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par Saira Yamin et Lisa Schirch - publié le Lundi 30 Novembre à 20:36

Mise en échec de la stratégie centrée sur l'ennemi au Pakistan






Washington – Lors de sa récente visite au Pakistan, la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a insisté sur la nécessité de favoriser des relations de respect entre les Etats-Unis et le Pakistan. Bien que le gouvernement civil et l'établissement militaire du Pakistan soient étroitement associés aux Etats-Unis pour tenter d'arrêter Al-Qaida, les relations entre les deux pays restent tendues, du fait d'un manque de confiance et d'une mauvaise communication qui obstruent la réalisation d'objectifs communs.

L'adoption de mesures propres à accroître la confiance militaire, politique ou humanitaire et, de ce fait, à réduire les tensions existantes entre les Etats-Unis et le Pakistan, pourrait contribuer à donner une meilleure image des Etats-Unis au Pakistan et permettre ainsi d'appuyer la réalisation d'objectifs communs en matière de sécurité.

Une enquête menée par l'International Republican Institute en mars 2009 auprès des Pakistanais laisse entendre que près de 70% de ceux-ci ne soutiennent pas les incursions militaires américaines au Pakistan. Les actions propres à accroître la confiance doivent tenir compte de la méfiance qui règne entre les deux pays et montrer que les Etats-Unis sont en train d'adopter une nouvelle stratégie en matière de sécurité. Les Etats-Unis doivent faire en sorte que la politique, les actions et les ressources se concentrent sur la sécurité centrée sur la population et sur une démarche communautaire en matière de maintien de l'ordre au lieu de l'approche centrée sur l'ennemi qui, par le passé, a conduit à un militantisme plus prononcé.

Les frappes effectuées par les drones témoignent d'une approche sécuritaire centrée sur l'ennemi. Les Pakistanais considèrent que ces frappes déstabilisent encore davantage la région. L'arrêt de ces frappes, surtout dans les zones à forte densité de population, permettrait de prouver au Pakistan que les Etats-Unis tiennent compte de l'opinion publique pakistanaise, qu'ils agissent en conséquence et qu'ils respectent la souveraineté territoriale du pays.

Le fait de s'orienter vers une sécurité centrée sur la population pourrait également entraîner la mise en place d'autres mesures telles que la création d'un centre de coordination entre les services américains et pakistanais et notamment l'Inter-Services Intelligence (ISI), l'équivalent pakistanais de la Central Intelligence Agency (CIA). Ou encore, la création de lignes d'urgence pour les renseignements communs, destinées à protéger les civils.

Les membres de l'ISI ont souvent été accusés de sympathiser avec certains groupes de talibans, et même d'avoir soutenu leurs efforts, ce que les institutions gouvernementales pakistanaises nient avec véhémence. De telles affirmations devraient être examinées dans la transparence (et des réformes devraient être introduites si besoin est) pour rétablir la confiance de l'opinion publique pakistanaise et de la communauté internationale.

Les Etats-Unis pourraient s'efforcer de reconnaître les intérêts politiques du Pakistan dans la région, compte tenu de ses liens étroits avec l'Inde. L'influence grandissante de l'Inde en Afghanistan est perçue comme une menace pour la stabilité du Pakistan et a entraîné des accusations selon lesquelles l'Inde soutiendrait les insurgés au Balouchistan, une province du Pakistan contiguë à l'Afghanistan qui est rongée par les conflits.

La tentative de diplomatie internationale abordée de manière holistique, qui reconnaît la nature emboîtable des conflits dans la région et prévoit à la fois une négociation de principe à haut niveau et des tentatives de réconciliation au niveau local, pourrait porter ses fruits.

De même, pour asseoir la confiance, il faut un solide processus diplomatique pour traiter les questions politiques qui continuent d'opposer le Pakistan et l'Afghanistan, dont la circulation des groupes de militants, des armes légères et des stupéfiants au-delà des frontières et l'accusation par l'Afghanistan de l'ingérence du Pakistan dans ses affaires intérieures.

Les Etats-Unis devraient veiller à apporter de façon continue et efficace une assistance humanitaire et une aide au développement pour la réhabilitation des communautés et la reconstruction des infrastructures endommagées par les opérations militaires pakistanaises et américaines menées contre les talibans. Ils devraient aussi garantir la transparence et aider à planifier, mettre en oeuvre et surveiller les initiatives liées à l'humanitaire et au développement. Les groupes de la société civile pakistanaise et les organismes d'aide humanitaire pourraient apporter leur aide pour mener à bonne fin ces initiatives, ouvrant ainsi la voie à la coopération.

L'élaboration d'un vaste projet de reconstruction devrait être la pièce maîtresse dans le cadre de la consolidation de la confiance humanitaire entre les Etats-Unis et le Pakistan. De telles mesures auront une incidence positive sur la manière de voir les choses de part et d'autre, créant un environnement plus favorable à la coopération et à la stabilité sur le long terme.

Le développement d'un partenariat stratégique très étendu visant à éliminer la menace commune que représente le terrorisme requiert une communication plus claire et moins discriminatoire, favorisant ainsi de meilleures relations politiques et sociales et prouvant que les interventions destinées à lutter contre le terrorisme ne seront pas engagées aux dépens de la sécurité intérieure du Pakistan et des communautés déplacées.

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*Saira Yamin est une doctorante pakistanaise à l'Institut pour l'analyse et la résolution des conflits de l'Université George Mason. Lisa Schirch est professeur de construction de la paix au Centre pour la justice et la paix à la Eastern Mennonite University. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 13 novembre 2009, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=267...


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