en Turquie relativement au soutien des Etats-Unis pour un gouvernement régional autonome kurde dans le nord de l'Irak a fait naître du ressentiment et de la peur chez les Turcs, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ayant conduit un violent mouvement séparatiste pendant plusieurs dizaines d'années.

Bien que les relations se soient améliorées lorsque l'administration Bush a accepté de travailler avec la Turquie pour lutter contre le terrorisme découlant du PKK à l'intérieur des frontières irakiennes fin de 2007, l'opinion publique éprouve encore beaucoup de rancoeur contre les Etats-Unis quant à l'invasion de l'Irak.

En outre, les pressions nationales exercées sur le territoire américain en vue d'adopter une résolution au Congrès condamnant la Turquie pour le massacre des Arméniens pendant la première guerre mondiale a encore plus exclu les Turcs qui, pour la plupart, admettent la réalité de ces massacres mais soutiennent que la violence émanait des deux côtés.

Ils cherchent une commission internationale indépendante pour déterminer si les événements de l'époque constituent en réalité un génocide, un droit que la plupart des Turcs refusent d'admettre.

Des tensions sévères entre les deux pays sont apparues très récemment au sujet du conflit à Gaza. Le premier ministre turc Tayyip Ergogan, qui avait auparavant tenté de se construire une réputation d'honnête intermédiaire au Proche-Orient en supervisant les discussions entre Israël et la Syrie, s'est à plusieurs reprises prononcé contre la dernière intervention militaire d'Israël à Gaza.

En signe de protestation, il a même quitté un débat au Forum économique mondial de Davos en janvier dernier estimant que l'animateur l'empêchait de réagir aux remarques du président Shimon Perès.

Les relations turco-israéliennes, qui historiquement ont été bonnes, sont maintenant mises à l'épreuve, créant de la distance entre la Turquie et les Etats-Unis dont la Chambre des Représentants a adopté une résolution soutenant Israël lors du dernier conflit.

Certains en Turquie se demandent si le pays doit rester fidèle à son partenariat avec les Etats-Unis et l'Europe ou s'il ne devrait pas plutôt choisir de se rapprocher d'autres puissances présentes dans la région. Cette question se retrouve souvent chez ceux qui sont mécontents de la politique régionale des Etats-Unis et qui perçoivent un manque de respect de l'Occident en général.

Malgré ces récents désaccords, l'administration Obama devrait se rappeler que la démocratie turque, en dépit de ses failles, a montré qu'elle était l'une des plus appréciées et des plus durables de la région. S'il devait s'adresser au monde musulman depuis la Grande assemblée nationale de Turquie à Ankara dès l'abord, Obama enverrait un signal signifiant que les Etats-Unis seraient engagés à promouvoir la démocratie et à transiger dans la région.

Ce geste pourrait faire beaucoup pour revigorer le partenariat entre les Etats-Unis et son plus vieil allié majoritairement musulman. Ce geste enverrait également un message positif aux jeunes démocraties de la région selon lequel les Etats-Unis soutiennent fermement les élections libres et les représentants gouvernementaux comme la voie la plus légitime vers l'état de droit, souvent décrit encore aujourd'hui comme une ''expérience'' dans la structure démocratique.

Obama doit montrer qu'il soutient la Turquie dans sa quête d'une grande et stable démocratie représentative, et son engagement à assurer la prospérité et la liberté de tous les citoyens. En outre, s'adresser au reste du monde musulman de cette plate-forme signifierait le début d'un changement positif entre les Etats-Unis et l'ensemble de la région.


Tagué : obama, rendre, turquie

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