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Mohamed El Hamraoui - publié le Mercredi 1 Mars à 00:00

Mémoires de feu Abderrahim Bouabid




Mohamed El Hamraoui - La publication par le journal Al Ittihad Al Ichtiraki et libération des mémoires de Abderrahim Bouabid a suscité une forte réaction du parti de Allal El Fassi. Le Reporter avait eu, dans un entretien avec Abbas El Fassi, l’exclusivité de l’annonce de la réponse de l’Istiqlal.



« Il y a des choses totalement fausses. Mais ce sont des historiens de l'Istiqlal qui y répondront. Cela, je vous le dis à vous. Nous allons répondre uniquement à ce qu'a écrit Abderrahim Bouabid. Nous n'allons pas faire d'histoires et dire voilà les griefs que nous faisons à l'UNFP et à l'USFP. Non, cela ferait le jeu de ceux qui attendent la guerre. Nous, nous voulons respecter cette alliance et nous n'allons rien faire qui puisse toucher à sa solidité ». C'est en ces termes que le SG de l'Istiqlal avait annoncé la réplique de son parti à propos des mémoires de Abderrahim Bouabid.

Le journal Al Alam et l'Opinion ont publié le 15 et 16 février sur deux pages les principaux points de discorde du parti de l'Istiqlal contre « les allégations » des mémoires. Tout de même, l'auteur de la réponse insiste sur l'alliance stratégique de l'Istiqlal avec l'USFP. Alliance réaffirmée par les responsables des deux partis. Ismaël Alaoui Secrétaire Général du PPS a émis cette semaine ses craintes que dans cette affaire « vienne se greffer une polémique stérile qui menacerait l'alliance stratégique ».

L'origine du litige remonte bien loin, avant même 1960, elle date de 1955, lors des pourparlers d'Aix les bains, ce que feu Allal El Fassi avait appelé les « tables dressées d'Aix les bains » où la France a « préservé ses privilèges » après l'indépendance. LES principaux éléments de la discorde tournent autour de trois points, les négociations d'Aix les bains, le congrès extraordinaire de l'Istiqlal en 1955, à Rabat où Abdeharim Bouabid était le rapporteur et la question des terres. Allal El Fassi avait affirmé que le congrès avait été tenu dans l'improvisation avant même le retour du leader du parti et des hommes de la résistance. Ce congrès avait décidé la participation au gouvernement de Mbarek Bekkay « maître Bouabid avait siégé dans ce gouvernement comme il fut l'un des acteurs des négociations avec la France, qui a préservé ses privilèges », avait dit A. El Fassi. Concernant l'affaire du renvoi du gouvernement Abdallah Ibrahim que Bouabid qualifie de « sans motif valable », la réponse de l'Istiqlal est que Abdallah Ibrahim et Bouabid siégeaient dans ce gouvernement sans être annoncés comme des responsables de l'Istiqlal. Et sans autorisation du parti. Pour l'Istiqlal, le motif du renvoi du gouvernement Ibrahim est l'absence de la constitution et des assemblées représentatives. La seule légitimité qui existait à cette époque était celle du Roi.

Concernant le programme global de l'Istiqlal, l'agriculture était le sujet brûlant de l'époque. Les colons français continuaient toujours d'exploiter les meilleures terres. Dans les mémoires de Bouabid, il écrit « la presse de l'Istiqlal reprenait à longueur de colonnes les mêmes arguments développés par la presse française ». La réponse de l'Istiqlal est que l'éradication des séquelles du colonialisme et de la mainmise du capitalisme étranger sur l'économie nationale était le programme du parti. Le groupe istiqlalien au parlement avait déposé un projet de loi pour la récupération des terres des colons. Ce projet n'avait pas été voté et les colons avaient continué à exploiter les terres jusqu'en 1973. Pour la majorité des socialistes marocains, le gouvernement Abdallah Ibrahim était la belle époque où plusieurs grands projets économiques avaient vu le jour (BNDE, SOMACA, SAMIR...). Pour l'Istiqlal, c'est sous ce gouvernement que la liberté de la presse avait été bafouée. C'est à cette époque que le parti communiste marocain avait été dissous et que feu Abdelaziz Ben Driss avait été tué. Mais la goutte qui a fait déborder le vase est le passage où Bouabid a évoqué Allal El Fassi attendant dans une antichambre le nouveau maître des lieux,

A. Reda Guédira. « Parfois, il attendait deux heures, dit le texte avant de pouvoir bénéficier d'un entretien avec Guédira ». Pour l'Istiqlal, le Zaim Allal El Fassi qui recevait le salut du gouverneur militaire, n'aurait jamais pu admettre l'humiliation de faire antichambre chez Guedira. N'est ce pas lui qui avait dit « nous vivons aujourd'hui le règne des chambellans », allusion à Guédira et à Bahmade au 19 siècle ? Les premières élections locales de 1960 C'est grâce aux caïds et chiouks proches de l'Istiqlal que ce dernier s'est classé premier aux élections, selon les mémoires de Bouabid. L'Istiqlal considère que c'est sous le gouvernement Ibrahim que ces élections étaient préparées, en plus du limogeage des caïds pro-Istiqlal sous ce même gouvernement. De l'aveu même du dirigeant socialiste, l'UNFP ne pouvait pas présenter des milliers de candidats en un temps record comme l'Istiqlal, vu la faible implantation en milieu rural. Le conseil de la constitution Un autre sujet de discorde : pour Bouabid, seul une assemblée constituante élue au suffrage direct est habilitée à préparer la constitution. Il accuse l'Istiqlal d'avoir abandonné ce principe au profit du conseil de la constitution que Allal El Fassi présida. Mais la démission de quelques membres du MP et du parti Achoura retarda ce projet. « Le parti de l'Istiqlal encaisse le camouflet sans manifester de réaction », c'est ce que a écrit Abderrahim Bouabid dans ses mémoires. La réponse de l'Istiqlal est claire, il a demandé dès 1956 une feuille de route pour la création d'une instance représentative dans le cade d'une monarchie constitutionnelle.

La réponse de l'Istiqlal revient sur l'analyse que Bouabid a faite du risque de l'échec de l'assemblée constituante, vu le nombre important de ruraux qui voteront toujours pour une monarchie ayant pleins pouvoirs. Les bases étrangères Les mémoires de Bouabid indiquent que l'armée française occupait toujours le siège d'état major au centre de Rabat. Face au laxisme du gouvernement où siégeait l'Istiqlal, c'est Mohamed V qui avait pris l'initiative de prendre possession de cet édifice accompagné d'un détachement des FAR. Pour l'Istiqlal, le parti qui est né pour l'indépendance du pays ne pourrait jamais transiger avec l'occupation et ses symboles, comme les bases étrangères. « Nous n'acceptons pas des troupes ou des bases étrangères dans note pays ». C'est ce que Allal El Fassi avait déclaré le 14 janvier 1961 dans une réunion du conseil national. Les mémoires continueront de susciter les réactions avec l'entrée en lisse de Mahjoubi Aherdane qui a donné le feu vert à quelques anciens du mouvement national pour répondre aux mémoires de Bouabid. Il a été cité comme étant un ex-officier de l'armée française sans aucune importance et qui a été instrumentalisé pour contrer le lobby fassi.

La réaction de la fondation Bouabid

« La fondation Abderrahim Bouabid réagit, aux allégations d'une certaine presse. La fondation Bouabid estime que la lecture partielle et partiale à laquelle se livrent certains milieux (...) portent atteinte à l'honneur et à la mémoire d'un homme de la stature d'Abderrahim Bouabid » Ali Bouabid, SG de la fondation Bouabid

Mohamed Moujahid, SG du PSU

« Je crois que les générations actuelles n'attendent pas des divergences entre les partis, ils attendent le décollage économique. Comment le Maroc va-t-il éradiquer la pauvreté et le chômage ? C'est le vrai débat du Maroc actuel. Il faut prendre en considération d'abord l'intérêt du pays avant tout règlement de compte partisan. Nous espérons que tout le monde regardera vers l'avenir au lieu de rester prisonnier du passé ».

L'affaire Abdelaziz Ben Driss

Abdelaziz Ben Driss était un des fondateurs du mouvement national, lauréat de la quaraouiyine, il a été le premier prisonnier politique lorsque éclatent les émeutes contre le dahir berbère. Signataire du manifeste de l'indépendance en 1944, il a été dans les premières années de l'indépendance un farouche opposant au communisme et à la francophonie. Il a été assassiné le 25 avril 1959. Selon la version d'Abdelkrim Mouti ce sont des éléments proches de l'UNFP qui l'ont assassiné. 


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