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MAP - publié le Lundi 8 Juin à 10:51

Mustapha Tossa : Daesh impose aux Libyens l'urgence de parvenir à une solution politique au conflit



Rabat - L'irruption de l'organisation terroriste dite ''Etat islamique'' (EI) ou Daesh, dans l'équation politique et sécuritaire en Libye apparaît comme un élément important imposant aux Libyens l'urgence de parvenir à une solution politique au conflit, estime Mustapha Tossa, politologue franco-marocain, spécialiste du monde arabe.



Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est plongée dans une spirale de violence et le pays peine à retrouver le chemin de la démocratie et de l'Etat de Droit et des institutions. A cela s'ajoute un chaos institutionnel avec la présence de deux forces politiques distinctes, à savoir le Parlement dit de Tobrouk, reconnu par la communauté internationale, et le Parlement dit de Tripoli, proche de la coalition Fajr Libya.

Récemment une troisième force a fait son apparition dans le spectre politique libyen: l'organisation terroriste dite ''Etat islamique'', qui à travers quelques coups d'éclats et autres conquêtes territoriales, a réussi à s'imposer comme une ''force incontournable'', explique M. Tossa, qui réagissait, dans un entretien à la MAP, à l'annonce de la reprise, lundi au Maroc, des pourparlers politiques inter-libyens sous la houlette de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL).

Selon l'expert, ''la montée en puissance de Daesh en Libye peut avoir un double effet contradictoire''. Elle peut ralentir le processus de négociations politiques, tout comme elle peut fonctionner comme un facteur ''épouvantail'' poussant les deux protagonistes libyens à trouver rapidement une entente avant qu'ils ne soient écrasés par la puissance de feu et la détermination de l'EI, explique-t-il. 

L'autre facteur de pression, relève M. Tossa, est la communauté internationale, la crise libyenne donnant des sueurs sécuritaires aux pays de la Méditerranée. De plus, nombre de pays de l'Union européenne cherchent à convaincre l'ONU de leur donner le feu vert pour s'attaquer militairement aux réseaux de trafic de l'immigration clandestine vers l'Europe à partir de ce pays englué dans le chaos sécuritaire.

Des pays comme l'Italie, l'Espagne ou l'Egypte militent ouvertement pour qu'une intervention militaire internationale soit envisagée pour éteindre le brasier libyen, affirme M. Tossa, auteur de plusieurs articles dans la presse arabe et européenne, faisant observer que ces menaces sont autant d'éléments qui vont agir sur l'humeur, le tempérament des négociateurs libyens réunis à partir de lundi dans la ville de Skhirat près de la capitale Rabat.

Il existe presque une unanimité politique à considérer que les rounds des négociations entre les protagonistes libyens, notamment les rounds de Skhirat, approchent leur phase la plus décisive, estime M. Tossa, soulignant que ''la communauté internationale, sous le parapluie de l'ONU, exige non seulement que les parties libyennes s'engagent de manière déterminée à obtenir le plus rapidement possible un compromis national mais aussi à parvenir à la formation d'un gouvernement d'union nationale, la seule voie d'abord pour préserver l'unité du pays et ensuite pour lutter contre les facteurs de radicalisation qui font de la Libye la source de chaos et d'anarchie qu'elle est aujourd'hui''.

''Depuis que les bateaux de la mort ont déversé sur les côtes nord de la Méditerranée leurs cargaisons de candidats à l'immigration, jamais la solution militaire n'a été aussi proche, aussi probable pour traiter l'imbroglio libyen'', indique M. Tossa, notant que cette option est refusée par le parlement de Tobrouk et aussi une grande partie du Congrès Général National (CGN). 

''L'impression d'une éminente intervention militaire de la communauté internationale peut aider le médiateur de l'ONU, Bernardino Léon, à être plus persuasif et son plaidoyer pour la nécessité de la formation d'un gouvernement d'Union nationale plus audible'', affirme-t-il en conclusion.

La MANUL avait annoncé vendredi la reprise au Maroc, plus précisément dans la ville de Skhirat, près de Rabat, des pourparlers politiques inter-libyens en vue de trouver une solution politique au conflit qui ronge le pays depuis la chute du régime Kadhafi. 

Lors de ce nouveau round, les parties au conflit plancheront sur un nouveau projet d'accord politique sur la base des dernières observations faites par chacune d'elles.

La ville de Skhirat avait abrité plusieurs rounds de pourparlers politiques inter-libyennes. Ces discussions se sont déroulées sous les auspices du représentant spécial du secrétaire général pour l'ONU, Bernardino Léon, avec la participation des principales parties, notamment les deux parlements rivaux dits parlement de Tripoli et parlement de Tobrouk, et en présence de plusieurs ambassadeurs européens.

Parmi les principaux points à l'ordre du jour de ces pourparlers figuraient notamment l'instauration d'un cessez-le-feu, le rétablissement de la sécurité, le désarmement des groupes armés et la formation d'un gouvernement d'union nationale

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