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Zineb el kadri - publié le Mardi 2 Juin à 17:58

"Much loved" de Nabil Ayouch ou prolongement d’exotisme au Maroc






"Much loved" de Nabil Ayouch ou prolongement d’exotisme au Maroc
L’exotisme vit une durabilité ou est-il en voie de disparition? la mondialisation, l’internet oblitèrent-ils le sentiment exotique? Depuis plus d’un siècle, de Victor Segalen qui évoque la dégradation de l’exotisme en 1978 à Marc Augé qui annonce la mort de l’exotisme, en passant par Jean Paul Sartre, Claude Lévi Strauss et Michel Leiris, d’innombrables auteurs ont prédit la mort de l’exotisme.

Le film "much loved" est un plat exotique à déguster par les étrangers

Que ce soit sur les écrans ou dans les assiettes l’exotisme est partout : danses, cinéma, littérature…en termes économiques, du tourisme à l’importation d’artisanat ,son impact est colossal.

Que veut dire exotisme, pour l’expliquer loin d’exhaustivité : On pose trois jalons D’abord, « l’exotisme n’est pas de l’ordre des faits, si ce n’est des faits de langage » (Staszak, 2007, p. 130). En effet, l’exotisme d’une chose ne dépend pas de la chose elle-même, mais du regard qu’un observateur lui porte et du discours qu’elle lui inspire. Ensuite, l’exotisme est un discours sur l’Autre et l’Ailleurs. L’exotisme trouve en effet son fondement dans la combinaison de l’étranger et de l’étrange (Moura, 1998, p. 23) et de son opposition à la normalité de l’ici (Staszak, 2009). En ce sens, l’exotisme découle d’un processus qui implique un jugement de valeur, un processus qui valorise en infériorisant (Gauthier, 2008, p. 52). Enfin, l’Autre et l’Ailleurs de l’exotisme sont désirables. Comme le souligne Jean-François Staszak, « un objet exotique attise l’intérêt et le désir ; on souhaite le posséder. Si la vahiné est exotique, le guerrier kanak l’est beaucoup moins » (2008, p. 14).

En visionnant les quelques scènes de « zin eli fik » ou « Much loved » on remarque beaucoup de nudisme, excitation, invitation à déguster les plaisirs à la Marocaine. Certaines scènes ont dépassé tous les tabous de la société Marocaine et les règles d’un cinéma Marocain proprement dit obéissant à la constitution Marocaine dans un pays amazighe-arabo islamique.

Ce film est une invitation au voyage spécialement destinée pour les étrangers, est un prolongement d’exotisme afin de bien profiter d’un tourisme sexuel bien béat et serein.

D’ailleurs, le Maroc a toujours été synonyme d’exotisme. On l’évoque comme une destination insolite, mystérieuse qui ne fait que rêver les européens : sur une côte, c’est l’Atlantique.Sur l’autre, la Méditerrannée.Au sud les grands déserts.

Terre de différences, le Maroc veut le demeurer, terre de l’invitation au voyage, le Maroc veut le rappeler mais avec respect, décence et sacralisation de ses mœurs et son imaginaire collectif.

Le fait de décrire des scènes exotiques dans certains romans marocains à l’instar de Taher Benjelloun, mahi Binebine, Youssouf amine Elalamy et bien d’autres et de visionner des scènes pornographiques où la nudité est prônée dans certains films marocains annoncent fermement que le Maroc vit un prolongement, extension et durabilité d’exotisme.

Cette image dans la littérature occidentale n’a que peu changé depuis 1918.le Maroc reste un lieu tant convoité dans l’imaginaire géographique postcolonial et oriental.

Néanmoins, la nudité, le plaisir et la jubilation demeurent pour certains touristes par excellence leur beau rêve marocain à exaucer.En termes de stéréotypes, il n’y a pas une grande différence entre la description d’un Maroc d’hier et celui d’aujourd’hui.

Avec le film «much loved » de Nabil Ayouch, le Maroc est peut être même plus exotique aujourd’hui qu’il ya un siècle.


Tagué : Zineb el kadri

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