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Julien Lefebvre - publié le Lundi 18 Novembre à 13:47

Nucléaire : l’Iran perd le match aller




Hassan Rohani et les autres membres de l’équipe gouvernementale iranienne avaient l’obligation de jouer serré. Leur première attaque a bien failli être la bonne. La carte de la main tendue et de l’ouverture a été lancée, décontenançant la communauté internationale. De fait, accablé par les sanctions économiques, Téhéran n’a plus de marge de manœuvre et doit tout tenter pour sortir du marasme. « Un marché de dupe » que les pays occidentaux ont semblé sur le point d’accepter.



En Iran, rien ne va plus. En proie à de lourdes sanctions économiques, le pays s’est mis sur la corde raide. La faute à un programme nucléaire dépassant largement le cadre civil. L’embargo imposé au pays a divisé par deux le montant des exportations pétrolières, apportant pourtant la moitié des ressources du pays. Le manque à gagner est considérable. Le portefeuille est vide. Le chômage atteint 20% et l’inflation le niveau extrêmement préoccupant de 40% par an.

A l’inverse, aux Etats-Unis, tout va bien. La réussite du pays contribue même à renforcer le désarroi iranien. En effet, les Américains ont trouvé la solution à tous leurs problèmes avec le gaz de schiste. Relance de la croissance, réduction du chômage ou encore course à l’indépendance énergétique. Amplement suffisant pour maintenir stable le prix du baril de pétrole et compenser la baisse drastique de la production iranienne.

Le spectre du choc pétrolier écarté et le risque militaire circonscrit, il ne restait finalement qu’une option pour le nouveau gouvernement iranien. Faire vibrer la corde sensible des pays occidentaux. Prise de court, la communauté internationale a fait sauter sa défense. Au point de relancer les négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire et ses sanctions économiques. Habile manœuvre de la part d’Hassan Rohani.

A la force d’un compte Twitter et d’un discours bien senti à la tribune de l’ONU à New York, le nouveau président étiqueté « modéré » a immédiatement fait croire à l’ouverture d’un pays longtemps fermé. Même si, loin des yeux de l’AIEA, l’enrichissement de l’uranium continue. Même si, n’en déplaise à Human Rights Watch, on meurt toujours dans les geôles du régime des mollahs. Même si, à l’étranger, les opposants au régime sont persécutés, comme ce fut le cas en Irak avec l’attaque sanglante du camp d’Achraf.

Ainsi à Genève, du 8 au 10 novembre, la partie n’était pas jouée. Habile, Mohammad Javad Zarif, ministre des Affaires étrangères iranien, avait mis la pression sur ses homologues, prévenant par avance qu’un échec des négociations serait l’entière faute de l’Occident, et une occasion manquée de faire la paix. Apparemment enclin à répondre favorablement à cette main tendue, John Kerry, secrétaire d’Etat américain, a finalement été court-circuité par un Laurent Fabius plus offensif.

Frappant du poing sur la table, le chef de la diplomatie française a déclaré qu’il n’était pas prêt « à accepter un marché de dupes » trop favorable à la République islamique. L’Iran devra donc suspendre la construction de son réacteur nucléaire à eau lourde d’Arak et stopper l’enrichissement de l’uranium au-delà de 20%. Dans le cas contraire, les négociations n’aboutiront pas et les sanctions continueront de s’imposer au régime.

Le 20 novembre prochain, toujours à Genève, le match retour dans les négociations doit avoir lieu entre l’Iran, les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne s’annonce tendu. D’ici là, Hassan Rohani va devoir se surpasser et sortir une nouvelle solution miracle de son chapeau. Et ce n’est pas le Fonds monétaire international qui viendra à son secours. Prompte à donner un coup de règle additionnel sur les doigts de Téhéran, l’institution dirigée par Christine Lagarde a rappelé que le pays ne pouvait plus s’offrir le luxe des sanctions économiques. Un moyen pudique de mettre davantage de pression sur l’Iran. A la France et ses alliés de donner l’estocade finale.


Tagué : Julien Lefebvre

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