Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Appel à renforcer le rôle des jeunes dans le suivi de l’Agenda 2030 à... | via @lemagMaroc https://t.co/CmCOvzqFM2 https://t.co/80Vlht9g1c



Essahal Mohammed - publié le Mercredi 9 Mars à 12:22

Migrants : le naufrage européen






Les concertations européennes qui se sont déroulées avant le conseil européen extraordinaire à Bruxelles avec la Turquie révèlent que l’Europe est divisée sur la question des migrants, même, elle est molle et ne peut prendre une décision qui relève de sa grandeur, cette fébrilité se présente comme une arme géopolitique efficace pour la Turquie pour se relancer sur la scène internationale après son isolement politique suite à sa position vis-à-vis du conflit syrien et par la même venir en sauveteur de l’Europe et faire ce que celle-ci est incapable de le faire.

1- Échec des concertations pour une politique migratoire
A l’issue du sommet franco-britannique, si la grande Bretagne sorte de l’Europe, il n’y’aura pas d’afflux migratoires, car celle-ci, va les renvoyer à la France, dans ce sens, D. Cameron s’est engagé à augmenter de 22 millions d’euros son aide apportée à la France pour faire face à la crise amplifiée.
Ceci dit, cette dernière annonce qu’il va respecter ses engagements, de temps plus, elle va accueillir 30 000 migrants sur les deux ans à venir, cependant, la crise migratoire en pas de calais s’avère longue et périlleuse, car ce qui s’annonce, c’est, qu’il y’a beaucoup à faire sur la continuité du démantèlement de la «jungle» suite à une décision judiciaire contestée par les humanistes, même la maire de la commune de pas de calais en audience avec le président a plaidé pour une pause fiscale pour contrecarrer les effets catastrophiques sur les commerçants de la ville et que le démantèlement serait poursuivi et terminé.
Ce sont douze iraniens qui ont défilé la bouche cousue dans la « jungle » pour protester contre ce démantèlement.
S’agissant de la tête à tête entre Hollande et Merkel, ils veulent chercher un consensus avant le sommet de Bruxelles, de persuader leurs partenaires à s'engager dans une réponse alliée afin d’arracher le maximum lors du sommet avec la Turquie, par conséquent, ce qu’il faut attendre d’Ankara, c’est de prendre des mesures pour organiser le retour des migrants, pour cela, l’union européenne débloquera les 3 milliards d’Euros pour créer les conditions dites dignes et un dispositif opérationnel pour un retour à leurs pays.
Certes, il y’a toujours des discordes au sein de l’union sur une politique migratoire commune, mais ce sont plusieurs facteurs qui font obstacles pour ainsi se mettre d’accord sur des mesures communes, car spécialement les conditions économiques ne sont pas favorables pour tous, mais ce qui apparaît urgent, c’est de demander à la Turquie de ralentir les flots des migrants aux frontières extérieures de l’union européenne.
Berlin et Paris souhaitent que la Turquie respecte ses engagements en contrôlant l'accès à son territoire, pour soulager la Grèce, mais l’absence d’un consensus européen a poussé le président français à affirmer que c’est l’union européenne qui doit être capable d’apporter les solutions attendues.
Par ailleurs, lors de son passage à l’Allemagne, M. Valls a critiqué la politique migratoire poursuivie par E. Merkel, mais, aujourd’hui, F. Hollande affiche son unité avec cette dernière pour créer un front uni face aux migrants et demandent aux partenaires européens d’agir et de renforcer le contrôle extérieur de l’espace Schengen pour ne pas laisser la Grèce dans le désordre.
S’agissant de l’Allemagne, il a accueilli plus d’un million de réfugiés, ce qui est une chance pour ses entreprises, à la clé de ceci, un stage de formation à l’emploi, donc pour avoir de la manœuvre qualifiée, l’Allemagne se voit regarder au-delà de ses frontières surtout pour les PME, mais de toute façon, l’intégration de ces migrants sur le marché de l’emploi est un combat de longue haleine.
De son coté, Bruxelles veut un retour à la «normale» de l’espace Schengen d’ici la fin de l’année, ce qui est loin d’être exhaussé, à titre d’information, l’union européenne a enregistré en 2015 plus de 1,25 millions de demandeurs d’asile, c’est un chiffre record selon l’Eurosat, mais s’il y’a une Europe démocratique, il faut accueillir les migrants dans la dignité, et dans le respect de la personne humaine.

2- Le sommet UE/Turquie : une dernière chance :
Si l’Europe existe, elle doit régler le problème des migrants, mais certains estiment que l'aboutissement de la politique allemande qui a consisté à transformer la Turquie à un joueur très fort dans la question de la crise migratoire, en entassant les migrants sur le territoire Grec.
De son coté, R. Erdogan le président Turc, affirme que la Turquie a dépensé beaucoup dans cette crise sans compter l’argent des maires et des ONG, et se trouve face aux afflux des migrants sans avoir l’aide promise depuis quatre mois, alors que l’arrivée des migrants continue malgré le contrôle des frontières.
Les ONG alertent sur la situation sanitaire qui s’empire dans les camps entre la Grèce et la macédoine, alors que les besoins urgents c’est l’ouverture des frontières, ce qui contraint l’Europe de vouloir agir rapidement sur la «route des Balkans » pour ne pas répéter le scénario des pays comme la Slovénie, la Croatie, et la Macédoine, qui dressent des murs à leurs frontières, ce qui aggraverait le chaos, ainsi, la macédoine a drastiquement durcie les conditions de passage pour casser le rêve poursuivi vers l’Ouest et le nord de l’Europe.
Le sommet extraordinaire entre l’union européenne et la Turquie qui se tient à Bruxelles, tend vers un accord donnant-donnant car des dizaines de pays européens sont incapables d’accueillir des migrants, donc, une Europe devenue non solidaire, en plus du problème sécuritaire face à la crise humanitaire de l’histoire.
Subséquemment, s’il y’a une décision à prendre, elle devra donner la possibilité de la réinstallation de ces migrants, mais, il semble qu’un accord difficile sera monnayé entre les deux parties.

3- de la réelle politique :
En s’interpellant sur les intentions de la Turquie face aux afflux migratoire, un ministre conseiller Turc affirme que la lutte menée par son pays est maximale contre les passeurs et les trafiquants, en 2014, les services concernés ont mis 1400 passeurs hors de l’état de nuire, en 2015, le nombre était de 4400, alors que seulement dans les deux premiers mois de 2016, se sont 1000 trafiquants qui ont été neutralisé.
La France et l’Allemagne exigent de la Turquie qu’elle ralentisse le flux des migrants, dans ce sens un consensus s’illumine, mais, il y’a beaucoup de divergences qui surgissent, D. Trust voit émerger pour la première fois une lueur d’un minuscule consensus européen depuis le début de la crise, tandis que la Macédoine exige plus d’aide de l’union européenne.
Le sommet des 28 avec la Turquie se termine sans parvenir à un accord, ce qui se passe c’est la méthode un contre un, c’est- à- dire pour chaque réfugié repris par la Turquie, l’Europe doit accueillir un demandeur d’asile, plus encore, elle remonte la surenchère en profitant de la crise pour alléger les conditions d’accès de ses citoyens en dans l’Europe des 28.
F. Hollande estime que s’il n’y a plus de Schengen, il y’aura plus de l’Europe et chacun pour soi, dans ce sens, 59% des français se prononcent être opposés à l’accueil des migrants et 71% se disent favorables à la suppression de Schengen, en conséquence, tout accord s’avère difficile, il sera marchandé avec la Turquie pour qu’elle jouera le rôle du gardien de la prison pour sauver une Europe affaiblie.

4- l’Europe dans un crash test humanitaire et identitaire
Face à l'incapacité de l’Europe, elle préfère le pragmatisme en payant la Turquie afin de régler le problème pour elle, ce qui a poussé certains à décrier l’absence de l’humanisme qui est la base même de l’union européenne, devenue hypocrite en posant le problème de la relocalisation, tandis que certains pays ont fait beaucoup d’efforts, à titre de comparaison, le Liban qui possède comme surface le 1/3 de celle de la Belgique, a accueilli 1,6 millions de réfugiés.
Dans ce débat, le problème de la réinstallation des migrants a surgit, et la question des réfugiés économiques semble évidente, ils vont les récupérer pour les renvoyer chez eux.
Quant aux réfugiés politiques, c’est leur installation comme élément qui manque sur la table des négociations.
Si Londres annonce qu’elle va envoyer trois navires à la mer Egée pour participer au contrôle des frontières extérieures de l’union européenne, de son côté, la France décide d’envoyer un « bateau »aux larges de la Turquie pour contrôler les flux migratoires, alors que certains pays de l’Europe veulent fermer la route des Balkans qui sont des zones de passage depuis le moyen Age, face aux flots des migrants, car les accords de Schengen risquent d’exploser, mais la Turquie semble en position forte.
Si au sommet européen, D.Tusk a affirmé que « le temps de l’immigration irrégulière en Europe est révolu», ceci, n’empêche pas les européens de réfléchir sur la création d’une agence européenne chargée des questions de migrants, en revanche la Turquie a pris une mesure positive permettant aux réfugiés de travailler sur son territoire.
Or, faire rentrer certains réfugiés chez eux pour soulager particulièrement la Grèce, oblige Merkel à faire la réelle politique envers celle-ci, car face à la crise humanitaire, la Grèce ne peut honorer ses engagements, de temps plus, Merkel commence à réfléchir sur la fermeture de la route des Balkans.
Ce qui amène la Turquie à augmenter la surenchère en demandant d’élever l’aide à 6 milliards d’euros, et pourquoi pas préparer sa rentée dans l’Europe, mais le règlement de la crise passe par une solution aux conflits en Syrie et en Irak, pour le moment la base c’est de tarir les flots de migrants et renvoyer les réfugiés chez eux, en procédant fort probablement à l’ouverture d’une ligne de crédit chez la Turquie.

C’est une réelle politique qui n’est pas dans les valeurs de l’Europe, mais elle doit passer par cette solution face à 2,7 millions de réfugiés entassés à sa porte dont 400 000 enfants doivent aller à l’école, donc, c’est tout le poids politique de l’Europe qui est en jeu particulièrement la France où il semble qu’elle n’a pas d’influence sur ses partenaires, ce qui fonce la division des pays européens, par conséquent, un seul plan qu’il faut mettre en action :
- Assurer la sécurité des frontières extérieures,
- Coopérer avec la Grèce et être solidaire avec la Turquie.

De son côté, le haut-commissaire aux réfugiés de l’ONU se dit « profondément préoccupé» par le projet de l’accord EU-Turquie, ces derniers se donnent 10 jours pour mieux réfléchir alors que :
- La Turquie a promis d’accueillir tous les migrants irréguliers sous conditions et qu’ils restent en attendant l’instruction de leurs dossiers,
- L’Europe doit accueillir tous les demandeurs d’asiles qui remplissent les conditions.
Quel que soit l’accord avec la Turquie, il ne doit pas permettre à l’Europe de s’exonérer de ses responsabilités, car ce sont 2000 à 3000 réfugiés qui fuient leurs pays quotidiennement à cause de la guerre, ou de la situation économique désastreuse.

Enfin pour ceux qui craignent une submersion culturelle et religieuse, quel poids fera 2,5 millions de migrants face à 500 millions d’habitants de l’Europe, mais le véritable enjeu c’est comment ne pas répéter les mêmes erreurs stratégiques avec des pays du levant car le véritable challenge c’est la démocratisation et la coopération économique.



               Partager Partager