Elle inscrit ainsi son action de mécénat culturel dans une dynamique de partage avec les différents publics, dont le jeune public à travers une collaboration avec les établissements scolaires et les associations oeuvrant pour l'enfance.
Confortant sa démarche participative d’intégration dans l’environnement socioculturel, Société Générale multiplie les initiatives autour de valeurs essentielles telles que l’ouverture, la créativité, l’imagination, la diversité et le dialogue.
Donner, recevoir, partager… pour une culture vivante
Afin de participer au développement de l’art au Maroc et, en général, de la connaissance du fait artistique et de sa perception, Société Générale a organisé de février à mars 2009, une série de tables rondes.
A la mi-avril, un colloque international réunira des théoriciens et des artistes d’horizons divers, marocains et étrangers. Les conférenciers seront ainsi conviés à débattre avec l’assistance pour contribuer à partager leur vision de l’art et leur compréhension de la complexité des enjeux qui l’animent.
Ces rencontres sont proposées dans le cadre de la rétrospective « Abdelkébir Rabi’ – épreuves d’ombres », qui a lieu jusqu’au 30 avril 2009.
Planning et horaires du colloque international :
les jeudi 16 et vendredi 17 avril 2009, de10h00 à 17h30
Lieu :
Auditorium – Société Générale
55 Bd Abdelmoumen, 20 100 Casablanca
Entrée libre, dans la limite des places disponibles.
Informations au : (+212) 22 43 88 05
La part de l’ombre dans la création artistique
A l’aube de l’humanité, c’était près d’un foyer igné ou torche en main que l’artiste peignait dans la nuit des grottes préhistoriques ; et l’on peut imaginer aisément la danse des ombres portées accompagnant ses gestes en train de tracer des silhouettes animales et humaines sur des parois minérales. A l’origine de la peinture, nous dit la légende grecque, l’ombre : la jeune corinthienne, pour en garder l’image, fixa sur la surface murale le contour de l’ombre portée du visage de son amant en
partance. Depuis la nuit des temps, l’ombre préoccupe les artistes.
C’est que fondamentalement, sans l’expérience de l’ombre et de l’aveuglement, point de visible
ni de vision.
Mais, dès lors qu’il s’agit des arts visuels, la lumière est le plus souvent ce qui est mis en avant, tandis que l’ombre est gardée à l’ombre. Or, nulle lumière sans ombre, nulle perception ni conception de la lumière sans l’expérience de l’ombre et vice versa.
Celle-ci mérite donc d’être ramenée au jour et d’avoir droit à la parole. Elle mérite une réévaluation de son importance réelle.
Qu’en est-il de l’ombre (et plus largement de la nuit) dans la création artistique ?
Quelle part y occupe-t-elle ? Sous quelles modalités les artistes l’exploitent-ils ?
Comment est-elle produite et quels en sont les fonctionnements plastiques, artistiques, esthétiques et sémantiques ? C’est autour de ces questions que le colloque « La part de l’ombre dans la création artistique » réunit des spécialistes et des artistes pour réfléchir et débattre.
Confortant sa démarche participative d’intégration dans l’environnement socioculturel, Société Générale multiplie les initiatives autour de valeurs essentielles telles que l’ouverture, la créativité, l’imagination, la diversité et le dialogue.
Donner, recevoir, partager… pour une culture vivante
Afin de participer au développement de l’art au Maroc et, en général, de la connaissance du fait artistique et de sa perception, Société Générale a organisé de février à mars 2009, une série de tables rondes.
A la mi-avril, un colloque international réunira des théoriciens et des artistes d’horizons divers, marocains et étrangers. Les conférenciers seront ainsi conviés à débattre avec l’assistance pour contribuer à partager leur vision de l’art et leur compréhension de la complexité des enjeux qui l’animent.
Ces rencontres sont proposées dans le cadre de la rétrospective « Abdelkébir Rabi’ – épreuves d’ombres », qui a lieu jusqu’au 30 avril 2009.
Planning et horaires du colloque international :
les jeudi 16 et vendredi 17 avril 2009, de10h00 à 17h30
Lieu :
Auditorium – Société Générale
55 Bd Abdelmoumen, 20 100 Casablanca
Entrée libre, dans la limite des places disponibles.
Informations au : (+212) 22 43 88 05
La part de l’ombre dans la création artistique
A l’aube de l’humanité, c’était près d’un foyer igné ou torche en main que l’artiste peignait dans la nuit des grottes préhistoriques ; et l’on peut imaginer aisément la danse des ombres portées accompagnant ses gestes en train de tracer des silhouettes animales et humaines sur des parois minérales. A l’origine de la peinture, nous dit la légende grecque, l’ombre : la jeune corinthienne, pour en garder l’image, fixa sur la surface murale le contour de l’ombre portée du visage de son amant en
partance. Depuis la nuit des temps, l’ombre préoccupe les artistes.
C’est que fondamentalement, sans l’expérience de l’ombre et de l’aveuglement, point de visible
ni de vision.
Mais, dès lors qu’il s’agit des arts visuels, la lumière est le plus souvent ce qui est mis en avant, tandis que l’ombre est gardée à l’ombre. Or, nulle lumière sans ombre, nulle perception ni conception de la lumière sans l’expérience de l’ombre et vice versa.
Celle-ci mérite donc d’être ramenée au jour et d’avoir droit à la parole. Elle mérite une réévaluation de son importance réelle.
Qu’en est-il de l’ombre (et plus largement de la nuit) dans la création artistique ?
Quelle part y occupe-t-elle ? Sous quelles modalités les artistes l’exploitent-ils ?
Comment est-elle produite et quels en sont les fonctionnements plastiques, artistiques, esthétiques et sémantiques ? C’est autour de ces questions que le colloque « La part de l’ombre dans la création artistique » réunit des spécialistes et des artistes pour réfléchir et débattre.
Synopsis des différentes conférences
Dominique Berthet
Approche de l’inconnu
L’ombre suppose l’existence de la lumière. Elle ne peut prendre forme sans elle. Ombre et lumière sont opposées et complémentaires. Mais le sujet, ici, n’est pas tant la représentation de l’ombre, sa manifestation dans la peinture, la photographie ou le cinéma, que la part de l’ombre dans le processus créateur. Cela revient à envisager cette notion d’un point de vue métaphorique. Dans cette perspective, l’ombre sera interrogée en termes d’imprévisibilité, de hasard, d’accident, de regimbement, d’incertitude. C’est-à-dire ce qui échappe à l’intention, au contrôle, à la maîtrise. La question de la part de l’ombre dans la création artistique donnera donc lieu à une réflexion sur l’inconnu.
Dominique Berthet
Approche de l’inconnu
L’ombre suppose l’existence de la lumière. Elle ne peut prendre forme sans elle. Ombre et lumière sont opposées et complémentaires. Mais le sujet, ici, n’est pas tant la représentation de l’ombre, sa manifestation dans la peinture, la photographie ou le cinéma, que la part de l’ombre dans le processus créateur. Cela revient à envisager cette notion d’un point de vue métaphorique. Dans cette perspective, l’ombre sera interrogée en termes d’imprévisibilité, de hasard, d’accident, de regimbement, d’incertitude. C’est-à-dire ce qui échappe à l’intention, au contrôle, à la maîtrise. La question de la part de l’ombre dans la création artistique donnera donc lieu à une réflexion sur l’inconnu.
Aziz Daki
La part de l'ombre dans l'oeuvre de Miloud Labied
La touche circulaire a contribué largement à la réputation des tableaux de Miloud Labied.
Cette touche apparaît au milieu des années 60 et revient de façon persistante dans les oeuvres de l’artiste, en dépit du renouvellement de ses travaux. Jusqu’à sa mort, Miloud Labied a donné à voir des peintures marquées par des lignes qui tourbillonnent.
Cette intervention portera sur les significations des formes arrondies dans les tableaux de Miloud Labied, l’artiste ne faisant d’ailleurs aucun mystère de sa fascination envers les lignes circulaires dont l’origine remonte à deux épisodes qui ont marqué son enfance.
La part de l'ombre dans l'oeuvre de Miloud Labied
La touche circulaire a contribué largement à la réputation des tableaux de Miloud Labied.
Cette touche apparaît au milieu des années 60 et revient de façon persistante dans les oeuvres de l’artiste, en dépit du renouvellement de ses travaux. Jusqu’à sa mort, Miloud Labied a donné à voir des peintures marquées par des lignes qui tourbillonnent.
Cette intervention portera sur les significations des formes arrondies dans les tableaux de Miloud Labied, l’artiste ne faisant d’ailleurs aucun mystère de sa fascination envers les lignes circulaires dont l’origine remonte à deux épisodes qui ont marqué son enfance.
Hassan Echaïr
L’appropriation de l’ombre
L’ombre est un élément intimement lié à notre perception du réel, perception qui est la base
de nombreuses théories picturales.
Il s’agit d’une volonté d’imiter et de retenir les passages des ombres observables et imprécises comme traces d’installations. Des installations qui s’inscrivent en structures mobiles à base de pierres suspendues, de cordes et de bouts de bois bruts. Tout un vocabulaire s’invente pour tenter de mesurer le temps, temps vivant, temps mort, temps orchestré, temps arrêté.
L’ombre évoque une reconstruction de la réalité, une association au dédoublement, au décalage.
Sous une apparence simple et minimale, les ombres cachent une signification profonde et fragile. Une fugacité particulière qui a le pouvoir de se fondre avec les éléments réels.
L’appropriation de l’ombre
L’ombre est un élément intimement lié à notre perception du réel, perception qui est la base
de nombreuses théories picturales.
Il s’agit d’une volonté d’imiter et de retenir les passages des ombres observables et imprécises comme traces d’installations. Des installations qui s’inscrivent en structures mobiles à base de pierres suspendues, de cordes et de bouts de bois bruts. Tout un vocabulaire s’invente pour tenter de mesurer le temps, temps vivant, temps mort, temps orchestré, temps arrêté.
L’ombre évoque une reconstruction de la réalité, une association au dédoublement, au décalage.
Sous une apparence simple et minimale, les ombres cachent une signification profonde et fragile. Une fugacité particulière qui a le pouvoir de se fondre avec les éléments réels.
Moulim E l Aroussi
Approche du crépusculaire
Quand Delacroix s'est rendu au Maroc accompagnant une délégation diplomatique, il venait à la recherche de la lumière. Il n’a, en fait, récolté que l’ombre dans sa vraie réalité. L’ombre n’est plus restée, depuis, l’élément opposé et négatif de la lumière mais bien sa complémentaire. Cette découverte allait bouleverser le cours de l’art et donner à la lumière, pour la première fois dans l’histoire, une dimension métaphysico-mystique.
Quelle est donc cette terre qui a permis l’émergence de cette problématique ? Al Maghrib, littéralement le Couchant, là où le soleil vient s’abîmer chaque soir. Comment donc les artistes marocains ont-ils pris en charge cet héritage crépusculaire ? Retour sur la métaphore, archéologie de l'obscurité au-delà du bien et du mal.
Approche du crépusculaire
Quand Delacroix s'est rendu au Maroc accompagnant une délégation diplomatique, il venait à la recherche de la lumière. Il n’a, en fait, récolté que l’ombre dans sa vraie réalité. L’ombre n’est plus restée, depuis, l’élément opposé et négatif de la lumière mais bien sa complémentaire. Cette découverte allait bouleverser le cours de l’art et donner à la lumière, pour la première fois dans l’histoire, une dimension métaphysico-mystique.
Quelle est donc cette terre qui a permis l’émergence de cette problématique ? Al Maghrib, littéralement le Couchant, là où le soleil vient s’abîmer chaque soir. Comment donc les artistes marocains ont-ils pris en charge cet héritage crépusculaire ? Retour sur la métaphore, archéologie de l'obscurité au-delà du bien et du mal.
Michel Guérin
La peinture entre zoographia et skiagraphia
La peinture est certes représentation par des lignes et des couleurs « en quelque superficie » de « tout ce qui se voit dessous le soleil » (Poussin), donc zoographia – inscription du vivant en son entier ; mais elle paye par un autre côté tribut à l’ombre. Autant les Grecs ont redouté ou dénoncé la skiagraphia, l’écriture par le truchement des ombres, autant la peinture chrétienne aura cherché à spiritualiser cette part qui, loin de tirer vers le spectral ou le fantasme, sculpte la division du monde et du surmonde. On méditera cette contrariété constitutive de la peinture qui, comme le voulait Léonard, a peut-être plus besoin encore de l’ombre que de la lumière.
La peinture entre zoographia et skiagraphia
La peinture est certes représentation par des lignes et des couleurs « en quelque superficie » de « tout ce qui se voit dessous le soleil » (Poussin), donc zoographia – inscription du vivant en son entier ; mais elle paye par un autre côté tribut à l’ombre. Autant les Grecs ont redouté ou dénoncé la skiagraphia, l’écriture par le truchement des ombres, autant la peinture chrétienne aura cherché à spiritualiser cette part qui, loin de tirer vers le spectral ou le fantasme, sculpte la division du monde et du surmonde. On méditera cette contrariété constitutive de la peinture qui, comme le voulait Léonard, a peut-être plus besoin encore de l’ombre que de la lumière.
Jean Lancri
De L’ombre du cavalier à celle qui, sur la porte de Etant donnés, grandit autour des deux trous : réflexions sur la part de l’ombre chez Duchamp
Etant donnés : 1) la chute d’eau, 2) le gaz d’éclairage est l’oeuvre posthume de Duchamp. On s’interrogera sur la part de l’ombre, en l’occurrence celle de la mort, qui pourrait bien être à l’oeuvre dans cette installation. Celle-ci n’a été construite, selon le voeu de son auteur, qu’après son décès. A partir des deux trous forés dans une porte en bois, le visiteur aperçoit la représentation en trois dimensions d’une femme qui s’exhibe. Jean Lancri formule l’hypothèse que cette installation n’est qu’un leurre dont le but est de mettre en évidence l’ombre qui grandit désormais autour des deux trous, trace du passage des visiteurs. Celle-ci pourrait bien être l’ombre portée, depuis l’outre-tombe, de ce subtil « marchand du sel » qu’était Marcel Duchamp.
De L’ombre du cavalier à celle qui, sur la porte de Etant donnés, grandit autour des deux trous : réflexions sur la part de l’ombre chez Duchamp
Etant donnés : 1) la chute d’eau, 2) le gaz d’éclairage est l’oeuvre posthume de Duchamp. On s’interrogera sur la part de l’ombre, en l’occurrence celle de la mort, qui pourrait bien être à l’oeuvre dans cette installation. Celle-ci n’a été construite, selon le voeu de son auteur, qu’après son décès. A partir des deux trous forés dans une porte en bois, le visiteur aperçoit la représentation en trois dimensions d’une femme qui s’exhibe. Jean Lancri formule l’hypothèse que cette installation n’est qu’un leurre dont le but est de mettre en évidence l’ombre qui grandit désormais autour des deux trous, trace du passage des visiteurs. Celle-ci pourrait bien être l’ombre portée, depuis l’outre-tombe, de ce subtil « marchand du sel » qu’était Marcel Duchamp.
Mostapha Lâarissa
Ombre et Lumière Chez Michel Foucault
L’oeuvre de Foucault pourrait être considérée en elle-même comme un espace d’accueil pour la thématique de l’ombre. « Ombre » et « lumière », relèvent toutes les deux de l’arti ce, d’un agencement préalable de leurs rapports et de leur distribution. Dans ses commentaires de certaines oeuvres (Velasquez et Manet en l’occurrence), comme dans son anatomie politique des lieux d’incarcération et de pouvoir, Foucault dévoile les tensions sous-jacentes à la volonté de « tirer vers la lumière », réduire la part sombre des existences et des modes d’expression qui tentent de se créer des plis d’ombrage dans la lisse trame du dire et du faire dominants.
Ainsi, l’ombre s’avère l’altérité de ce qui fait la lumière. Témoignant toujours d’une présence (ici celle des codes et des dispositifs), elle en trace les limites sans en être pure négation, ainsi la folie ombre de la raison, le silence ombre de la parole, la mort celle de la vie. L’ombre est pli de résistance, condition–même de possibilité de toute présence « lumineuse » des ordres sémantique, politique ou idéologique…
Est-ce la raison pour laquelle les « zones d’ombre » ont toujours été des cibles à conjurer et à ramener à la grande trame du sens et du pouvoir ?
Ombre et Lumière Chez Michel Foucault
L’oeuvre de Foucault pourrait être considérée en elle-même comme un espace d’accueil pour la thématique de l’ombre. « Ombre » et « lumière », relèvent toutes les deux de l’arti ce, d’un agencement préalable de leurs rapports et de leur distribution. Dans ses commentaires de certaines oeuvres (Velasquez et Manet en l’occurrence), comme dans son anatomie politique des lieux d’incarcération et de pouvoir, Foucault dévoile les tensions sous-jacentes à la volonté de « tirer vers la lumière », réduire la part sombre des existences et des modes d’expression qui tentent de se créer des plis d’ombrage dans la lisse trame du dire et du faire dominants.
Ainsi, l’ombre s’avère l’altérité de ce qui fait la lumière. Témoignant toujours d’une présence (ici celle des codes et des dispositifs), elle en trace les limites sans en être pure négation, ainsi la folie ombre de la raison, le silence ombre de la parole, la mort celle de la vie. L’ombre est pli de résistance, condition–même de possibilité de toute présence « lumineuse » des ordres sémantique, politique ou idéologique…
Est-ce la raison pour laquelle les « zones d’ombre » ont toujours été des cibles à conjurer et à ramener à la grande trame du sens et du pouvoir ?
Jean Claude Le Gouic
L'ombre gagnée par la couleur
Que se passe-t-il lorsque les ombres s'habillent de couleurs et viennent perturber nos habitudes visuelles ? Il s'agira de se questionner sur l'importance, l'usage et la fonction des couleurs dans la représentation des ombres. Des lumineuses ombres des Meules de Monet à la série des Shadows de Warhol, en passant par la célèbre leçon donnée par Gauguin au jeune Sérusier à Pont-Aven, la couleur a conquis une certaine autonomie dans la peinture de l'ombre des gures et des choses. En faisant aussi appel à des productions personnelles, j'essaierai de mieux cerner comment le passage par la platitude et la couleur permet de favoriser de petits arrangements avec la logique, la trace et la mémoire.
L'ombre gagnée par la couleur
Que se passe-t-il lorsque les ombres s'habillent de couleurs et viennent perturber nos habitudes visuelles ? Il s'agira de se questionner sur l'importance, l'usage et la fonction des couleurs dans la représentation des ombres. Des lumineuses ombres des Meules de Monet à la série des Shadows de Warhol, en passant par la célèbre leçon donnée par Gauguin au jeune Sérusier à Pont-Aven, la couleur a conquis une certaine autonomie dans la peinture de l'ombre des gures et des choses. En faisant aussi appel à des productions personnelles, j'essaierai de mieux cerner comment le passage par la platitude et la couleur permet de favoriser de petits arrangements avec la logique, la trace et la mémoire.
Véronique Mauron
Ombre, pénombre, grisaille genèse des images
Dans nos cultures, le lumineux est valorisé. Lui sont attachés des aspects positifs de vitalité, de pureté, d’élévation, voire de transcendance. A contrario, l’ombre inquiète et est recalée au second plan, dissimulée, effacée par l’éclat. Pourtant, l’ombre apparaît à l’origine des images, si on suit l’histoire de Pline l’ancien (Histoire naturelle) racontant le dessin d’ombre esquissé par la fille du potier grec Dibutade. Il s’agit, dans cette conférence, de réinterroger le mythe antique à l’aune d’oeuvres artistiques contemporaines et d’autres images, non artistiques, qui vont s’inviter dans notre discours…
Ombre, pénombre, grisaille genèse des images
Dans nos cultures, le lumineux est valorisé. Lui sont attachés des aspects positifs de vitalité, de pureté, d’élévation, voire de transcendance. A contrario, l’ombre inquiète et est recalée au second plan, dissimulée, effacée par l’éclat. Pourtant, l’ombre apparaît à l’origine des images, si on suit l’histoire de Pline l’ancien (Histoire naturelle) racontant le dessin d’ombre esquissé par la fille du potier grec Dibutade. Il s’agit, dans cette conférence, de réinterroger le mythe antique à l’aune d’oeuvres artistiques contemporaines et d’autres images, non artistiques, qui vont s’inviter dans notre discours…
Bernard Moninot
Dialogue de l'ombre double
Si l’ombre est un phénomène qui dans l'histoire de l'humanité est à l'origine de la géométrie et le moyen de mesurer des choses lointaines par projection, dans les oeuvres de Bernard Moninot
elle lie Temps et Espace. Traditionnellement, la peinture et le dessin sont considérés comme des
arts de l'espace, mais ici le Temps est à l'oeuvre dans l'OEuvre.
La relation entre temps et ombre s'est effectuée il y a plus de 30 années, et a débuté en observant les changements de dimensions de l'ombre portée d'objets soumis aux rayons du soleil. Objets odélisés et reconstitués par l'artiste à l'aide de moyens rudimentaires d'après des choses observées dans la vie quotidienne. La lumière se pose et agit sur ces constructions / obstacles, le dessin ou la photographie sont utilisés pour consigner systématiquement le contour en extension de l'ombre changeante.
Les dimensions plus ou moins étendues des surfaces engendrées dans l'ombre, sont de nouveau l'origine de nouvelles modélisations. Le processus est répété plusieurs fois au cours des années, ainsi la matrice initiale perd son statut d'objet référent et devient peu à peu une “forme question” : un instrument de pensée (ou à penser).
L'ombre est utilisée réellement dans les dessins et les installations de Bernard Moninot, le passage
du dessin / trace à l'idée d'utiliser ce phénomène à dessein de le faire agir comme producteur de
forme, s'est effectué en 1981 au cours d'un voyage en Inde, où la visite et l'étude des “Jardins astronomiques” de Delhi et de Jaïpur, auront sur son travail une influence considérable.
Dans cette conférence documentée, Bernard Moninot exposera comment l'ombre a été le sujet
et l'outil d'une réflexion, dont il ne cesse d'explorer les conséquences encore actuellement dans
ses oeuvres.
Dialogue de l'ombre double
Si l’ombre est un phénomène qui dans l'histoire de l'humanité est à l'origine de la géométrie et le moyen de mesurer des choses lointaines par projection, dans les oeuvres de Bernard Moninot
elle lie Temps et Espace. Traditionnellement, la peinture et le dessin sont considérés comme des
arts de l'espace, mais ici le Temps est à l'oeuvre dans l'OEuvre.
La relation entre temps et ombre s'est effectuée il y a plus de 30 années, et a débuté en observant les changements de dimensions de l'ombre portée d'objets soumis aux rayons du soleil. Objets odélisés et reconstitués par l'artiste à l'aide de moyens rudimentaires d'après des choses observées dans la vie quotidienne. La lumière se pose et agit sur ces constructions / obstacles, le dessin ou la photographie sont utilisés pour consigner systématiquement le contour en extension de l'ombre changeante.
Les dimensions plus ou moins étendues des surfaces engendrées dans l'ombre, sont de nouveau l'origine de nouvelles modélisations. Le processus est répété plusieurs fois au cours des années, ainsi la matrice initiale perd son statut d'objet référent et devient peu à peu une “forme question” : un instrument de pensée (ou à penser).
L'ombre est utilisée réellement dans les dessins et les installations de Bernard Moninot, le passage
du dessin / trace à l'idée d'utiliser ce phénomène à dessein de le faire agir comme producteur de
forme, s'est effectué en 1981 au cours d'un voyage en Inde, où la visite et l'étude des “Jardins astronomiques” de Delhi et de Jaïpur, auront sur son travail une influence considérable.
Dans cette conférence documentée, Bernard Moninot exposera comment l'ombre a été le sujet
et l'outil d'une réflexion, dont il ne cesse d'explorer les conséquences encore actuellement dans
ses oeuvres.
Abdelkébir Rabi
L’ombre, une expérience
En réalité, j’aurai préféré m’abstenir et ne pas intervenir dans ce colloque pour, au moins, deux raisons : la première, je n’ai pas la prétention de détenir le savoir théorique nécessaire pour entamer une ré exion sur un thème tel que celui que nous abordons aujourd’hui, où la justesse du langage, la solidité de l’argumentation et la profondeur de l’analyse ne doivent pas faire défaut ; la deuxième, la question de l’ombre occupe une place essentielle dans ma démarche artistique et en parler théoriquement pourrait m’éloigner du sens que je lui donne et rendre ainsi ma quête plus complexe.
Mais voilà qu’on me fait comprendre que ma participation est souhaitable. Pour présenter une approche issue de l’expérience pratique, me dit-on. Le regard du peintre en somme.
Puisque c’est ainsi, c’est ce regard que je vais interroger. Peut-être arriverai-je à déceler ce qui pourrait servir de base à une ré exion juste et rigoureuse et approfondir les nombreuses questions qui m’assaillent de toutes parts à chaque fois que l’acte de peindre s’ouvre sur la pensée.
L’ombre, une expérience
En réalité, j’aurai préféré m’abstenir et ne pas intervenir dans ce colloque pour, au moins, deux raisons : la première, je n’ai pas la prétention de détenir le savoir théorique nécessaire pour entamer une ré exion sur un thème tel que celui que nous abordons aujourd’hui, où la justesse du langage, la solidité de l’argumentation et la profondeur de l’analyse ne doivent pas faire défaut ; la deuxième, la question de l’ombre occupe une place essentielle dans ma démarche artistique et en parler théoriquement pourrait m’éloigner du sens que je lui donne et rendre ainsi ma quête plus complexe.
Mais voilà qu’on me fait comprendre que ma participation est souhaitable. Pour présenter une approche issue de l’expérience pratique, me dit-on. Le regard du peintre en somme.
Puisque c’est ainsi, c’est ce regard que je vais interroger. Peut-être arriverai-je à déceler ce qui pourrait servir de base à une ré exion juste et rigoureuse et approfondir les nombreuses questions qui m’assaillent de toutes parts à chaque fois que l’acte de peindre s’ouvre sur la pensée.
Mohamed Rachdi
La part de l’ombre dans la création artistique marocaine
Pour un rendu plus dèle de la réalité visuelle, la représentation gurative, et plus particulièrement celle qui cherche la mimésis, fonde son ef cacité sur la gestion de l’ombre et de la lumière. Dans la tradition musulmane, la jurisprudence a prohibé la représentation gurative, ce qui conditionne considérablement la production des images dont le fonctionnement s’appuie sur l’ombre. Sur la base de ce fond culturel et cultuel, qu’en est-il au juste de la part de l’ombre dans les propositions des artistes marocains modernes et contemporains ?
La part de l’ombre dans la création artistique marocaine
Pour un rendu plus dèle de la réalité visuelle, la représentation gurative, et plus particulièrement celle qui cherche la mimésis, fonde son ef cacité sur la gestion de l’ombre et de la lumière. Dans la tradition musulmane, la jurisprudence a prohibé la représentation gurative, ce qui conditionne considérablement la production des images dont le fonctionnement s’appuie sur l’ombre. Sur la base de ce fond culturel et cultuel, qu’en est-il au juste de la part de l’ombre dans les propositions des artistes marocains modernes et contemporains ?
Alain Snyers
Lever l’ombre sur l’ombre
Pour sa communication, Alain Snyers proposera un cheminement interrogatif dans l’ombre ainsi que dans la place qu’elle occupe dans la peinture comme dans l’espace social contemporain.
Les analogies entre la présence et le rôle de l’ombre dans le tableau en tant que zone sensible et les fonctions symboliques que celle-ci génère seront questionnées par l’entremise du vocabulaire et des correspondances.
Un mouvement de va-et-vient conduira le narrateur à circuler entre la lumière et l’ombre et à la quête d’une improbable capture de cette dernière mise à jour.
Lever l’ombre sur l’ombre
Pour sa communication, Alain Snyers proposera un cheminement interrogatif dans l’ombre ainsi que dans la place qu’elle occupe dans la peinture comme dans l’espace social contemporain.
Les analogies entre la présence et le rôle de l’ombre dans le tableau en tant que zone sensible et les fonctions symboliques que celle-ci génère seront questionnées par l’entremise du vocabulaire et des correspondances.
Un mouvement de va-et-vient conduira le narrateur à circuler entre la lumière et l’ombre et à la quête d’une improbable capture de cette dernière mise à jour.
Farid Zahi
Les métamorphoses de l’ombre
A l’instar de la laideur, l’ombre n’a pas échappé aux normes axiologiques générées par les dualités métaphysiques propres à la pensée universelle depuis Platon. Cependant, une place est demeurée réservée à cette mystérieuse et énigmatique donnée de la nature et de l’art dans l’expérience humaine, tant vécue qu’artistique.
Nous proposons d’interroger ici non l’ombre en elle-même comme partie prenante d’une dichotomie séculaire mais comme élément majeur de l’entre deux, comme élément de médiation et de création entre les termes de l’opposition. Ce sont les métamorphoses de l’ombre et les mutations qu’elle opère dans la pratique artistique que nous tenterons d’analyser à partir de l’expérience hotographique de Claude-Charles Mollard.
Un travail où le simulacre et le masque surgissent de la matière pour enfanter un peuple qu’il appelle « Origènes ».
Les métamorphoses de l’ombre
A l’instar de la laideur, l’ombre n’a pas échappé aux normes axiologiques générées par les dualités métaphysiques propres à la pensée universelle depuis Platon. Cependant, une place est demeurée réservée à cette mystérieuse et énigmatique donnée de la nature et de l’art dans l’expérience humaine, tant vécue qu’artistique.
Nous proposons d’interroger ici non l’ombre en elle-même comme partie prenante d’une dichotomie séculaire mais comme élément majeur de l’entre deux, comme élément de médiation et de création entre les termes de l’opposition. Ce sont les métamorphoses de l’ombre et les mutations qu’elle opère dans la pratique artistique que nous tenterons d’analyser à partir de l’expérience hotographique de Claude-Charles Mollard.
Un travail où le simulacre et le masque surgissent de la matière pour enfanter un peuple qu’il appelle « Origènes ».









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