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AFP / L'Economiste - publié le Samedi 18 Août à 11:27

Nabil Benabdellah : Liberté de la presse et insolence ne riment pas



RABAT - Le ministre marocain de la Communication a affirmé que dans son pays, il ne fallait pas confondre liberté de la presse et insolence.



"Il n'y a pas de lignes rouges, mais insolence et liberté de la presse ne riment pas", a affirmé Nabil Benabdellah dans un entretien publié vendredi par "L'Economiste".

Interrogé sur le procès qui doit s'ouvrir le 14 août contre Ahmed Benchemsi, directeur des hebdomadaires TelQuel et Nichane, pour "manquement au respect dû au roi", le ministre a assuré "qu'aucun sujet n'est tabou à condition d'y mettre les formes requises".

Dans un éditorial de Nichane rédigé en arabe dialectal, M. Benchemsi avait critiqué sur le mode de l'interpellation des propos du roi Mohammed VI lors de son discours du trône prononcé le 30 juillet, concernant les élections législatives du 7 septembre. TelQuel a été également saisi pour avoir publié le même éditorial en français.

"Cette impertinence est la preuve de la mauvaise compréhension par certains de ce qu'est la liberté de la presse" a insisté M. Benabdellah.

Concernant la condamnation le 14 août d'un journaliste à 8 mois de prison ferme, le ministre a déclaré: "il aurait été souhaitable de gérer cette question, à l'amiable, entre journalistes, sans recours à la justice".

Il a en outre proposé de travailler sur une nouvelle loi "qui garantirait le droit et l'accès à l'information".

Le tribunal correctionnel a infligé mardi huit mois de prison ferme à Mustapha Hormat Allah, journaliste à l'hebdomadaire Al Watan Al An, pour publication de "documents confidentiels" concernant la lutte antiterroriste.

Le directeur de ce journal, Abderrahim Ariri, a été condamné à six mois avec sursis.

Extrait de L'Economiste

"Nichane: "Dssarate" n'a pas sa place"

LES rapports entre l'Etat et la presse ne sont pas toujours au beau fixe. Une évidence que ne manque pas de rappeler Nabil Benabdallah, ministre de la Communication.
La responsabilité est partagée: le premier a encore des réticences quant au rapport qu'il doit avoir avec la presse. Cette dernière, de son côté, fait preuve d'une certaine «incompréhension» de ce qu'est la liberté de la presse. «Admettre «dssarate», qui ne peut l'équivalent de l'impertinence, est indigne de la presse nationale. Ce n'est pas à l'image de ce qu'est le Maroc d'aujourd'hui et c'est un grand retour en arrière». L'allusion est faite à l'éditorial du dernier numéro saisi de Nichane.
«Aucun sujet tabou à condition d'y mettre la forme décente requise», martèle le ministre.Toutefois, une limite se dessine quand il s'agit d'informations stratégiques pour le pays. «Parfois, on est surpris de trouver dans la presse des informations émanant d'enquêtes qui sont en cours, sur le terrorisme par exemple. Publier ce type d'informations perturbe gravement leur évolution. Mais, plus grave, elles peuvent alerter des terroristes en fuite. Ne pensez-vous pas que le journaliste doit être concerné par la sécurité du pays?».
Nabil Benabdallah ne s'exprime pas sur les peines prononcées dans l'affaire Al Watan. Il a ainsi évité de répondre à la question de savoir pourquoi les journalistes n'ont pas été jugés selon le code de la presse. «Ce procès se devait d'être exemplaire pour assainir la relation entre la presse et le pouvoir. Les journaux ne doivent pas servir de supports de règlement de compte entre des clans rivaux. L'image d'une presse instrumentalisée, infiltrée par les services secrets et parfois achetée, doit disparaître». Il est donc plus que jamais urgent de repenser les rapports que doivent avoir l'Etat et la presse.
Sortir une loi sur l'accès à l'information serait un début salutaire.

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