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Marc Gopin - CGNews - eMarrakech - publié le Samedi 28 Juin à 09:57

Nouveau traité pour l'Iran et Israël




Marc Gopin : On dit souvent, dans le monde arabe, que pour se rendre à Jérusalem il faut passer par Washington, ce qui suppose implicitement que seuls les Américains peuvent amener les Israéliens à la table des négociations. Toutefois, une dynamique différente ressort nettement des derniers jours des années Bush. En fait, il se pourrait bien que la route pour Washington passe par Jérusalem.



De plus en plus, les pays du Moyen-Orient entament des pourparlers de paix avec Israël directement, sans l'aide des Etats-Unis. Les récentes négociations entre la Syrie et Israël ne représentent qu'un modèle potentiellement prometteur et cette voie pourrait bien nourrir chez les Iraniens l' espoir inouï d'écarter un affrontement cataclysmique sur la question de leur programme nucléaire.

Le gouvernement iranien a beau affirmer que son programme d'uranium enrichi est mené à des fins pacifiques, les soupçons abondent. La rhétorique de l'Iran, ajoutée aux craintes concernant la nature de ses ambitions nucléaires, terrifie les dirigeants israéliens et la situation court au désastre.

Certains Israéliens se sentent acculés à agir militairement, estimant que l'actuel président des Etats-Unis est plus susceptible que ses successeurs de donner le feu vert. Il y a également des forces à Washington qui profiteraient considérablement des prochaines élections présidentielles si une guerre avec l'Iran devait être déclenchée, disons, en octobre.

Mais la plupart des experts admettent qu'un raid israélien ne ferait que retarder un Iran nucléaire tout en mettant en branle une terrifiante spirale qui intensifierait la violence dans la région et entraînerait l'économie mondiale vers le bas.

Il n'y a qu'un seul moyen de prévenir le naufrage qui se profile à l'horizon: l'adoption d'une nouvelle façon de penser. Il y a un moyen de cesser l'escalade actuelle des menaces entre Israël et l'Iran: l'introduction d'un nouveau type de traité spécialement élaboré pour les acteurs concernés.

Je l'appelle le " Traité de la non-primauté de l'introduction". Israël n'a jamais reconnu le principe de « non utilisation en premier des armes nucléaires » car il n'a jamais admis en avoir. Cependant, il s'est engagé à oeuvrer pour une région dénucléarisée ainsi que pour le démantèlement des armes de destruction massive non-nucléaires en se basant sur une normalisation des relations avec l'ensemble de ses voisins – ce qui, à l'âge du missile, doit inclure l'Iran. Cette éventualité reste assez éloignée. Mais Israël a également réitéré le fait qu'il ne serait pas le premier à introduire des armes nucléaires dans un conflit se déroulant au Moyen-Orient. Or, il s'agit là d'une ouverture déterminante.

Il serait judicieux de la part du Guide suprême de l'Iran, Khamenei, d'ébaucher, dès maintenant, un traité israélo-iranien de la "non-primauté de l'introduction".

Ce serait un moyen habile d'apporter la preuve au monde entier que l'Iran ne se tient pas derrière la rhétorique extrême et violente de son actuel président. Ce serait un moyen de désamorcer la colère du monde sur l'Iran, tout comme le réchauffement apparent des relations entre Israël et la Syrie a considérablement adouci la pression qui pesait sur le régime d'Assad. Ce serait un moyen d'entamer le désir néo-conservateur d'attaquer l'Iran dans les six prochains mois et la tentation partisane américaine de changer les élections par l'annonce d'une terrible guerre. Ce serait un moyen d'aider Israël à tourner une page dans ses relations avec son plus dangereux adversaire – un but stratégique précieux.

Un tel traité n'empêcherait pas nécessairement l'Iran de poursuivre à l'avenir des ambitions nucléaires non pacifiques. Mais peut-être que d'ici là, nous aurons un dirigeant américain ou israélien plus susceptible d'offrir aux Iraniens une bonne raison de normaliser les relations et de mettre fin aux efforts visant à changer le régime. Ces récompenses viendraient en échange du régime d'inspection des centrales nucléaires approuvé sur une base mutuelle et qui mettrait fin aux craintes, au Moyen-Orient, des voisins de l'Iran concernant ses intentions militaires ainsi qu'à la guerre actuellement menée par personnes interposées contre Israël.

L'Iran n'a pas besoin de changer son opposition idéologique actuelle à l'égard d'Israël pour poursuivre sur la voie de la désescalade. Il doit simplement se tenir à distance de la rhétorique destructive de son président et s'engager à ne pas interférer dans l'actuel processus de paix israélo-palestinien. Si l'Iran était engagé dans quelque type de discussion constructive que ce soit avec Israël, cela entamerait aussi les pourparlers au sujet d'un changement de régime à Washington et pourrait, en conséquence, permettre aux pays de s'acheminer vers la paix.

Un traité de "non-primauté de l'introduction" profiterait à tous ceux qui sont impliqués, à la fois les dirigeants iraniens et israéliens et les 50 millions d'individus à travers toute la région qui seraient personnellement et effroyablement touchés par une guerre nucléaire opposant les deux pays.  

*Marc Gopin est titulaire de la chaire James Laue à l'Institute for Conflict Analysis and Resolution de l'Université George Mason. Article rédigé pour le service de presse de Common Ground (CGNews),accessible sur www.commongroundnews.org.



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