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Omar Mahmoud Bendjelloun - publié le Mardi 14 Mars à 00:00

Mouvements de gauche unissez-vous …!




Omar Mahmoud Bendjelloun - Dans les différents mouvements sociaux et identitaires, nous avons senti la réappropriation des enjeux politiques par les classes populaires.



Différents facteurs internationaux manifestent l'accélération de l'offensive néo-libérale qui s'en prend à la souveraineté populaire. Cette offensive se développe d'autant plus que la gauche ne lui oppose pas suffisamment de résistance et d'alternative crédible. En effet, celle-ci se montre au pire complice, au mieux impuissante, comme le montrent les choix qui dominent la social-démocratie dans l'action publique. La droite, réactionnaire et islamiste, est parvenue en plusieurs endroits décisifs à proposer une nouvelle hégémonie culturelle assurant sa domination, par la conjugaison du laisser-faire économique et sécuritaire avec les nouvelles constructions identitaires supra-nationales. Ainsi, les islamistes peuvent compter sur un appui électoral important dans les milieux populaires tout en s'alliant ouvertement aux élites économiques.

Cette ligne politique fait malheureusement florès dans certaines attitudes de la gauche et se retrouve aussi dans le contenu des programmes qui proclament l'importance de la transition de l'économie des privilèges à une économie concurrentielle, sans en condamner la suprématie. Cette ligne, certes rectifiable, remet en cause les fondements du processus amenant à la démocratie. La gauche se montre jusqu'ici incapable de penser et de proposer une alternative globale au système actuel basé sur le projet libéral/sécuritaire que la droite lui oppose. Ceci pèse lourdement sur les capacités de résistance des salariés, des travailleurs, des petites gens…. en somme du peuple. Alors que le Maroc a connu un mouvement contestataire de grande ampleur jusqu'au début des années 90, que les élections de 1997, malgré leurs conditions, ont été marquées par une nette victoire de la gauche et la formation du gouvernement d'alternance, et qu'une volonté de remuer le passé sombre de notre pays a fait l'unanimité, les forces réactionnaires parviennent à accélérer le rythme d'implantation de leurs idéologie.

En 2007 ou plus tard, voter pour les réactionnaires, c'est ouvrir la voie d'une remise au pas de la vie politique marocaine qui s'est fondée depuis 1965 sur une division profonde de la gauche entre des partis ouvertement sociaux-libéraux, prêts à gouverner en coalition avec la droite et actuellement sa composante islamiste, et des formations exclues de l'exercice du pouvoir. Par l'intervention des USA et l'effet de contagion du Hamas, la victoire des islamistes donnera le signal de la remise en cause du processus démocratique. Une victoire du bloc démocratique peut à l'inverse permettre à la démocratie d'être la résultante d'un contrat social nouveau et à la gauche de se rassembler sur un vrai projet de transformation sociétal pour l'avenir. L'un des enjeux essentiels des échéances prochaines pour les travailleurs, la classe moyenne et la bourgeoisie nationaliste, c'est que l'union des socialistes puisse rassembler largement, au-delà du peuple de gauche, autour d'un projet de Monarchie sociale qui expliquera publiquement les raisons pour lesquelles, dans l'histoire et jusqu'à présent, nous nous sommes investis dans l'une ou l'autre des directions. Les choix établis par les socialistes ont été faits au terme de débats disputés au sein d'organisations qui ont fini par s'aligner sur les orientations de la social-démocratie européenne, tenant en particulier à l'attachement historique de la gauche au modèle démocratique. Ainsi, sans un horizon alternatif pour les rassembler et les mettre en mouvement, les forces progressistes ne peuvent que se disperser et se résigner.

Un rassemblement de la gauche doit donc défendre la perspective d'une nouvelle Constitution adoptée cette fois par les représentants de la souveraineté populaire afin de porter la volonté alternative d'une Monarchie parlementaire et effectivement constitutionnelle. Faire le choix d'une réorientation sociale et démocratique pour le pays doit être l'objectif de toute la gauche. Les prochaines échéances politiques peuvent être une chance historique de mettre enfin en œuvre la Monarchie sociale voulue par les citoyens de notre pays, à condition de les réconcilier avec la chose publique. Dans les différents mouvements sociaux et identitaires, nous avons senti la réappropriation des enjeux politiques par les classes populaires. La question de la souveraineté populaire a ainsi été mise au premier plan du débat politique à travers la critique du dessaisissement du peuple voulu par des décennies d'unilatéralisme.

Conforter et prolonger cette irruption du peuple sur la scène politique, passe désormais par la construction de la démocratie qui doit se mettre au service d'un mouvement de masse malheureusement récupéré par les idéologues du statu quo. Il faut donc la construction de l'union des gauches qui ne peuvent se désarmer face au modèle libéral/sécuritaire qui s'érige en fin de l'histoire. Ces évolutions renvoient au climat culturel nouveau qui existe dans notre pays et qui a été confirmé par la critique engagée par des centaines de milliers de nos concitoyens contre le contenu de nos institutions. Ce climat fut possible par le développement de la gauche issue du mouvement national qui, après avoir été lancé et s'être diffusé dans les différents espaces et secteurs de notre pays, a peu à peu nourri la prise de conscience massive que le modèle néo-libéral est un système injuste et qu'il peut être dépassé. La gauche gouvernementale dite social-démocrate devra donc prendre une initiative en direction du mouvement progressiste pour que celui-ci s'engage en faveur de l'ouverture d'un véritable processus constituant au Maroc.

A l'inverse, la poursuite à marche forcée d'un processus aléatoire de démocratisation du pays remet en place l'état d'urgence politique que nous avons vécu de 1962 à 1993 dans lequel la politique se poursuit sans aucune considération pour l'intérêt général sinon se disperse dans la tâche prenante de prendre des parcelles de l'espace démocratique. La dynamique unitaire, qui s'est manifestée par la fusion de l'USFP et du PSD, de la GSU et de FD et dans le lancement du RGD, a répondu timidement à l'attente du peuple de gauche. Cette dynamique s'est nourrie de l'engagement civique de milliers de personnes qui ont tenu à exercer librement leur devoir citoyen au sein de regroupements progressistes. Des forces et des énergies qui doivent dépasser les formules de «gauche plurielle» réduites entre appareils sans intervention populaire et sans contenu commun clairement défini. Les socialistes doivent contribuer à créer au plus vite les conditions d'un rassemblement de la gauche qui tendent vers la démocratie et le socialisme.

C'est dans cette voie que résident les espoirs de prochaines victoires…les espoirs populaires. C'est là que se trouvent les ressorts d'une action de transformation sociale durable et résolue.
Mouvements de gauche unissez-vous… le Maroc a besoin de vous!


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