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Abdelaziz Mouride - publié le Lundi 23 Juin à 11:41

Misère de la politique et politique de la misère




Abdelaziz Mouride - « Le mouvement d’Ali El Himma voit d’un mauvais œil la ruée des élus de Casablanca », lit-on dans un journal samedi dernier. L’occasion, la rencontre tenu à ,en fin de semaine par le mouvement en vue de prendre contact avec le gotha casablancais.



On imagine l'état d'effervescence qu'un tel événement est susceptible de susciter dans « la politicosphère » de la place, à l'instar d'ailleurs des autres places où le mouvement El Himma a , jusque là , jeté l'ancre et fait son plein d'applaudissements et de provision en « démocrates » qui, jusque là, s'ignoraient .

Pourquoi alors le « Mouvement » voit-il subitement d'un mauvais œil un tel élan d'enthousiasme des nouveaux affidés, alors qu'il devrait logiquement se réjouir du succès de sa démarche auprès de bons citoyens avides de servir sous les drapeaux de la démocratie en marche ?

Pour les raisons auxquelles tout un chacun pense tout en s'interdisant de s'y attarder. C'est une vieille tradition marocaine de détourner le regard de la réalité, surtout lorsqu'elle est peu réjouissante, et de fantasmer sur des chimères. Ce que le grand juriste tunisien Yahd Achour résume, en parlant des Arabes en général,  dans cette belle phrase : « Nous vivons des choses non  pensées et nous pensons des choses non vécues ».

Tout le monde sait donc, sans oser se l'avouer, pourquoi le mouvement El Himma a eu le succès qui est le sien jusqu'à présent au point que même les deux chaînes, au mépris de la déontologie, lui accordent une place dont aucune association de même nature, ni aucun parti politique, n'oseraient rêver.

 C'est parce que El Himma fait partie du cercle très restreint et très fermé qui entoure le roi. On dit même qu'il est le meilleur ami du souverain. En plus par Ce monsieur a été pendant de longues années l'un des piliers du ministère de l'intérieur où il a toujours ses entrées.

Ce sont là ses atouts, bien plus important que toutes ses prétentions démocratiques, atouts qui lui attirent la foule aussi bien des simples curieux que celle des candidats à l'embrigadement pour de bonnes raisons peut-être, mais aussi pour de bien mauvaises.

C'est ce que confirme ce journal qui rapporte que « certains dirigeants » du mouvement comparent les élus qui se bousculent à ses portillons pour être de la fête, « aux femmes qui font recours au médecins pour se refaire une virginité ». Drôle de comparaison de la part d'un apôtre de la démocratie, mais passons.  

C'est pourquoi, selon le même journal, le mouvement insiste, nous dit-on, entre autres conditions d'admission, sur la « propreté » des prétendants. Entendez : la droiture morale, l'incorruptibilité.
En attendant de savoir comment les nouveaux gourous de la démocratie vont-ils s'y prendre, on apprend d'après la presse que sur les 1800 prétendants qui ont exprimés leur volonté d'assister à la rencontre, seulement 600 personnes ont été acceptées.

Pourquoi les 1200 autres ont été jugés non convertibles à la démocratie ?
On ne le saura jamais, mais on pourrait se demander si par hasard, l'ancien secrétaire d'Etat à l'Intérieur n'y est pas pour quelque chose dans la mise à l'écart des indésirables. Ne se serait-il pas servi par hasard des dossiers qu'il instruisait alors sur tout un chacun, pour « rayer les mentionnés inutiles » ?

Il y a quelque chose de pervers dans toute cette histoire. C'est une banalité de le dire puisque la perversité, comme le disait Voltaire, est à la source même de la politique, plus que la grandeur humaine, mais tout de même : Voilà un mouvement qui ne jure que par la démocratie et qui ne trouve cependant aucune gêne à s'érige en juge des mœurs des gens et qui est en train, par ailleurs, de cannibaliser le champs politique par des moyens peu avouable.

En face, une classe politique sans foi ni loi, qui se ruent aux brancards pour peu qu'elle flaire la bonne affaire.

Misère de la politique et politique de la misère !

Le Blog de l'auteur



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